Des véhicules de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) escortent un convoi de résidents du village chrétien d'Alma el-Chaab, qui évacuent le village situé dans le sud du Liban en passant par la région de Naqoura, le 10 mars 2026. Photo KAWNAT HAJU / AFP
L’armée israélienne a reconnu mercredi que des tirs de char avaient atteint une position des Nations unies dans le sud du Liban le 6 mars, blessant des Casques bleus ghanéens, rapporte l’agence Reuters. Les premières conclusions d’une enquête interne de l’ONU avaient suggéré qu’Israël était à l’origine de l’attaque, menée par un char ayant tiré trois obus, a indiqué une source militaire occidentale à l’agence internationale.
L’armée israélienne a indiqué qu'elle répondait à des tirs de missiles antichars du Hezbollah, qui avaient modérément blessé deux de ses soldats. Elle a précisé à Reuters qu'« une enquête approfondie conclue ces derniers jours a établi que les tirs ayant touché le personnel de la Finul, la Force intérimaire des Nations unies au Liban, provenaient par erreur de soldats israéliens, qui ont confondu les Casques bleus avec la source des tirs antichars survenus quelques instants auparavant ».
Les tirs ont été effectués à l’aide d’obus M339 HE-MP-T de 120 mm, a affirmé la source militaire occidentale mardi. « L'implication d'Israël dans l'attaque contre la Finul est indéniable, étant donné que ces munitions sont fabriquées par Israel Military Industries (IMI) », a déclaré la source. Les conclusions de l'enquête de la Finul n'avaient pas été rendues publiques auparavant.
La force internationale avait déclaré le 6 mars que des soldats de la paix ghanéens avaient été blessés lors d'échanges de tirs intenses, et avait qualifié l'incident d'« inacceptable », sans toutefois préciser qui en était responsable.
« Détérioration préoccupante »
La Finul a par ailleurs mis en garde mercredi contre une « détérioration préoccupante » observée la nuit dernière au Liban-Sud, où l’intensité des combats entre le Hezbollah et l’armée israélienne ne cesse d’augmenter à mesure que se poursuit l’offensive aérienne et terrestre lancée par Israël au Liban.
Dans un communiqué, la force internationale a fait état d’« échanges de tirs intenses », d’une « intensification des opérations aériennes et terrestres », ainsi que d’une « présence accrue » de forces israéliennes à l’intérieur du territoire libanais, qualifiant ces développements de « profondément préoccupants ».
La Finul a également exprimé son inquiétude face à la reprise des ordres d’évacuation émis par l’armée israélienne et le Hezbollah, qui « affectent des civils des deux côtés de la Ligne bleue », la ligne de démarcation entre le Liban et Israël.
Les Casques bleus, dont le mandat au Liban-Sud doit expirer fin 2026, ont réitéré leur appel aux différentes parties à respecter la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU et à parvenir à une cessation complète des hostilités, qu’ils considèrent comme la seule voie vers une stabilité durable.
La force de maintien de la paix a par ailleurs assuré que ses contingents restent déployés dans l’ensemble de leur zone d’opérations au Liban-Sud et le long de la Ligne bleue, « poursuivant leur mission de surveillance des violations, de liaison entre les parties et, lorsque cela est possible, de facilitation de l’accès humanitaire et de protection des civils ».



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