Un épais nuage de fumée s'élève suite à une frappe israélienne sur un immeuble dans le centre de Beyrouth, le mercredi 18 mars 2026. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
C'est une nouvelle nuit infernale qu'a vécue Beyrouth sous le feu israélien. Ce nouvel épisode tragique de la guerre au Liban s'est ouvert mardi soir, quand le chef du Hezbollah, Naïm Kassem, a adressé un message de soutien aux combattants de sa formation, qui a ensuite lancé des dizaines de roquettes vers Israël, dans le cadre d'un nouveau type d'opérations baptisées « Khaybar 1 ». La réponse israélienne ne s'est pas fait attendre.
À quatre reprises, Beyrouth a à nouveau été frappée en plein coeur, dans la nuit de mardi à mercredi. L'armée israélienne a mené des bombardements meurtriers sur des appartements des quartiers de Zokak el-Blat et Basta en pleine nuit. Si des médias israéliens ont évoqué un assassinat ciblé à Beyrouth, aucune cible n'a encore été confirmée.
L'armée israélienne a ensuite bombardé à 5h30 un immeuble plusieurs étages à Bachoura, à quelques centaines de mètres du Grand Sérail et de la place des Martyrs de Beyrouth, en plein centre-ville, après un ordre d'évacuation publié à 4h. Le bâtiment, qui s'est totalement effondré, avait déjà été ciblé par des frappes israéliennes le 12 mars. Et puis vers 8 h du matin, une nouvelle frappe ciblée, sans avertissement préalable, a eu lieu dans le quartier de Zokak el-Blat. Nos journalistes sur place rapportent que plusieurs appartements de l'immeuble ciblé ont pris feu.
Les frappes à Beyrouth ont fait au moins 12 morts et 41 blessés, selon le dernier bilan publié par le ministère de la Santé. Un bilan préliminaire des autorités faisait état de 6 morts et 24 blessés.
Tyr menacée et frappée
Tout au long de la nuit, Israël a également lancé des frappes toujours plus puissantes sur le Liban-Sud. Cette nuit, Tyr, la deuxième grande ville du Sud, a été particulièrement visée. Après l'avoir menacée d'attaques dans la soirée de mardi, semant la panique parmi les habitants, le porte-parole arabophone de l'armée israélienne, Avichay Adraee, a émis sur X, au milieu de la nuit, un ordre d'évacuation concernant plusieurs quartiers de la ville ainsi que les camps palestiniens environnants. D'importants mouvements de population ont alors été observés en provenance de la ville et des camps palestiniens, notamment celui de Rachidiyé, selon notre correspondant Mountasser Abdallah.

Des frappes nocturnes ont ensuite ciblé le quartier d'al-Haouch derrière l’hôpital libano-italien, le front de mer au niveau de l'entrée nord de la ville, la zone d'el-Bass, près de la mosquée el-Qaem (visant un entrepôt d’aluminium) et la localité de Bourj el-Chemali.
L'armée israélienne a également bombardé, après des menaces, un immeuble à Aaqbiyé, dans le caza de Saïda, situé en face d'une station d’essence. Ce bombardement a fait, selon notre correspondant, d'importants dégâts dans un centre commercial, des cliniques, un entrepôt de médicaments et des commerces. Elle a aussi mené une frappe ciblée sur un véhicule à Saïda ce matin, faisant deux morts, dont un membre de la Défense civile. « Ces attaques constituent une violation flagrante du droit international humanitaire, qui stipule clairement la nécessité d’assurer la protection des travailleurs humanitaires et de la Défense civile, qui consacrent leurs efforts à sauver des vies et à aider les civils dans les conditions les plus difficiles », a réagi le ministre de l'Intérieur Ahmad Hajjar.
L’armée israélienne et le Shin Bet, l'Agence de la sécurité intérieure du pays, ont annoncé avoir tué lors de la frappe ciblée Wissam Moustafa Hussein Taha, un « haut responsable du financement du Hamas », selon des médias israéliens. Cet homme travaillait à « lever des centaines de millions de dollars à travers le monde pour le Hamas », et opérait sous l’autorité du chef de l’« appareil de financement » du Hamas, Essam Khashan, dont les bureaux ont été frappés à Saïda le 6 mars, selon le Shin Bet.
Le caza de Nabatiyé a également été particulièrement ciblé par l'armée israélienne pendant la nuit. Les localités de Deir el-Zahrani, Toul, les environs d'un centre de la Défense civile à Nabatiyé, le quartier Maslakh de la ville, les abords de Roumine ont été visés. Une frappe à Meifdoun a tué un membre du conseil municipal et une autre à Jebchit a tué quatre Syriens, selon notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah.
Les sources de notre correspondant font en outre état d'une avancée de véhicules israéliens au niveau de Maroun el-Ras, dans le caza de Bint Jbeil, sous couverture de bombardements d’artillerie et de tirs lourds visant la ville de Bint Jbeil et Aïnata.
De son côté, le Hezbollah a dit avoir ciblé pendant la nuit plusieurs rassemblements de soldats israéliens dans le Sud, dans la zone d’el-Khanouq, près de Aïtaroun (Bint Jbeil), et deux fois au niveau de Adaïssé (Marjeyoun), deux villages frontaliers. Mardi soir, il avait affirmé avoir visé les localités israéliennes de Kiryat Chmona, Mtellé, Malikiyé, Daychoun, Avivim, Kfarbaloun, Ramot Naftali, Zariit, Chtoula, Avin Menahim et Beit Halal. Il aurait également ciblé la base de Meron, dédiée à la surveillance et à la gestion d’opérations aériennes, une autre base dans la ville de Safad, ainsi que le siège du commandement régional du nord, dans cette même localité.
Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait, depuis le 2 mars, 886 morts, dont 111 enfants selon un bilan officiel actualisé au 16 mars. L'armée israélienne a affirmé pour sa part avoir éliminé environ 400 combattants du Hezbollah.




Le Liban, tous citoyens confondus, n’a pas seulement Netanyahou et ses sbires contre lui, mais le taureau écervelé de Washington DC .
11 h 01, le 18 mars 2026