Le président libanais, Joseph Aoun (d.), recevant le secrétaire général de l'ONU, à Baabda, le 13 mars 2026. Photo Présidence libanaise
En visite surprise à Beyrouth, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a lancé un appel pressant pour un cessez-le-feu immédiat au Liban, la restauration de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du pays, et annoncé un plan humanitaire de 325 millions de dollars pour venir en aide aux populations touchées par le conflit et la crise humanitaire.
« J’appelle avec force les deux parties, le Hezbollah et Israël, à conclure un cessez-le-feu afin d’arrêter la guerre », a déclaré M. Guterres quelques heures après son arrivée. « L’heure n’est pas aux groupes armés, l’heure est aux États forts », a-t-il ajouté. Le secrétaire général a exprimé son espoir de voir lors d’une prochaine visite « un Liban en paix, où l’État détient le monopole de la force et où l’intégrité territoriale est pleinement respectée ».
Depuis le 2 mars, le conflit a fait plus de 773 morts et provoqué le déplacement de plus de 800 000 personnes, selon le ministère libanais de la Santé. « Je sais que les Libanais souffrent énormément », a dit M. Guterres, déplorant qu’une période qui aurait dû être « un moment de paix et de solidarité », marquée par le Carême et le ramadan, ait été éclipsée par « une guerre que le peuple n'a jamais voulue »
Risque pour « la stabilité dans toute la région »
Le pays a été entraîné dans le conflit lorsque le Hezbollah a tiré des missiles sur Israël le 2 mars, disant vouloir venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei dans l'attaque israélo-américaine contre l'Iran du 28 février. Depuis 15 mois, le parti chiite s’était abstenu de toute frappe, tandis qu’Israël procédait à des bombardements quasi quotidiens malgré la trêve.
Dans ce contexte, M. Guterres a annoncé un appel humanitaire éclair de 325 millions de dollars, destiné à soutenir les populations vulnérables pendant les trois prochains mois, couvrant nourriture, eau potable, soins de santé, éducation et protection. « Des écoles ont ouvert leurs portes pour accueillir les familles déplacées. Les travailleurs de la santé continuent de servir sous immense pression. Les communautés font preuve de résilience même après avoir été déplacées plusieurs fois », a-t-il souligné.
Lors d’une rencontre avec le président Joseph Aoun, ce dernier a affirmé que « les attaques israéliennes doivent cesser et un cessez-le-feu doit être obtenu afin de discuter des prochaines étapes conformément à l’initiative que j’ai lancée ». « J’ai exprimé ma disposition à négocier, mais nous n’avons jusqu’à présent reçu aucune réponse de l’autre partie », a-t-il indiqué. Le 9 mars, M. Aoun a accusé le Hezbollah de vouloir provoquer « l'effondrement » du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations « directes » avec Israël pour mettre fin à la guerre. Le chef de l'État a aussi dit compter « sur le soutien de la communauté internationale au Liban dans cette phase délicate » et que « la poursuite des attaques israéliennes affectera la stabilité de toute la région ». M. Aoun a également indiqué qu'il fallait « prendre en charge la situation des déplacés ». « Nous apprécions le soutien des Nations unies au Liban et son appui constant », a-t-il souligné.
M. Guterres a également été reçu au Grand Sérail par le Premier ministre Nawaf Salam.
Beyrouth « est prêt à reprendre les négociations »
Au Grand Sérail, l’« Appel d’urgence 2026 au Liban » a réuni les ambassadeurs des pays donateurs, des représentants d’organisations internationales et agences de l’ONU, ainsi que plusieurs ministres libanais. Le plan vise à mobiliser 308 millions de dollars pour soutenir le pays. Lors du lancement de cet « Appel », Nawaf Salam a réaffirmé que Beyrouth « est prêt à reprendre les négociations avec Israël sous une ombrelle internationale et avec une participation civile ». Il a souligné que « le Liban n’a pas choisi cette guerre » et a insisté : « Un cessez-le-feu immédiat n’est pas une option politique, c’est une nécessité humanitaire. »
M. Salam a dressé un bilan dramatique de la situation. « Ces dernières semaines, près d’un habitant sur cinq a été déplacé à travers le pays alors que les hostilités s’intensifiaient », a-t-il poursuivi. « Au Liban-Sud, des villes entières se vident du jour au lendemain. Les familles fuient avec peu d’affaires. Les écoles sont transformées en abris, les hôpitaux sont saturés et les services essentiels sont sous pression. Des centaines de morts, des milliers de blessés. Derrière chaque chiffre se trouve un enfant, un parent, une famille brusquement déracinée et traumatisée. » M. Salam a averti que « le Liban est aujourd’hui au bord d’un abîme humanitaire » et que « sans mobilisation rapide de l’aide internationale, les conséquences seront dramatiques ».
« Les lignes de front disparaissent, les zones sûres aussi »
Le Premier ministre a aussi souligné que « les lignes de front disparaissent, les zones sûres aussi. Même la distinction entre combattants et civils, pierre angulaire du droit humanitaire international, devient floue. Quand ces limites s’effondrent, nul endroit n’est sûr. » Il a aussitôt martelé : « Le Liban n’a pas choisi cette guerre. Il n’y a aucune justification à tenir une nation entière en otage. Le peuple libanais n’est pas un champ de bataille et l’avenir du Liban ne doit pas devenir dommage collatéral. Un cessez-le-feu immédiat n’est pas une option politique, c’est une nécessité humanitaire. Les combats doivent cesser. Les civils doivent être protégés et le droit humanitaire international respecté », a-t-il ajouté.
Il a ensuite rappelé les mesures prises par son gouvernement qui « reste déterminé à restaurer l’autorité de l’État sur tout le territoire, en restaurant le monopole de l’État sur les armes ». « L’armée libanaise a déjà démantelé plus de 500 positions militaires et dépôts d’armes au sud du Litani. Toutes les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah et des acteurs non officiels ont été interdites, et les armes doivent être remises à l’État, limitant l’activité politique au cadre constitutionnel et légal », a-t-il souligné.
M. Guterres s'est aussi rendu à Aïn el-Tiné où il a été reçu par le président du Parlement, Nabih Berry. Ce dernier a réitéré devant M. Guterres « l’attachement du Liban à la résolution 1701 de l’ONU, pour laquelle la Finul reste indispensable à sa mise en œuvre, avec le soutien de l’armée libanaise », appelant « Israël à mettre fin à son agression et à appliquer l’accord de novembre 2024 ». Pour sa part, M. Guterres a insisté : « Mon message est très clair : il faut mettre fin à cette guerre et instaurer un cessez-le-feu immédiat. »


Gardez vos couvertures et vos boites de conserve. C’est des armes dont notre armée a besoin et non d’une charité simulée pour apaiser votre conscience. Si les pays amis veulent aider notre pays, ils devraient montrer leur volonté à aider notre armée à se débarrasser de ces vendus armés que même Israël et les E.U n’arrivent pas à réduire au silence. On a toujours refusé de venir en aide à notre pays en nous renvoyant la patate chaude alors que la solution est on ne peut claire. Des armes et des hommes pour stopper une fois pour toute leurs actions de nuire et de détruire en semant la mort.
12 h 00, le 14 mars 2026