Le ministre de la Justice, Adel Nassar, à l'ordre des avocats de Beyrouth, le 17 février 2026. Photo tirée de son compte X
L'État fait-il assez face au Hezbollah ? Après la décision gouvernementale considérant « illégales » les activités militaires et sécuritaires du parti, l'armée est critiquée par certains pour son excès de prudence, tandis que la justice est accusée de laxisme, notamment après la décision du tribunal militaire de libérer trois membres du Hezbollah pour port d’armes. Mais pour le ministre de la Justice, Adel Nassar, un pas énorme a déjà été franchi pour distancer l'État de la milice. Entretien.
Le gouvernement a considéré, le 2 mars, les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah comme illégales. Qu’est-ce que cela change concrètement ?
Il y a, depuis longtemps, une forme d’ambiguïté destructrice quant à la nature des armes du Hezbollah, en raison de plusieurs facteurs. Et c’est précisément cette ambiguïté qui a été relevée dans la déclaration ministérielle qui avait clairement affirmé la décision de consacrer le monopole des armes. Puis, la décision prise par le gouvernement le 2 mars a confirmé, de manière directe, la détermination de l’État à consacrer le monopole des armes.
Sur le plan politique, cela signifie que les armes du Hezbollah ne sont plus un point de divergence entre Libanais. Désormais, ces activités ne sont plus légitimes. Et il y a donc une opposition entre l’État libanais et un parti politique armé. Et le fait que la formation en question ait des partisans libanais ne change en rien cette qualification.
Comment expliquez-vous que des personnes arrêtées soient libérées quelques jours plus tard ?
Je peux comprendre pourquoi la décision est décriée. Mais il y a quand même une sanction - quoique jugée insuffisante. De plus, l'appartenance au Hezbollah n'exonère plus un individu de poursuites judiciaires pour port d’armes. L’illégalité s’est en effet traduite par une décision de justice qui a consacré le fait que la logique de la « résistance » n’est plus valable pour échapper à la justice. Cela veut dire que désormais tous ceux qui portent des armes seront traités comme hors la loi.
Comment réagissez-vous à ceux qui doutent de la fermeté de la justice ?
Avant la formation du gouvernement actuel, des pressions ont été exercées sur la justice. Mais tout le monde sait aussi que, dans certains cas, la solidité et la fermeté des juges ont fait en sorte qu’ils n’aient pas cédé aux pressions. La justice a donc montré sa fermeté dans plusieurs affaires importantes.
Vous avez été accusé par certains partis de vous mêler du travail de la justice après la remise en liberté de trois membres du Hezbollah ?
C’est la première fois que je réponds à ces critiques, sachant que ceux qui les ont adressées ont fait référence à des déclarations qui n’ont pas eu lieu. Mais je rappelle que, lorsqu’il y a des interrogations sur de possibles anomalies dans le déroulement d'une procédure, j’exerce la fonction que la loi me confère en soumettant l’affaire à l’Inspection judiciaire pour qu’elle examine le dossier. Il est par ailleurs absurde de dire que saisir l’inspection judiciaire constitue une atteinte à l'indépendance de la justice, d'autant plus que la saisine a eu lieu après le prononcé du jugement et ne pouvait donc pas l'influencer.
En revanche, un communiqué par ailleurs surprenant qui prétend défendre l'indépendance de la justice mais qui entend mettre en cause l’exercice par le ministre de sa compétence et qui suggère à l'inspection judiciaire une conduite à tenir avant que celle-ci ne se prononce, pourrait être analysé comme une tentative d’influencer une décision à venir.
Sur un autre registre, comment évaluez-vous la position de l’armée à l’égard du conflit en cours ?
Je fais confiance à l’armée et il est plus facile de critiquer de loin. Je ne suis pas convaincu par ceux qui reprochent à la troupe de ne pas être dynamique dans l’exécution des ordres du gouvernement. Quoi qu’il en soit, l’armée est la colonne vertébrale de tout processus de désarmement. Je suis contre tout ce qui pourrait lui porter atteinte.
Je rappelle d’ailleurs qu’un processus de désarmement était en cours (avant la guerre actuelle, ndlr). Nous avons vu des rapports indiquant que de nombreuses caches d’armes ont été démantelées et que de nombreuses munitions ont déjà été confisquées. Nier tout cela reviendrait à nier des faits et des réalités. Et puis, il ne faut pas oublier que sur le terrain, il y a un pouvoir de décision qu’exerce l’armée.




le cher ministre nassar decoit ! ministre de la justice equivaut SURTOUT a connaitre les les lois n'est ce pas ? les connaitre impliquerait remettre a l'ordre gen. haykal, lui rappeler que ses opinions politico-sociaux militaires il dot se les garder pour lui, et pour les autorites , certainement pas en faire des declarations publiques defendues par les lois du pays qui l'a nomme a son poste.
10 h 32, le 16 mars 2026