Khaled Nasr remettant le prix SEAL 2026 à Fadi Daou.
Une fois de plus, le chapitre San Francisco de SEAL (Social and Economic Action for Lebanon) s’est mobilisé pour le Liban. Le dimanche 18 octobre 2026, l’organisation à but non lucratif a organisé son gala annuel de bienfaisance, à l’hôtel Four Seasons de Palo Alto, récoltant environ la coquette somme de 800 000 $ en faveur des agriculteurs libanais.
Présente sur la côte est des États-Unis depuis plus d’un quart de siècle, l’association a organisé cette année sa cinquième soirée consécutive en Californie. Dimanche, plus de 200 invités et donateurs ont rempli la salle sous l’égide de Mme Rula Tamer, présidente du conseil d’administration, des membres du conseil ainsi que du comité d’organisation. Le gala s’annonçait être un succès avant même de commencer, affichant complet plusieurs jours avant son déroulement.
À l’honneur, innovation et culture libanaises : l’entrepreneur Fadi Daou y a représenté le monde de la technologie, tandis que la violoniste Maria Bassil a offert au public un répertoire varié mêlant œuvres françaises, anglaises et arabes.

Hommage pour un entrepreneur chevronné
Fidèle à sa tradition d’honorer chaque année une personnalité libanaise qui partage sa mission, excelle dans son domaine et contribue au rayonnement du Liban, SEAL a choisi cette fois Fadi Daou.
Entrepreneur en série, fort de près de quarante ans d’expérience en ingénierie optique et électrique, Fadi Daou cherche à faire une différence au Liban. À l’heure où de nombreux Libanais forgent leur avenir à l’étranger, le fondateur et PDG de MultiLane fait le parcours inverse. Il installe le principal centre de conception et de fabrication de son entreprise dans son village de Houmal, offrant aux jeunes ingénieurs un parcours international sans avoir à s’expatrier. « Il s’agit avant tout de créer des emplois pour que nos enfants puissent revenir et bâtir leur carrière chez eux », explique-t-il. Une conviction qu’il résume en une formule : « Exporter des produits, pas des personnes. » Mais M. Daou ne se contente pas de contribuer à freiner l’émigration, il veut faire du Liban une référence technologique mondiale. Il multiplie les débouchés sur place en créant le Houmal Technology Park, pôle d’innovation réunissant bureaux, incubateur, centre de formation appliquée, laboratoires de recherche et une structure dédiée à l’essor de la prochaine génération de start-up technologiques libanaises financées par le capital-risque. L’ONG choisit donc de lui décerner le prix SEAL 2026 pour l’ensemble de sa carrière.
« Nous rendons hommage à un dirigeant dont la vision a prouvé qu’investir dans le capital humain peut transformer une communauté tout entière », souligne le membre du conseil d’administration de l’organisation, M. Khaled Nasr, en lui remettant le prix. Un parcours qui incarne la mission même de SEAL : miser sur le potentiel du Liban pour que le talent, les opportunités et la prospérité s’enracinent au pays.
Dans son discours, Fadi Daou révèle les quatre piliers de l’impact durable au Liban qu’il cherche à générer notamment à travers le développement humain, l’éducation et la création d’opportunités locales. « Nous avons récemment mené à bien, avec succès, la loi sur la Zone économique spéciale qui va rendre le Liban très compétitif, dévoile-t-il. Nous n’aurons plus à nous soucier des douanes, ce sera un statut de zone franche, d’emploi à volonté, ce qui rendra le Liban supercompétitif et attractif pour quiconque souhaite s’y implanter. » M. Daou a annoncé également le « développement de campus à travers le pays qui pourront accueillir 10 000 personnes », avec notamment une nouvelle usine hyperscale de « 30 000 m² prévue pour le premier trimestre ». Troisième pilier de son initiative, « la construction de l’écosystème et des partenariats internationaux, notamment avec Teradyne, ainsi qu’une coentreprise d’interconnexion à Safra, pour répondre aux exigences du marché mondial de l’IA ». Quatrième et dernier pilier, « l’investissement dans le développement des ressources humaines », soit le « renforcement de la formation (en collaboration avec les universités et la Fondation René Moawad) et le lancement de l’initiative Lebanon Calls You Home pour encourager le retour des jeunes talents et de la diaspora ».
À son tour, Mme Tamer a expliqué la mission de SEAL « axée sur la sécurité alimentaire et s’articulant autour de quatre piliers : l’eau et l’irrigation, le soutien aux agriculteurs, le renforcement de la production alimentaire et l’investissement dans le capital humain ».
Des investissements, pas de la charité
Le ton est donné dès les premières minutes : ici, on ne parle pas de charité. « Notre modèle repose sur la demande locale. Coopératives, municipalités et ONG soumettent un besoin précis, et SEAL finance l’équipement qui leur permet de gagner leur vie : réservoirs d’eau, pompes solaires, tracteurs partagés, matériel de transformation. Nous évaluons ces projets comme des investissements, pas comme des dons, explique l’oratrice. Nous sélectionnons donc les projets qui renforcent les moyens de subsistance, génèrent des revenus et créent des emplois. » S’adressant aux 200 convives, elle déclare : « Votre soutien n’est pas de la charité non plus. C’est un investissement dans la dignité, la résilience et l’avenir du Liban. »
Une autre caractéristique unique à l’ONG transparaît du discours de Mme Tamer : « Le conseil d’administration couvre les frais de fonctionnement, l’intégralité des dons est donc reversée aux projets sur le terrain. »
À la tribune, l’organisation dresse le bilan de son action : « 20,5 millions de dollars levés en 29 ans et plus de 280 projets de développement économique financés à travers le Liban. »
Autre pôle d’attraction de la soirée, la talentueuse Maria Bassil, laquelle, violon à l’épaule, exécute des solos vibrants. Reconnue pour sa présence scénique captivante et sa capacité à allier élégance et divertissement, l’artiste installée à Las Vegas n’a pas déçu. Alternant avec fluidité musique classique et orientale, ainsi que les grands succès internationaux, elle a transporté les convives au Liban et enflammé l’audience nostalgique du pays qui s’est mise à danser autour des tables. Raffinement, émotion et enthousiasme ont ainsi marqué une soirée mémorable.