Le journaliste de la chaîne al-Manar Ali Berro. Photo X/@aly_berro
Ali Berro, journaliste de la chaîne du Hezbollah al-Manar, connu pour ses vidéos partisanes polémiques, a été arrêté vendredi par les renseignements des Forces de sécurité intérieure (FSI), sur instruction du parquet de Cassation, a affirmé une source sécuritaire à L'Orient-Le Jour.
L'arrestation de M. Berro survient à la suite d'un mandat de recherche émis à son encontre fin janvier par le procureur général près la Cour de cassation Jamal Hajjar, rapporte l'Agence nationale d'information (Ani, officielle). Ce mandat avait été lancé après que le journaliste a refusé de se présenter devant le parquet général. Il devait être interrogé au sujet de propos jugés offensants envers le président de la République et le site officiel de la présidence.
Connu pour ses propos provocateurs, Ali Berro avait publié en janvier une vidéo sur Instagram, tournée sur la route menant au palais présidentiel de Baabda. Il y appelait de manière agressive les habitants du Sud, dont les maisons ont été détruites par les bombardements israéliens, à « s’installer au palais de Baabda », allant jusqu'à estimer qu’il avait « besoin d’un peu de nettoyage ». « Vos maisons dans le Sud sont plus propres, mais ça fera l’affaire », lançait-il.
Tout récemment, après la décision du Conseil des ministres sur le retrait des armes du Hezbollah, Ali Berro a apostrophé le gouvernement en le qualifiant de « gouvernement de chiens ». Il a menacé les ministres et le Premier ministre, ainsi que le président Joseph Aoun, de « retirer leurs âmes » sil voulaient « retirer les armes » du parti chiite.
Selon la source sécuritaire interrogée, la justice reproche au journaliste une atteinte à la paix civile, de la diffamation, des insultes et des menaces contre le président de la République, le Premier ministre et le gouvernement.
Des informations médiatiques ont indiqué au cours des derniers jours que M. Berro avait été arrêté par le service des renseignements de l'armée. Or il s'est avéré que l'arrestation a eu lieu vendredi par les FSI devant lesquelles il est soumis actuellement à un interrogatoire.



« Plainte » contre l'Iran : pourquoi les Affaires étrangères ont dû mettre de l'eau dans leur vin