Un pont enjambant le Litani au niveau du village de Tayr Felsay, dans le caza de Tyr, bombardé par l'armée israélienne, le 13 mars 2026. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré vendredi que le Liban paiera « un prix de plus en plus élevé » pour son retard à désarmer le Hezbollah, évoquant des « pertes territoriales et des dommages à ses infrastructures », rapporte le quotidien Haaretz. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu est allé plus loin en demandant à l’armée israélienne d’établir une liste de « cibles civiles » au Liban afin de faire pression sur le gouvernement libanais, selon la chaîne publique Kan 11.
Au douzième jour de la guerre opposant le Hezbollah à Israël, qui intensifie ses attaques meurtrières à travers le Liban, le ministre israélien a estimé que « le gouvernement libanais a trompé et n’a pas respecté son engagement dans le désarmement du Hezbollah - qui trouve son origine dans le cessez-le-feu du 27 novembre 2024 - et il en paiera donc le prix jusqu’à ce qu’il remplisse cette obligation », mentionnant des prises de territoire et des dégâts aux infrastructures civiles.
Ces propos interviennent après que l’armée israélienne a annoncé avoir détruit le pont de Tayr Felsay au-dessus du fleuve Litani, qui servait de « point de passage clé » pour des membres du Hezbollah, et qui est la première infrastructure liée à l'État détruite dans l'offensive israélienne. « Nous n'en sommes qu'au début », a ajouté Israel Katz concernant les attaques israéliennes.
Selon l'autorité israélienne de radiodiffusion, la décision de bombarder à l'aube le pont de Tayr Felsay a été prise « par l'échelon politique » israélien, sur recommandation des organismes sécuritaires. Dans ce cadre, M. Netanyahu a demandé à l’armée de lui soumettre davantage de cibles civiles « pour approbation, afin de les frapper et de faire pression sur le gouvernement libanais pour qu’il agisse contre le Hezbollah », selon Kan 11.
L'armée israélienne avait confirmé le bombardement d'un pont au niveau de Zrariyé, village voisin de Tayr Felsay, selon une comparaison des images de la frappe. Ce pont était, selon l'armée, « utilisé comme passage central par des miliciens du Hezbollah », qui « l'utilisent pour se déplacer du nord vers le sud du Liban, s’y déployer et se préparer au combat ». Les Israéliens ont encore accusé le parti chiite pro-iranien d'avoir « installé des lance-roquettes à proximité du pont », qui ont été utilisés dernièrement.
Jeudi à l'aube, l'armée israélienne avait déjà détruit le pont de Kantara, dans la vallée stratégique de « Wadi Houjeir ». Ces frappes visant des ponts ont eu lieu après qu'Israël a menacé de viser des infrastructures civiles, dans le cadre d'un plan progressif préparant une opération terrestre de plus grande envergure. La première étape de ce plan consiste en des bombardements de certaines routes du Sud et entre le Sud et la Békaa, afin d'isoler la région, avant de s'étendre éventuellement à d’autres infrastructures.

