Des décombres dans une rue du quartier de Kafaat, dans la banlieue sud de Beyrouth, après un bombardement israélien, le 17 mars 2026. Photo AFP
C'est une nouvelle journée meurtrière qu'a connu le Liban mardi sous les bombes israéliennes, avec des tirs de drones qui se sont enchaînés sur le Sud, tuant trois soldats de l'armée libanaise dans la région de Nabatiyé. Un bombardement sur la banlieue sud de Beyrouth, au niveau de l'ancienne route menant à l'Aéroport international, a en outre fait un mort, le premier dans ce secteur depuis vendredi, malgré les raids réguliers sur des quartiers que l'armée israélienne appelle régulièrement à évacuer. Parallèlement, les troupes israéliennes au sol poursuivent leurs avancées, tandis que le Hezbollah revendiquait plusieurs attaques contre des soldats et véhicules au cours des dernières heures.
Voici les principaux développements à retenir de cette journée de mardi :
Trois soldats tués par des drones
Trois soldats libanais ont ainsi été tués au cours de la journée et cinq autres blessés dans trois frappes israéliennes sur la région de Nabatiyé. Ces militaires ont été touchés par des drones alors qu'ils circulaient sur des routes de la région, au sud du fleuve Zahrani, une zone que l'armée israélienne avait à nouveau appelé à évacuer plus tôt dans la matinée. L'armée libanaise a confirmé qu'un de ses soldats a été tué des suites de ses blessures subies lors d'une frappe israélienne de drone ayant atteint un groupe de cinq militaires, alors qu’ils circulaient dans un véhicule civil sur une route de Kaakaïyet el-Jisr. Les quatre autres soldats blessés, dont l'un se trouve dans un état grave, sont toujours hospitalisés. Selon les informations de notre correspondant dans le Sud, Mountasser Abdallah, les soldats visés n'étaient pas en patrouille au moment de l'attaque, mais de retour de leur service et portaient tous leur uniforme. Deux autres ont été attaqués par un drone alors qu'ils se trouvaient en scooter à Zebdine. Un autre soldat a été touché et grièvement blessé alors qu'il circulait en deux-roues à Doueir. Commentant la frappe sur Froun, un village voisin de Kaakaïyet el-Jisr, la porte-parole arabophone de l'armée israélienne Ella Waoueia a affirmé qu'une enquête est en cours sur la frappe ayant « blessé plusieurs soldats de l'armée libanaise ». « Nous affirmons que l’armée israélienne agit contre le Hezbollah et non contre l’armée libanaise ni contre les civils libanais », a-t-elle indiqué.
Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait depuis le 2 mars 886 morts, dont 111 enfants selon un bilan actualisé au 16 mars. L'armée israélienne a indiqué avoir éliminé environ 400 combattants du Hezbollah. Ce n’est pas la première fois que des militaires libanais sont tués par Israël depuis l’escalade du conflit entre le Hezbollah et l’État hébreu, le 2 mars, alors que l'armée ne participe pas aux combats. La semaine dernière, deux soldats ont été tués dans une autre frappe de drone à Saouané (Marjeyoun), et dans un bombardement à Baraachit (Bint Jbeil).
Cinq frappes et un tué dans la banlieue sud
Au sud de Beyrouth, au moins une personne a été tuée et neuf autres ont été blessées dans une frappe israélienne, aux abords de l'ancienne route de l'aéroport, appelée avenue de l'imam Khomeini. La région a été touchée à trois reprises depuis le début de la journée, dont deux raids au niveau de Laylaki, après deux bombardements au cours de la nuit. Le directeur de l'Aviation civile, Mohammad Aziz, a rapidement réagi aux informations colportées par les réseaux sociaux, assurant que l'aéroport fonctionnait normalement et que la route y menant était praticable. La dernière personne tuée dans une attaque aérienne contre la banlieue sud de Beyrouth avait été enregistrée vendredi, lorsqu'un raid avait frappé une voiture dans le quartier de Jnah. Dans la nuit de lundi à mardi, deux frappes israéliennes avaient ciblé la banlieue sud, près du rond-point de Kafa'at sur l’autoroute Hadi Nasrallah et près de l’hôpital al-Sahel, à Haret Hreik. Un bombardement avait par ailleurs touché à l'aube un appartement de Dohat Aramoun, une localité située au sud de Beyrouth dans le caza de Aley. Le ministère de la Santé a affirmé que ce raid a fait une blessée, une femme éthiopienne.
Un habitant de Kfarchouba brièvement détenu
Dans le Sud, des soldats d'infanterie ont interpellé et détenu pendant plusieurs heures un habitant de Kfarchouba, dans le secteur est de la frontière, rapporte notre correspondant. Les soldats israéliens se sont infiltrés vers 1h30 du matin dans ce village du caza de Hasbaya, et y ont fouillé plusieurs maisons avant de mettre la main sur un habitant, Kassem Kadri, à son domicile. Les soldats se sont ensuite repliés sur leurs positions sur les hauteurs contestées de ce village. M. Kadri a finalement été libéré dans la matinée. C'est la première fois qu'une telle action a lieu depuis le début de l'offensive israélienne le 2 mars. Une opération similaire avait cependant eu lieu dans la nuit du 8 au 9 février, lorsque des soldats israéliens avait interpelé en pleine nuit un responsable de la Jamaa Islamiya, un parti allié du Hamas au Liban, à Hebbariyé, près de Kfarchouba.
Frappes israéliennes en série sur le Sud
Tout au long de la journée, des dizaines de frappes ont ciblé villes et villages de la région, du quartier Rahbat de Nabatiyé jusqu'à Bint Jbeil, en passant par des villages de tous les caza du Sud. À Aïtit, un ouvrier qui creusait une tombe, en préparation d'obsèques dans le cimetière de ce village du caza de Tyr, a été tué dans une frappe israélienne de drone, et deux de ses collègues ont été blessés. Deux attaques aériennes israéliennes ont en outre atteint le village de Kfarfila pour la première fois. Dans la nuit, les hauteurs de Jabal el-Rafih au niveau des collines Rihane ont été bombardées ainsi que la carrière d’el-Arouch, déjà ciblée la veille, et Aaramta. Dans la matinée, environ une heure et demie après avoir diffusé un ordre d’évacuation, l’armée israélienne a frappé un bâtiment situé dans le village de Arab el-Jall, dans le caza de Saïda au Liban-Sud, touché également pour la première fois depuis le début de la guerre.
Les avancées israéliennes sous le feu du Hezbollah
L'armée israélienne poursuit en outre son avancée au Liban-Sud, où elle essuie des attaques régulières du Hezbollah, au lendemain de l'annonce d'une offensive terrestre « inspirée de celle menée à Gaza », selon les Israéliens. Le parti chiite a affirme avoir notamment ciblé un char Merkava à Taybé à 01h45, au moyen d'un missile guidé dans la zone de Macharih Taybé. « L’armée israélienne a évacué ses pertes sous un écran de fumée, puis le secteur a été de nouveau attaqué aux obus aux roquettes », selon un communiqué. Quinze minutes plus tard, un autre char a été « touché directement au même endroit, portant à cinq le nombre de chars ciblés depuis lundi soir ». Le Hezbollah a également annoncé avoir tiré à 0h45 une salve de roquettes sur un rassemblement de soldats israéliens à Jdeidet Marjeyoun et une autre au sud de Maroun el-Ras. Dans ce même village, le parti chiite a affirmé avoir lancé à 7h15 un drone suicide en direction de soldats israéliens qui se trouvaient à l'intérieur d'une tente. Il a ajouté avoir tiré une salve de roquettes en direction d’un groupe de soldats israéliens à proximité du siège de la municipalité de Khiam (Marjeyoun) à 13h. Les environs de Wazzani et Sarda (Marjeyoun) ont été la cible de tirs d’artillerie au phosphore blanc, parallèlement à des mouvements de véhicules israéliens dans ces deux secteurs, selon notre correspondant.
Dans la matinée, l'armée israélienne avait annoncé que les troupes de la « 36e division » ont commencé à mener des opérations au Liban-Sud. « Les forces de la 36e division ont rejoint l'opération terrestre concentrée et élargie dans le sud du Liban (…) afin d'étendre la zone de défense avancée dans le nord d'Israël (…) et de créer une ceinture de sécurité supplémentaire pour les habitants du nord », a écrit la troupe dans un communiqué sur X, précisant qu'elle opérait « aux côtés de la 91e division ». Elle avait déjà annoncé quelques jours plus tôt le redéploiement au Liban-Sud de la brigade Golani venue de la bande de Gaza. Dans un message publié par Avichay Adraee, l'armée israélienne a affirmé avoir détruit dans une frappe lundi une « vaste infrastructure souterraine » de Kafra, dans le caza de Bint Jbeil, utilisée pour « stocker des armes, dont des missiles de croisière et des centaines de roquettes. » Peu auparavant, il avait rapporté des propos du chef d'état-major israélien Eyal Zamir, qui avait déclaré que « la campagne contre le Hezbollah se poursuit, avec pour objectif de supprimer les menaces pesant sur les localités du Nord (israélien, ndlr), considérées comme un autre théâtre d’opérations central. » « Le déploiement des forces continue et l’opération terrestre est en expansion », avait souligné le responsable militaire.


Il faut le reconnaître, le voisin planifie, il l’annonce et il éxécute. A force de repétition, on le sait très bien maintenant. En face , des écervelés qui l’ont invité à revenir nous occuper pour plaire aux barbus, aussi simple que ça. Si chaque semaine on va détruire un char merkava on va « vaincre » l’ennemi dans trente ans ! Quoi faire ? Si le Président veut sauver notre pays il ne reste plus qu’à déclarer la milice iranienne, elle aussi, ennemie du Liban. Et agir en conséquence. Contre elle on a au moins une chance !
08 h 09, le 19 mars 2026