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Société - guerre au liban 2026

En cartes : ce que représente l’évacuation de la banlieue sud de Beyrouth ordonnée par Israël

Le 5 mars 2026, l’armée israélienne a ordonné l’évacuation de toute la banlieue sud de Beyrouth, une mesure sans précédent. Retour en cartes et en chiffres sur les conséquences de cette décision désastreuse pour le Liban.

En cartes : ce que représente l’évacuation de la banlieue sud de Beyrouth ordonnée par Israël

Les embouteillages à Beyrouth près l’ordre d’évacuation lancé par l’armée israélienne, le 5 mars 2026. Claudia Greco/Reuters

À Beyrouth, jeudi à 15 h, le temps s’est comme accéléré lorsque l’armée israélienne a publié un ordre d’évacuation — illégal au regard du droit international — intimant aux habitants de toute la banlieue sud de la capitale libanaise de fuir. Une zone d’évacuation d’une telle ampleur est inédite dans le contexte des guerres ayant opposé le Hezbollah à Israël et rappelle davantage les pratiques de l’armée israélienne à Gaza, où elle avait ordonné l’évacuation de plus de 85 % de l’enclave, entraînant le déplacement forcé de près de deux millions de Palestiniens. Retour en cartes et en chiffres pour saisir l’ampleur de cette évacuation forcée, sans précédent au Liban.

Plus de 23km2 à évacuer

La superficie de la zone à évacuer est supérieure à la surface totale de la ville de Beyrouth, équivalente à 19 km².

Si l’on compare la zone d’évacuation à d’autres villes dans le monde, elle correspondrait à l’essentiel de la partie sud de la ville de Paris (rive gauche) ou à plus d’un tiers de l’île de Manhattan, à New York.

700 000 habitants forcés de fuir

Soit l’équivalent de plus de la moitié de la population de Beyrouth centre en 2021 (1 290 000 habitants), selon des chiffres de l’ONU.

De fait, la banlieue sud de Beyrouth est la zone la plus densément peuplée de l’agglomération beyrouthine. Alors que la densité moyenne de l’ensemble de la zone urbaine de Beyrouth est d’environ 19 500 habitants au km², les quartiers de Haret Hreik et de Bourj el-Barajneh, au cœur de la Dahiyeh, atteignent autour de 35 000 habitants au km².

8 % du territoire libanais concerné par l’ordre d’évacuation israélien

Selon les calculs de L’Orient-Le Jour, 855 km² du Liban sont concernés, dont 832 km² dans le sud du pays — soit toute la zone comprise entre le fleuve Litani et la Ligne bleue, qui fait office de frontière temporaire avec Israël — et 23 km² dans la banlieue sud de Beyrouth.

Pour un petit territoire comme le Liban — dont la superficie est comparable à celle du département français de la Gironde, autour de Bordeaux — et qui couvre environ 10 000 km², cela représente donc près d’un dixième de son territoire.

Quatre localités concernées par l’ordre d’évacuation dans la banlieue Sud

L’ordre d’évacuation communiqué par l’armée israélienne mentionne textuellement les quartiers de Bourj el-Brajné, Haddath, Haret Hreik et Chiyah. Pour autant, la carte qui accompagne l’ordre d’évacuation, et que L’Orient-Le Jour a reproduit plus haut, ne recoupe pas parfaitement les délimitations administratives de ces quartiers, mais en concerne également d’autres, dans leur entièreté ou partiellement.

Si l’on s’en tient au texte de l'avis d'évacuation de l’armée israélienne, les quartiers concernés par celui-ci sont donc :

  • Haret Hreik : quartier majoritairement chiite de la banlieue sud de Beyrouth, considéré comme un bastion du Hezbollah. Le quartier est entièrement inclus dans la zone d’évacuation. En conséquence, deux hôpitaux ont été évacués en urgence, l’hôpital de Bahma, et de al-Sahel, et leurs patients transférés vers d’autres hôpitaux de Beyrouth.
  • Chiyah : quartier densément peuplé de la banlieue sud, à majorité chiite. L’ensemble du quartier est concerné par l’ordre d’évacuation.
  • Haddath : ville de la périphérie sud de Beyrouth avec une majorité d'électeurs inscrits chrétiens, principalement maronite, entièrement incluse dans la zone d’évacuation.
  • Bourj el-Brajné : quartier populaire majoritairement chiite de la banlieue sud, jouxtant un important camp de réfugiés palestiniens. Tout le quartier est visé par l’ordre d’évacuation.


Les bombardements israéliens sur la banlieue sud dans la nuit du 5 au 6 mars n’ont concernés que les localités de Haret Hreik, Chiyah, Bourj el-Barajneh et Ghobeiry.Correctio

Correction le 7 mars à 21h40 :
Nous avons modifié l'article concernant le titre de la première carte et le paragraphe final au sujet des « dix localités concernées par les évacuations selon la carte de l'armée israélienne ». Le titre portait à confusion. Quatre localités sont effectivement concernées par l’évacuation (Bourj el-Brajné, Haddath, Haret Hreik et Chiyah) mais la carte israélienne communiquée par le porte parole de l’armée Avichay Adraee est très imprécise et dépasse largement les quartiers concernés, ce que nous voulions mettre en exergue.


À Beyrouth, jeudi à 15 h, le temps s’est comme accéléré lorsque l’armée israélienne a publié un ordre d’évacuation — illégal au regard du droit international — intimant aux habitants de toute la banlieue sud de la capitale libanaise de fuir. Une zone d’évacuation d’une telle ampleur est inédite dans le contexte des guerres ayant opposé le Hezbollah à Israël et rappelle davantage les pratiques de l’armée israélienne à Gaza, où elle avait ordonné l’évacuation de plus de 85 % de l’enclave, entraînant le déplacement forcé de près de deux millions de Palestiniens. Retour en cartes et en chiffres pour saisir l’ampleur de cette évacuation forcée, sans précédent au Liban.Plus de 23km2 à évacuerLa superficie de la zone à évacuer est supérieure à la surface totale de la ville de Beyrouth,...
commentaires (1)

Invoquer le Droit intenational n’a plus de sens et personne ne se fait plus d’illusions. C’est la Loi du plus fort. Un mot de avichay adraee et tout le monde s’éxécute ! Il ne lui est même plus nécessaire de gaspiller toutes ses bombes , quelques unes suffisent. Tant que la milice aura des armes, le voisin se permettera tout ce qu’il veut, sans aucune réaction des grands décideurs, à part la France. Ne pas le prendre au sérieux est un crime contre le Liban. Si le voisin est un ennemi, le hezbollah l’est autant. Commençons par nettoyer devant notre porte.

NG

05 h 58, le 07 mars 2026

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Commentaires (1)

  • Invoquer le Droit intenational n’a plus de sens et personne ne se fait plus d’illusions. C’est la Loi du plus fort. Un mot de avichay adraee et tout le monde s’éxécute ! Il ne lui est même plus nécessaire de gaspiller toutes ses bombes , quelques unes suffisent. Tant que la milice aura des armes, le voisin se permettera tout ce qu’il veut, sans aucune réaction des grands décideurs, à part la France. Ne pas le prendre au sérieux est un crime contre le Liban. Si le voisin est un ennemi, le hezbollah l’est autant. Commençons par nettoyer devant notre porte.

    NG

    05 h 58, le 07 mars 2026

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