Depuis l’entrée du Hezbollah dans la guerre en cours, le président de la Chambre, Nabih Berry, garde le silence. Aux journalistes qui l’ont interrogé au premier jour de ce développement, il a répondu : « Sans commentaire. » Une seule et unique déclaration que chacun peut interpréter à sa manière. Ce qui a poussé la plupart des milieux politiques et des analystes à estimer qu’il désapprouve l’envoi des missiles par le Hezbollah et le fait qu’il ait ainsi entraîné le Liban dans une guerre qui aurait peut-être pu être évitée. La réunion du Conseil des ministres de lundi, qui a adopté la décision de considérer les activités militaires du Hezbollah comme étant hors la loi, avec l’approbation des ministres Amal, a encore alimenté cette thèse. Le fait pour Berry de garder le silence montrerait, selon des sources proches de Aïn el-Tiné, sa volonté de ne pas agrandir le fossé entre lui et le Hezbollah, mais prouverait aussi que ce fossé existe bel et bien.
Des sources proches du Hezbollah confient que les dirigeants militaires et sécuritaires de la formation ont commencé, il y a un mois, à avoir des éléments sur une volonté israélienne de mener une attaque d’envergure contre leurs dirigeants sécuritaires, militaires et même politiques. Ils ont alors entamé leurs préparatifs en vue d’une riposte efficace. Mais après l’assassinat de Ali Khamenei, qui a été réalisé à la veille de la tenue d’un nouveau round de négociations entre l’Iran et les États-Unis, les dirigeants ont eu la certitude que les Israéliens préparaient aussi une attaque massive contre le Hezbollah. Le conseil consultatif s’est donc réuni en urgence et, en coordination avec les dirigeants militaires, a décidé d’agir en entrant dans la bataille par l’envoi progressif de missiles contre Israël. Les mêmes sources révèlent que le président de la Chambre aurait été informé de cette décision une heure avant le début de l’opération. Autrement dit, il ne pouvait plus l’arrêter. Ses proches refusent de commenter ces informations, mais ils ne cachent pas leur désapprobation de la décision d’intervenir dans la guerre en cours, car elle plongerait le Liban dans un processus terrible sans qu’il ait vraiment les moyens d’y faire face. Et ces mêmes milieux reconnaissent qu’avant d’être informé de la décision de participer à la guerre, dans la nuit de dimanche à lundi, Berry avait obtenu des assurances de la part de proches du Hezbollah que celui-ci n’entrerait pas dans ce conflit.
Berry serait donc aujourd’hui en colère non seulement parce qu’il voit ce qui arrive à la base populaire de sa communauté, dont il se sent responsable, ayant été depuis des années le principal représentant des chiites au sein de l’appareil de l’État, mais aussi parce qu’il n’a pas été informé de la décision à un moment où il aurait pu faire quelque chose. Mais, pour les proches de Berry, ce dernier ne peut en aucune façon prendre le risque d’envenimer une situation déjà bien délicate, en exprimant ses opinions, surtout qu’il savait ne pas pouvoir changer le cours des événements.
Mais le plus important, selon les proches de Berry, c’est que celui-ci se sent responsable « du Liban en général » et de la communauté chiite en particulier. Il est en effet l’une des rares personnalités du pays à avoir assumé de si longues responsabilités dans des postes-clés officiels, mais surtout en tant que représentant d’une communauté au sein du système libanais. Les proches de Berry se souviennent ainsi comment il a commencé à jouer un rôle, en tant que chef du mouvement Amal, avant d’occuper des fonctions ministérielles pour devenir, après l’adoption de l’accord de Taëf, le président de la Chambre. Entre-temps, il y a eu une période de conflits entre Amal et le Hezbollah à la fin des années quatre-vingt. Ces conflits se sont ainsi terminés par un accord conclu sous l’égide des Iraniens et des Syriens, qui enjoint aux deux parties de ne pas recourir aux armes, quelle que soit l’ampleur de leurs divergences. De fait, en dépit de conflits parfois profonds entre elles, au cours des dernières décennies, les deux formations ont toujours évité d’en arriver aux armes et même de les étaler au grand jour. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, dans les milieux médiatiques et politiques, on les appelle « le tandem chiite ». Pour toutes ces raisons, Nabih Berry n’exprimera pas, selon ses proches, de critiques directes et publiques contre le Hezbollah.
Toutefois, les spéculations dans certains milieux politiques sur la possibilité d’une séparation entre les deux alliés chiites ne sont pas correctes, assurent les proches de Berry. Un visiteur régulier de Aïn el-Tiné confie même que le président de la Chambre et Amal en général ne porteront jamais un coup de poignard dans le dos du Hezbollah, surtout en cette période de crise exceptionnelle. Mais, poursuit-il, un jour, quand tout cela sera fini, il faudra bien poser les bonnes questions.


Si vous vous portiez plutôt volontaire pour aider ces pauvres familles réfugiées dans leur propre pays à cause des agissements suicidaires de votre bien aimé protégé qu’est le Hezbollah. Bien sûr, il est plus facile de jeter la responsabilité sur l’Etat qu’on a longtemps piétiné et dont on a détruit toutes les institutions. Halte au massacre, il est grand temps que notre armée nationale prenne les choses en main et qu’elle ordonne au Hezbollah de lui remettre ses armes pour instaurer un cessez le feu sous l’égide de la France qui devra être suivi par un traité de paix durable
20 h 34, le 07 mars 2026