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Agenda - Hommage Au Dr Élie Melhem Harb

Le dernier des grands hommes

Notre cher Élie,

En te perdant, nous perdons une seconde fois notre père affectueux et grand-père bienveillant. Notre peine en est d’autant plus profonde ! Tu étais un frère complice et fusionnel, un oncle tendre, un parrain généreux, un cousin attentionné et surtout un ami sincère et fidèle, le dernier des grands hommes de notre famille et peut-être d’un certain Liban rêvé…

Nous nous sentions invincibles et intouchables en ta douce présence calme et protectrice. Aujourd’hui, nous tournons avec nostalgie la tendre page de notre enfance, que tu emportes avec toi à jamais. Mais il nous restera de toi les nombreux souvenirs et magnifiques toiles que tu as peintes avec tant d’amour.

Pour nous, tu incarnais la finesse, la délicatesse, l’allure, la classe et l’élégance au naturel. Tu as su être avec discrétion et modestie. Tu étais grand, tu étais beau, de l’intérieur comme de l’extérieur ! Tu étais le meilleur dans tout ce que tes mains touchaient, du bistouri au pinceau !

Notre cher Élie, tu avais la sensibilité des artistes. En tant que peintre et graveur, tu aimais reproduire les portraits de tes amis, la nature morte, les fleurs, les paysages, les scènes de chasse, le Liban d’antan, mais surtout ton enfance à Sofar, que ton pinceau nostalgique mettait à l’honneur.

Athlète accompli, tu as représenté le Liban à maintes reprises à l’étranger, notamment au championnat du monde de tir au plateau à Antibes, à Juan-les-Pins, au Caire et surtout aux Jeux olympiques à Los Angeles.

Recherchant la beauté dans tout ce que tu entreprenais, tu as transformé tes balcons en magnifiques jardins suspendus avec tes nombreuses euphorbes fleuries que tu as rapportées de Thaïlande.

La beauté de ton âme se reflétait dans tes actions envers tes proches, que tu servais avec générosité et abnégation. Tu considérais tous tes patients avec la même attention particulière, que ce soit tes nombreux amis ou la jet-set du Moyen-Orient ainsi que les têtes couronnées.

Médecin avec un grand M, ta mission était de sauver des vies malgré les nombreux obstacles que tu rencontrais. Brillant chirurgien plasticien, tu as été sollicité à l’étranger avec des offres alléchantes que tu as pourtant refusées à maintes reprises, préférant servir le Liban alors en plein contexte de violences et de crises.

Tu es resté pour défendre l’Hôpital libanais Geïtaoui avec ton grand frère Antoine, chirurgien émérite, en décrivant ainsi ta relation particulière avec la grande famille de cet hôpital, qui te le rendait si bien : « Nous avons passé la majeure partie de notre existence, au risque même de notre vie durant les pires années de la guerre, dans cet hôpital que nous avons considéré comme une partie de nous-mêmes et envers lequel notre loyauté n’est plus à prouver. »

Tu y as fondé le Centre des brûlés, le premier au Moyen-Orient à s’occuper des brûlés graves, en te battant contre vents et marées pour récolter les fonds nécessaires pour le bâtir conformément aux normes internationales et former une équipe spécialisée.

Dans un autre pays, tu aurais connu la gloire et les honneurs... Mais la vraie gloire que tu mérites n’est-elle pas celle spirituelle dont Dieu te couronne désormais ?

La médaille qui t’est décernée, et qui vaut bien tous les honneurs terrestres, c’est la médaille de nos cœurs, ce sont nos prières et celles des nombreuses vies que tu as sauvées et que tu continueras de toucher. Ton cœur continuera à battre en chacun de nous, parmi la nouvelle génération, notamment notre jeune Élie, qui porte fièrement ton nom et ton flambeau.

Tu es parti rejoindre, dans un autre monde, loin de la maladie et de la souffrance, tes proches adorés dont tu ne t’es jamais vraiment remis de la perte, eux aussi des êtres d’exception, comme il n’y en a plus…

Merci du fond du cœur pour toutes les valeurs humaines (si rares de nos jours !) que tu nous as transmises : l’amour de Dieu et du prochain, le pardon, l’éthique et l’empathie. Merci pour ces belles années passées ensemble où tu t’es battu pour rester un peu plus longtemps avec nous ! Tu as su rester, jusqu’à la fin, un modèle de courage, de noblesse, de dignité et de sagesse.

Notre cher Élie, repose en paix !

Nous te le promettons, la relève sera assurée.

Tes neveux et leurs familles

Marc Antoine Harb

Fadi Antoine Harb

Danièle Zeenni Bakhos

Notre cher Élie,En te perdant, nous perdons une seconde fois notre père affectueux et grand-père bienveillant. Notre peine en est d’autant plus profonde ! Tu étais un frère complice et fusionnel, un oncle tendre, un parrain généreux, un cousin attentionné et surtout un ami sincère et fidèle, le dernier des grands hommes de notre famille et peut-être d’un certain Liban rêvé…Nous nous sentions invincibles et intouchables en ta douce présence calme et protectrice. Aujourd’hui, nous tournons avec nostalgie la tendre page de notre enfance, que tu emportes avec toi à jamais. Mais il nous restera de toi les nombreux souvenirs et magnifiques toiles que tu as peintes avec tant d’amour.Pour nous, tu incarnais la finesse, la délicatesse, l’allure, la classe et l’élégance au naturel. Tu as su être avec discrétion et...