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Dernières Infos - Liban

L'aviation israélienne largue des tracts sur Beyrouth, provoquant la panique

L’armée libanaise met en garde contre les QR codes figurant sur les tracts.

Un tract lancé par l'armée israélienne. Photo fournie à L'Orient-Le Jour par un habitant de Hamra.

L'aviation israélienne a largué vendredi des milliers de tracts sur Beyrouth, dans un fracas semblable au bruit d'une explosion, provoquant la panique en plein coeur de la capitale libanaise, visée à plusieurs reprises par Israël ces derniers jours.

Des correspondants de l'AFP et des témoins contactés par L'Orient-Le Jour ont entendu à quatre reprises des explosions en l'espace de quelques minutes, avant de voir des essaims de tracts lâchés dans le ciel. Selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), ces bruits ont été « causés par l'aviation israélienne volant à très basse altitude, larguant des imprimés sur plusieurs zones », notamment Verdun et Hamra à l'ouest de Beyrouth. Les imprimés adressés en arabe aux Libanais les exhortent à « désarmer le Hezbollah, bouclier de l'Iran ». « Le (sort du) Liban relève de ta décision et de personne d'autre », est-il écrit dessus. Le texte précise que « l'unité 504 oeuvre à garantir l'avenir du Liban et de son peuple », en référence à une unité du renseignement militaire israélien. Deux codes QR figurent également sur ses tracts.

L’armée libanaise a rapidement réagi en mettant en garde les citoyens contre les codes QR. Dans un communiqué, elle indique que codes renvoient « vers un lien sur l’application WhatsApp et un autre sur la plateforme Facebook pour communiquer avec l’unité 504 de l’armée israélienne , chargée notamment du recrutement d’agents ». Le commandement de l’armée « met en garde les citoyens contre le danger de scanner ce code et d’accéder à ces liens », évoquant « des responsabilités juridiques et un risque sécuritaire », ainsi que la possibilité de « piratage des téléphones portables et d’accès aux données personnelles ».

La loi libanaise de 1955 sur le boycott d’Israël interdit toute interaction entre Libanais et Israéliens. Elle proscrit à toute personne physique ou morale d’entrer en contact avec des Israéliens ou des personnes résidant en Israël, et interdit toute transaction commerciale, financière ou autre. La peine prévue en cas de violation de cette loi est de trois à dix ans de travaux forcés.

L’organisation libanaise pour les droits numériques SMEX a elle aussi mis en garde les citoyens libanais, leur demandant de « s’abstenir totalement de scanner ces codes ou d’accéder à tout lien ou canal mentionné dans ces tracts, en raison des graves risques que cela comporte pour leur sécurité ».

Pour sa part, l’expert en cybersécurité Majd Dhaini a expliqué vendredi à L’Orient Today que « ce n’est pas une simple campagne de phishing menée par un cybercriminel isolé ». « Ces tracts ont été largués par l’armée israélienne, qui fait partie du même écosystème de renseignement de Pegasus, un logiciel espion commercial utilisant exclusivement des vulnérabilités zero-day pour infecter en silence des iPhone et des appareils Android appartenant à des journalistes, avocats et activistes dans le monde entier », a-t-il mis en garde. Il a précisé qu'un « code QR n’est pas dangereux en soi ». « Mais le scanner lorsqu’il provient d’une source inconnue peut révéler votre identité, vous rediriger vers des sites de phishing, déclencher des actions invisibles dans vos applications ou, dans certains cas documentés, exploiter le logiciel de lecture du code QR lui-même », a-t-il souligné. Il a dans ce cadre précisé que « l’avertissement de l’armée libanaise n’est pas une précaution politique, c’est une mise en garde technique sérieuse ».

Le largage de tracts par l’armée israélienne s’inscrit dans une stratégie de guerre psychologique visant à influencer le moral et le comportement des populations civiles. Ce type de tactique a déjà été utilisé par Israël lors de précédents conflits au Liban et à Gaza.

L'aviation israélienne a largué vendredi des milliers de tracts sur Beyrouth, dans un fracas semblable au bruit d'une explosion, provoquant la panique en plein coeur de la capitale libanaise, visée à plusieurs reprises par Israël ces derniers jours.Des correspondants de l'AFP et des témoins contactés par L'Orient-Le Jour ont entendu à quatre reprises des explosions en l'espace de quelques minutes, avant de voir des essaims de tracts lâchés dans le ciel. Selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), ces bruits ont été « causés par l'aviation israélienne volant à très basse altitude, larguant des imprimés sur plusieurs zones », notamment Verdun et Hamra à l'ouest de Beyrouth. Les imprimés adressés en arabe aux Libanais les exhortent à « désarmer le Hezbollah, bouclier...