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Dernières Infos - guerre au liban 2026

Guterres : « Arrêtez les tirs ! Cette guerre doit cesser »

En visite au Liban, le secrétaire général de l’ONU appelle au respect de la résolution 1701.

Guterres : « Arrêtez les tirs ! Cette guerre doit cesser »

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, lors d'une conférence de presse tenue à l'hôtel Phénicia à Beyrouth, le 14 mars 2026. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour

Au deuxième jour de sa visite au Liban, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a déclaré samedi au cours d’une conférence de presse que « le peuple libanais n’a pas choisi la guerre, mais y a été entraîné » et appelé à « l’arrêt des bombardements et à un cessez-le-feu », estimant que « la seule solution passe par la diplomatie et le dialogue ». L'air grave, il s’est dit profondément choqué par la spirale de violence qui secoue le pays depuis plusieurs semaines, les frappes israéliennes ayant tué depuis le 2 mars 826 personnes, selon le dernier bilan des autorités, et fait près d'un million de déplacés.

Le chef de l’ONU a rappelé qu’il était venu avant tout « en visite de solidarité avec le peuple libanais ». Il a souligné que cette visite intervenait à un moment symbolique où les communautés musulmanes observent le ramadan tandis que les communautés chrétiennes vivent la période du Carême. « C’est une saison de solidarité, de générosité et un puissant rappel de l’esprit de coexistence confessionnelle » qui caractérise le Liban. « Il est déchirant de voir ce moment brisé par la violence », a-t-il déclaré.

Dressant un constat alarmant de la situation sur le terrain, Antonio Guterres a ajouté que « voir tout cela se produire dans un pays qui a tant contribué à la civilisation mondiale est tragique ». Il a évoqué avec émotion les témoignages de personnes déplacées rencontrées dans un centre d’accueil, décrivant des familles traumatisées et privées de leurs foyers.

Un avertissement direct aux belligérants

Son message aux parties belligérantes est sans ambiguïté : « Arrêtez les tirs et les bombardements », a-t-il plaidé. Il a souligné qu’aucune solution militaire ne pouvait résoudre cette crise. Selon lui, seule la diplomatie, le dialogue et l’application complète de la Charte de l’ONU ainsi que des résolutions du Conseil de sécurité peuvent ouvrir la voie à une désescalade. Les voies diplomatiques sont disponibles, notamment par l’intermédiaire de la coordonnatrice spéciale pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert, et grâce aux États membres clés.

Le secrétaire général a notamment rappelé l’importance de la résolution 1701 du Conseil de sécurité, censée garantir la stabilité le long de la Ligne bleue qui sépare le Liban et Israël. Bien qu’une cessation des hostilités ait été obtenue en 2024, il a reconnu que cet arrangement n’avait pas permis de régler les problèmes de fond et n’avait pas été pleinement respecté par les parties. La violence n’a jamais complètement cessé et l’intégrité territoriale du Liban continue d’être violée.

La Finul sous pression croissante

Antonio Guterres a également rendu hommage au courage des soldats de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), qui maintiennent une présence internationale de maintien de la paix le long de la Ligne bleue. Ces Casques bleus poursuivent leur mission de stabilisation et de protection des populations locales dans un contexte sécuritaire extrêmement fragile. La semaine dernière, trois soldats du contingent ghanéen ont été blessés dans des échanges de tirs. Aussi, il a condamné fermement ces attaques, rappelant qu’elles constituent une violation du droit international et pourraient être considérées comme des crimes de guerre.

La souveraineté libanaise au cœur de la crise

Le secrétaire général de l’ONU a insisté sur la nécessité de renforcer l’autorité de l’État libanais sur l’ensemble du territoire. Il a rappelé la décision historique du gouvernement de rétablir le monopole de l’État sur les armes, une mesure qu’il considère comme essentielle pour garantir une sécurité durable des deux côtés de la Ligne bleue. Selon lui, cet objectif ne pourra être atteint sans un effort politique global impliquant toutes les composantes de la société.

Dans ce contexte, il a appelé le Hezbollah à respecter la décision de l’État ainsi que toutes les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, y compris la résolution 1701. Dans le même temps, il a exhorté Israël à respecter pleinement la souveraineté et l’intégrité territoriale du Liban.

Antonio Guterres a enfin lancé un appel direct à la communauté internationale pour intensifier son engagement. Il a demandé aux États membres de renforcer leur soutien politique et financier aux institutions libanaises et aux forces armées du pays. Il a appelé aussi à répondre généreusement à l’appel humanitaire destiné à venir en aide aux populations déplacées et aux régions sinistrées. « Les peuples du Liban, d’Israël et de toute la région méritent de vivre sans peur », a-t-il déclaré. Pour le chef de l’ONU, la priorité est claire. Il faut empêcher une catastrophe plus grande encore et ouvrir la voie à une paix durable. « Cette guerre doit cesser », a-t-il conclu.

Au deuxième jour de sa visite au Liban, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a déclaré samedi au cours d’une conférence de presse que « le peuple libanais n’a pas choisi la guerre, mais y a été entraîné » et appelé à « l’arrêt des bombardements et à un cessez-le-feu », estimant que « la seule solution passe par la diplomatie et le dialogue ». L'air grave, il s’est dit profondément choqué par la spirale de violence qui secoue le pays depuis plusieurs semaines, les frappes israéliennes ayant tué depuis le 2 mars 826 personnes, selon le dernier bilan des autorités, et fait près d'un million de déplacés.Le chef de l’ONU a rappelé qu’il était venu avant tout « en visite de solidarité avec le peuple libanais ». Il a souligné que cette visite intervenait à un moment symbolique...