Une femme sur son balcon, dans un immeuble touché par une frappe israélienne, le 18 mars 2026 dans le quartier de Zokak el-Blat, en plein Beyrouth. Photo Matthieu Karam/L’Orient-Le Jour
Un « crime de guerre ». C'est par ces mots que de nombreuses personnalités politiques et publiques de tous bords ont dénoncé depuis mercredi la mort, dans une frappe israélienne sur Beyrouth, du journaliste de la chaîne du Hezbollah al-Manar, Mohammad Cherri.
Dans la nuit de mardi à mercredi, l'armée israélienne a ciblé à quatre reprises la capitale, avec notamment deux frappes à Zokak el-Blat, qui ont visé des étages de deux immeubles différents, et une autre à Basta, faisant dix morts et 27 blessés. Parmi les victimes : le journaliste Mohammad Cherri et son épouse, qui se trouvaient dans l'un des immeubles de Zokak el-Blat. Leurs enfants et petits-enfants se trouvaient également chez eux et ont été blessés selon un communiqué de la chaîne al-Manar, publié après la frappe et confirmant la mort de son journaliste. Le centre SKeyes pour la libérté des médias a également rapporté que le fils de la victime, Assar Cherri, rédacteur à la chaîne Aletejah, affiliée au Hezbollah irakien, a été blessé.
Dans son communiqué, la chaîne a rendu hommage à son journaliste, directeur de ses programmes politiques depuis 10 ans. Un de ses présentateurs a lu cet hommage, dans lequel Mohammad Cherri, surnommé « Abou Hassan », a été qualifié de « résistant, patriote et révolté », « un homme qui croyait à la parole comme arme pour défendre le droit à n’importe quel prix ». Mohammad Cherri souffrait d'une maladie et se remettait d’une « intervention chirurgicale » lors de la frappe.
Selon un proche de la victime contacté par notre publication, le journaliste de 65 ans, père de quatre enfants, dormait lors du bombardement. « C'était quelqu'un d'aimable, proche de toute le monde. Nous ne pensions pas qu’une chose pareille pouvait arriver. Il n’a rien de militaire. Nous sommes heureux de son martyre, mais nous sommes tristes de son absence », dit ce proche. Dans une vidéo qui a circulé sur les réseaux sociaux, on voit le journaliste évoquer l'importance du « martyre ».
Le quotidien al-Akhbar, pro-Hezbollah, a également rendu hommage au journaliste, qui a fait preuve d'une « éthique professionnelle et de patience jusqu’au dernier instant ». Mohammad Cherri avait rejoint la chaîne al-Manar en 1998 et « consacré près de 30 ans de sa vie au journalisme », menant de « nombreuses interviews importantes », dont une avec l'ancien chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, tué dans des frappes israéliennes le 27 septembre 2024, lors de la précédente guerre opposant Israël et la formation chiite.
« Crime de guerre »
L'armée israélienne n'a pas commenté la frappe qui a tué Mohammad Cherri. Sur X, sa porte-parole arabophone, Ella Waouia, avait affirmé qu'une des frappes sur Beyrouth avait tué le commandant de la brigade Imam Hussein, Hassan Ali Marwan, sans préciser dans quel quartier. À l'exception du bombardement de Bachoura, qui a démoli totalement un immeuble, toutes les frappes menées dans la nuit de mardi à mercredi ont été menées sans avertissements et ont ciblé des appartements spécifiques.
La mort de Mohammad Cherri a en outre suscité de vives réactions au Liban.
La députée de Beyrouth Paula Yacoubian a dénoncé sur X un « crime de guerre qui ne peut être ni justifié ni toléré ». « Le journaliste n’est pas partie prenante dans le conflit, et sa maison n’est pas un champ de bataille. Lorsque ces espaces sont ciblés, le minimum de tout prétendu respect de la loi ou de l’éthique tombe. Avec l’espoir que ce type de nouvelles ne devienne jamais quelque chose de banal », a-t-elle ajouté.
استهداف الصحافي محمد شرّي وزوجته داخل منزلهما في بيروت جريمة حرب لا يمكن تبريرها أو تجاوزها.
— بولا يعقوبيان (@PaulaYacoubian) March 18, 2026
الإعلامي ليس طرفاً في المعركة، ومنزله ليس ساحة حرب.
حين تُستهدف هذه المساحات، يسقط الحدّ الأدنى من أي ادّعاء بالالتزام بالقانون أو الأخلاق.
التعازي لعائلته، والأمل أن لا يتحوّل هذا النوع… pic.twitter.com/0SC2g1VAms
Pour sa part, l'avocat Nizar Saghié, à la tête de l'ONG The Legal Agenda, a également qualifié la mort du journaliste de « crime de guerre » et a dit attendre « une position claire du gouvernement libanais pour condamner ce crime ». « Le ciblage des journalistes constitue une violation flagrante du droit international et une atteinte à la liberté de la presse », a souligné le ministre de l’Information, Paul Morcos, sur X mardi. De son côté, le président de l'Ordre des journalistes, Joseph Kosseifi, a estimé que « ce crime s’ajoute à une série de crimes commis par Israël contre les journalistes et figures médiatiques libanaises, qui ont coûté la vie ou blessé beaucoup d’entre eux ». Le comité pour la protection des journalistes (CPJ) a condamné l'assassinat du journaliste, mercredi. « De telles attaques démontrent un mépris total pour la vie des civils et la sécurité des journalistes », a affirmé Joud Hassan, coordinateur du programme Levant pour le CPJ, rapportant que quatre journalistes avaient été blessés depuis le début de la guerre.
Le Hezbollah a également dénoncé la frappe dans un communiqué publié le même jour, affirmant que l'armée israélienne « cible délibérément les médias de la résistance et les médias libres », évoquant les frappes israéliennes du 3 mars, au lendemain du déclenchement de la guerre au Liban, sur les locaux d’al-Manar, dans la banlieue sud de Beyrouth. La radio al-Nour, également affiliée au Hezbollah et basée dans la banlieue sud, bastion du groupe, avait également été visée ce jour-là. Lors de la dernière guerre entre Israël et le Hezbollah, le porte-parole du parti, Mohammad Afif, avait péri avec quatre autres membres de son équipe média dans deux frappes israéliennes au cœur de Beyrouth en novembre 2024.



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Ils sont heureux de son martyr… disent-ils !!! Bah voilà ….de quoi se plaignent ils alors…? Dans ce cas, En espérant que toute leur organisation soit martyr !!! Si ça fait leur bonheur !!! Ceci dit ce n’est pas le cas des 3/4 des libanais… mais bon, ils ne comprendront jamais… leur logiciel et cerveau est paramétré différemment suite au lavage de cerveau qu’ils ont subi depuis des décennies . « La vie en commun » avec ces gens n’est PLUS POSSIBLE… faudra penser à un nouveau LIBAN parce que leur bonheur diffère du nôtre… leur IDENTITÉ diffère aussi. .
10 h 24, le 20 mars 2026