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Économie - Entretien Express

Conflit Iran/États-Unis/Israël : « Les réassureurs ne couvrent plus le risque de guerre ni au Liban ni dans la région »

Au Liban, les compagnies d’assurance ont énormément de mal à encaisser les primes dues par leurs assurés à cause de la situation mais ne sont pas encore dans une situation problématique, selon le président de l'ACAL, Assaad Mirza.

Conflit Iran/États-Unis/Israël : « Les réassureurs ne couvrent plus le risque de guerre ni au Liban ni dans la région »

« Des abris de fortune utilisés par des habitants ayant fui les frappes aériennes israéliennes dans la banlieue sud de Beyrouth sont installés le long de la corniche du front de mer de la capitale libanaise, le 6 mars 2026. Photo Joseph Eid / AFP

Près d’une semaine après le début de la guerre déclenchée par Israël et les États-Unis contre l’Iran et ses débordements au Liban, le président de l’Association des compagnies d’assurances (ACAL), Assaad Mirza, donne le pouls du secteur au Liban et dans la région.


Quelles sont les conséquences immédiates de la guerre régionale pour le secteur des assurances ?

Il y en a deux. La première, c’est que les compagnies d’assurance ont énormément de mal à encaisser les primes due par leurs assurés à cause de la situation. C’est un phénomène directement lié à la guerre. Avant, les paiements étaient réguliers. Cela dit, il y a encore de la marge avant que ça ne devienne problématique, même si les compagnies d’assurance doivent continuer à couvrir les dommages prévus dans les contrats.

La seconde est encore plus problématique et concerne plus précisément le transport. Depuis le début de la guerre, les grands réassureurs ne couvrent plus le risque de guerre (« political violence », en anglais) sur les véhicules et les marchandises qui sont acheminés vers le Liban ou à partir du pays.

Sans cette police spécifique, le propriétaire d’un conteneur, d'un avion ou d’un navire n’est donc pas couvert en cas de dommages provoqués par la guerre s’il doit se rendre dans un des pays affectés. Évidemment, les contrats qui sont en cours restent valables jusqu’à leur terme – donc par exemple quand le conteneur ou le navire arrive à sa destination.
Il n’y a en revanche pas de changement pour les assurances normales – pas de hausse de primes pour l’instant – ni pour les assurances-vie.


C’est la première fois que les réassureurs prennent une telle mesure ?

En ce qui concerne le Liban, non. Le même scenario s’était produit en 2024, lorsque l’armée israélienne avait lancé son offensive contre le Hezbollah a la fin de l’été. Les transporteurs ont continué à approvisionner le pays vu qu’il n’y avait pas eu de menace israélienne sur les ports et que les autorités étaient très réactives en ce qui concernent l’aéroport

Mais pour les pays du Golfe c’est plus rare, naturellement.

Quels sont les réassureurs encore présents sur le marché libanais et pensez-vous que la fréquence des conflits que connaît le pays depuis un certain temps risque de les décourager définitivement ?

Je pense que si nous traversons ce conflit et que la situation se stabilise, si tout se passe bien d’ici quelques mois, tout le monde reviendra. Les réassureurs européens aiment travailler avec le Liban parce que les taux appliqués aux risques (le pourcentage que l’assureur ou le réassureur utilise pour calculer le montant de la prime par rapport au prix du bien assuré) sont plus intéressants pour leurs marges que ceux qui sont négocies dans le Golfe, où il y a beaucoup plus de concurrence.

Pour l’heure, certains grands réassureurs ont limité leur exposition sur le marché libanais, à l’image de Munich Re, qui se limite à l’assurance santé. Swiss Re et Hannover Re limitent également leur présence au Liban via quelques compagnies d’assurance. Il n’y a que Arundo Re (anciennement CCR Re) qui maintient une activité conséquente auprès de 47 membres de l’Association des compagnies d’assurance.

En 2024, le montant total des primes collectées par les compagnies d’assurance au Liban a atteint 1,05 milliard de dollars toutes catégories d'assurances confondues, soit un peu plus qu'en 2024 (1,03 milliard)

Près d’une semaine après le début de la guerre déclenchée par Israël et les États-Unis contre l’Iran et ses débordements au Liban, le président de l’Association des compagnies d’assurances (ACAL), Assaad Mirza, donne le pouls du secteur au Liban et dans la région.Quelles sont les conséquences immédiates de la guerre régionale pour le secteur des assurances ?Il y en a deux. La première, c’est que les compagnies d’assurance ont énormément de mal à encaisser les primes due par leurs assurés à cause de la situation. C’est un phénomène directement lié à la guerre. Avant, les paiements étaient réguliers. Cela dit, il y a encore de la marge avant que ça ne devienne problématique, même si les compagnies d’assurance doivent continuer à couvrir les dommages prévus dans les contrats.La seconde est...
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