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Dernières Infos - guerre au liban 2026

Israël élargit sa liste de cibles au Liban : secouristes et camions civils dans le viseur

Le Hezbollah « a mis tout ce qu’il avait dans la bataille », affirme-t-on auprès du parti.

Israël élargit sa liste de cibles au Liban : secouristes et camions civils dans le viseur

Un jeune déplacé dans une camionnette, dans le centre-ville de Beyrouth, le 14 mars 2026. Photo Mohammad Yassine

Après une nouvelle frappe israélienne faisant un mort au petit matin sur le même immeuble du quartier de Bourj Hammoud-Nabaa, dans la banlieue est de Beyrouth, déjà ciblé jeudi, l'armée israélienne a concentré samedi matin ses attaques meurtrières sur le Liban-Sud. En matinée également, une frappe aérienne a touché un appartement à Saïda, dans le quartier de Haret Saïda à l'est de la ville, faisant quatre morts dans la famille Teriaki : Ali le père, Youmna la mère, et leurs deux fils Abdallah et Hassan. Le porte-parole arabophone de l’armée israélienne Avichay Adraee a déclaré samedi que « plus de 110 positions du Hezbollah ont été frappées » depuis le début de la guerre le 2 mars, deux jours après que Israël et les États-Unis ont lancé une vaste opération contre l’Iran. Il a précisé que l'armée israélienne attaquait les « capacités de commandement et de contrôle » du Hezbollah, ainsi que ses ressources économiques et ses armes. Il a ensuite renouvelé dans l'après-midi son appel à l'évacuation de quartiers entiers de la banlieue sud de Beyrouth : Haret Hreik, Ghobeyri, Laylaki, Hadath, Bourj el-Brajné, Tahouitat el-Ghadir et Chiyah. Une frappe y a été menée en début de soirée.

Après que plusieurs incursions et de violents affrontements à Maroun el-Ras (Bint Jbeil), Aïtaroun (Bint Jbeil) et Khiam (Nabatiyé) ont été signalés durant la nuit de vendredi à samedi, l'armée israélienne a poursuivi ses raids et ses tirs d'artilleries sur le Liban-Sud en cours de journée, prenant notamment pour cible les cazas de Marjeyoun, Bint Jbeil, Tyr, Nabatiyé et Saïda. Elle a également affirmé avoir éliminé mercredi dans une frappe Hicham Abdel Karim Yassine, qu'elle a présenté comme un « responsable central de l’unité de communications du Hezbollah et du Corps palestinien affilié à la Force al-Qods », la force d’élite du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI). Il s’agirait selon Avichay Adraee du troisième responsable de ce groupe tué depuis le début de l’offensive israélienne. Il aurait œuvré à « consolider la présence iranienne au Liban » et à promouvoir « des plans terroristes sous la direction du régime iranien ».

Secouristes ciblés, camions civils menacés

Dans l'un de ses avertissements habituels sur son compte X, le porte-parole a accusé le Hezbollah de transporter du matériel militaire dans des camions civils à travers les zones côtières du Liban-Sud, soulignant que « tout camion circulant près de la côte peut se mettre en danger en raison du positionnement du Hezbollah dans la zone ». Avichay Adraee a publié une carte mettant en évidence la zone côtière concernée, depuis la frontière libano-israélienne jusqu'à la capitale. « Nous estimons qu’une partie de ces armes est destinée à être utilisée pour mener des opérations terroristes, y compris des plans visant la zone frontalière, des navires et des cibles maritimes », a-t-il ajouté. « Ces camions apparaissent comme des camions civils afin de se fondre et de se positionner parmi la population locale », a poursuivi le porte-parole.

Cela étant, 31 secouristes et membres du personnel médical ont trouvé la mort au Liban depuis le début du conflit, a annoncé samedi le ministère de la Santé. Vendredi soir, une frappe a tué 12 médecins, secouristes et infirmiers travaillant dans un centre de santé à Bourj Qalaouiyé (caza de Bint Jbeil) au Liban-Sud. Une frappe sur la localité de Saouané (caza de Marjeyoun) avait auparavant tué deux ambulanciers affiliés au parti chiite. Le ministère a accusé Israël de « cibler » de façon délibérée les ambulanciers en intervention, après que l'État hébreu a lui-même accusé le Hezbollah d'utiliser des ambulances et des infrastructures médicales « à des fins militaires ».

L’armée israélienne avait agité la menace de nouvelles attaques contre des infrastructures médicales et des ambulances au Liban, en soutenant que le Hezbollah les utilise à des fins militaires. Le secrétaire général de la Croix-Rouge libanaise, Georges Kettané, a affirmé pour sa part à la chaîne de télévision locale al-Jadeed que la CRL coordonne ses actions avec le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) et l'armée libanaise dans les zones dangereuses. « Notre devoir est de secourir et de fournir une assistance médicale à toute personne blessée dans les combats, conformément aux Conventions de Genève », a-t-il ajouté.

Le Hezbollah prêt pour la guerre

La Finul a déclaré samedi avoir essuyé des tirs de mitrailleuse lourde la veille près de l'une de ses positions à proximité de la localité de Meis el-Jabal, provoquant un incendie et blessant légèrement un Casque bleu. Le Hezbollah a lui annoncé des accrochages avec l'armée israélienne sur plusieurs fronts au Liban-Sud. Alors que des informations du site Axios indiquaient que l’État hébreu prépare une vaste invasion terrestre du Liban, le parti pro-iranien a revendiqué plusieurs tirs de roquettes, d'artillerie et d’escadrons de drones-suicides, visant respectivement des rassemblements de soldats israéliens et certaines localités frontalières, mais aussi la base de Ein Shimer, située à 75 km de la frontière, et celle de Stella Maris, stratégique dans la surveillance maritime sur la côte nord.

Des propos d'une source du parti rapportés par l'AFP ont indiqué que le Hezbollah avait décidé de combattre depuis plusieurs mois, mais attendait un changement du statu quo régional « qu’il a trouvé dans la guerre américano-israélienne contre l’Iran ». Le parti, a-t-elle ajouté, « sait très bien que quelle que soit l’issue de cette guerre, son tour viendrait et qu’Israël n’hésiterait pas à lancer une vaste campagne contre lui ». Il a « encaissé les chocs de la précédente guerre, pansé ses blessures (...) et réorganisé ses rangs ». Le Hezbollah a désormais « mis tout ce qu’il avait dans la bataille » : soit « il sera anéanti, soit il imposera une nouvelle équation impliquant le retrait complet d’Israël du Liban et l’arrêt de ses attaques », a-t-elle ainsi confié.

La visite de Guterres

Quoiqu'il en soit, la guerre a jusqu'à présent fait 826 morts et 2 009 blessés, selon le dernier bilan du ministère de la Santé. Dans son dernier rapport actualisé, l’unité de gestion des risques de catastrophes, rattachée à la présidence du Conseil des ministres, a précisé que 831 882 personnes ont été déplacées depuis le 2 mars. Le nombre total de déplacés dans les 619 centres d’hébergement à travers le pays s’élève à 132 419, soit 33 902 familles. Le gouvernement continue entre-temps de suivre l’acheminement de l’aide vers le Liban et assure la continuité des services avec les ministères concernés, a fait savoir samedi le ministre de l’Information Paul Morcos, à l’issue de la réunion ministérielle quotidienne instaurée dans le sillage de la guerre.

Le Premier ministre Nawaf Salam a, lui, salué l’appel humanitaire en vue de collecter 325 millions de dollars lancé vendredi par le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, pendant sa visite à Beyrouth. Ce dernier a demandé samedi « l’arrêt des bombardements et un cessez-le-feu », estimant que « la seule solution passe par la diplomatie et le dialogue ». Le commandant en chef de l’armée libanaise, le général Rodolphe Haykal, a pour sa part exprimé sa reconnaissance pour les efforts de M. Guterres et salué le rôle de la Finul, soulignant « l’importance de la coopération et de la coordination entre celle-ci et l’armée », au cours d'une réunion à Yarzé avec le secrétaire général.

Après une nouvelle frappe israélienne faisant un mort au petit matin sur le même immeuble du quartier de Bourj Hammoud-Nabaa, dans la banlieue est de Beyrouth, déjà ciblé jeudi, l'armée israélienne a concentré samedi matin ses attaques meurtrières sur le Liban-Sud. En matinée également, une frappe aérienne a touché un appartement à Saïda, dans le quartier de Haret Saïda à l'est de la ville, faisant quatre morts dans la famille Teriaki : Ali le père, Youmna la mère, et leurs deux fils Abdallah et Hassan. Le porte-parole arabophone de l’armée israélienne Avichay Adraee a déclaré samedi que « plus de 110 positions du Hezbollah ont été frappées » depuis le début de la guerre le 2 mars, deux jours après que Israël et les États-Unis ont lancé une vaste opération contre l’Iran. Il a précisé que...