Au Liban-Sud des secouristes transportent un blessé par une frappe israélienne, vendredi. Photo Mohammed Yassine/ L'Orient-Le Jour
Les frappes israéliennes ont tué 31 secouristes et membres du personnel médical depuis le début du conflit entre Israël et le Hezbollah pro-iranien le 2 mars, a annoncé samedi le ministère libanais de la Santé. Cette déclaration intervient après l'annonce par les autorités d'une frappe israélienne nocturne qui a tué vendredi 12 médecins, secouristes et infirmiers travaillant dans un centre de santé à Bourj Qalaouiyé (caza de Bint Jbeil) au Liban-Sud. Plus tôt, une frappe sur la localité de Sawané (caza de Marjeyoun) avait tué deux ambulanciers affiliés au parti-milice. Le ministère a également accusé Israël de « cibler » de façon répétée les ambulanciers en intervention, après que l'État hébreu a lui-même accusé le Hezbollah d'utiliser des ambulances et des infrastructures médicales « à des fins militaires ».
L’armée israélienne avait agité la menace de nouvelles attaques des infrastructures médicales et des ambulances au Liban, en soutenant que le Hezbollah les utilise à des fins militaires, après la mort de plusieurs secouristes au cours des derniers jours. Le porte-parole arabophone de l’armée israélienne, Avichay Adraee, avait accusé le Hezbollah d’utiliser massivement les ambulances et les infrastructures médicales à des fins militaires, ajoutant qu’Israël interviendra si cela se poursuit. « Nous avertissons que l’usage militaire des infrastructures médicales et des ambulances doit cesser immédiatement. Nous soulignons que si cette pratique ne s’arrête pas, Israël agira contre toute activité militaire menée par le Hezbollah utilisant ces infrastructures et ambulances », a indiqué un communiqué.
Plusieurs secouristes ont été victimes de frappes aériennes israéliennes au cours des derniers jours, parmi lesquels Youssef Assaf un ambulancier de la Croix-Rouge libanaise dont le véhicule a été ciblé lors d’un bombardement israélien à Majdel Zoun, dans le caza de Tyr, au Liban-Sud. Peu après les déclarations du porte-parole israélien, le secrétaire général de la Croix-Rouge libanaise, Georges Kettaneh, a affirmé à la chaîne de télévision locale Al-Jadeed que l’association humanitaire coordonne ses actions avec le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) , la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) et les forces armées libanaises dans les zones dangereuses. « Notre devoir est de secourir et de fournir une assistance médicale à toute personne blessée lors des guerres, conformément aux Conventions de Genève », a-t-il ajouté.

