Le président français Emmanuel Macron prononce un discours lors du Sommet sur l'énergie nucléaire à la Seine Musicale, à Boulogne-Billancourt, près de Paris, le 10 mars 2026. Photo Abdul Saboor/POOL/AFP
Face à l’escalade de la violence au Liban et au risque d’un embrasement régional, la France a demandé la convocation d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies qui doit se tenir mercredi. Dans une déclaration transmise par sa mission permanente auprès de l’ONU, Paris condamne la décision du Hezbollah de participer aux attaques iraniennes contre Israël, appelle le parti chiite à cesser ses opérations et à remettre ses armes, tout en exhortant Israël à s’abstenir de toute intervention terrestre au Liban. La diplomatie française plaide pour un retour au cessez-le-feu et au plein respect de la résolution 1701, tout en mettant en garde contre les conséquences humanitaires et sécuritaires d’une nouvelle escalade.
Dans une déclaration officielle diffusée par le Quai d'Orsay, Paris exprime « sa profonde inquiétude face à l’escalade actuelle de la violence au Liban » et appelle l’ensemble des parties à éviter une nouvelle spirale militaire. La France souligne que les risques que fait peser la crise actuelle sur la stabilité régionale sont considérables et insiste sur la nécessité d’un retour immédiat au cadre diplomatique existant.
La déclaration condamne clairement « la décision irresponsable du Hezbollah de se joindre aux attaques de l’Iran contre Israël depuis le 1er mars ». Paris appelle le parti à « mettre fin à ses opérations et à remettre ses armes », tout en réaffirmant son soutien aux autorités libanaises. La France salue en particulier « la décision du 2 mars par laquelle le gouvernement libanais a interdit les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah », un engagement que Paris qualifie d’important pour la stabilité du pays.
Dans le même temps, la diplomatie française adresse un message direct à l’État hébreu, l'appelant à « s’abstenir de toute intervention terrestre ou de longue durée au Liban ». Elle rappelle que « l’intégrité territoriale et la souveraineté du Liban doivent être respectées », dans un contexte marqué par la multiplication des frappes et la montée des tensions le long de la Ligne bleue.
Paris se dit également profondément préoccupé par les déplacements de populations civiles provoqués par les combats. La France affirme travailler « en coopération avec les autorités libanaises et les acteurs humanitaires, notamment le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés », afin de répondre aux besoins humanitaires croissants.
Le retour à la résolution 1701 au cœur de la diplomatie
Au-delà des condamnations et des appels à la retenue, la France insiste sur la nécessité de revenir au cessez-le-feu du 26 novembre 2024 et de respecter pleinement la résolution 1701 du Conseil de sécurité, qui demeure le principal cadre diplomatique visant à éviter une nouvelle guerre entre Israël et le Hezbollah.
La déclaration rappelle aussi que toutes les parties doivent respecter le droit international et le droit international humanitaire. « Le respect des règles régissant la conduite des hostilités, et en particulier les principes de distinction, de proportionnalité et de précaution, est essentiel pour assurer la protection des populations civiles et des infrastructures civiles en toutes circonstances», souligne Paris.
Protection des Casques bleus
La France met enfin en garde contre toute attaque visant les forces internationales déployées au Liban. Elle rappelle que « la protection des Casques bleus ainsi que la sûreté et la sécurité du personnel, des biens et des installations des Nations unies doivent être garanties conformément au droit international et à la résolution 1701 ».
Le président Emmanuel Macron a ainsi condamné « l’attaque inacceptable » menée le 6 mars contre trois membres du contingent ghanéen de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), qui a grièvement blessé l’un d’entre eux. Il a exprimé sa pleine solidarité avec le Ghana et souhaité un prompt rétablissement aux soldats touchés. Dans ce contexte particulièrement tendu, la France rend hommage « au courage, au professionnalisme et au dévouement du personnel de la Finul », dont la mission reste essentielle pour contenir les tensions le long de la frontière et préserver un fragile équilibre sécuritaire.
La saisine du Conseil de sécurité par Paris intervient alors que la crise libanaise s’inscrit dans une dynamique régionale plus large, marquée par l’escalade entre l’Iran et Israël. Pour la diplomatie française, la priorité demeure d’éviter que le front libanais ne devienne l’un des principaux théâtres d’un conflit régional plus vaste.


Les députés iraniens vont présenter un projet de loi concernant le détroit d'Ormuz au Parlement
Excellente initiative sur le fond, mais totalement inutile, en fait. Aucune chance qu'elle soit votée, et encore moins appliquée.
07 h 47, le 11 mars 2026