Polyphonie pour la Palestine, sous la direction de Michel Cassir, Meting Cengiz et Emmanuelle Malhappe, L’Harmattan, 2026, 212 p.
Au-delà de ce que porte chaque poème et de sa portée, la force terrible de ce recueil réside essentiellement dans sa remarquable étendue : 102 poètes du monde entier, de trente et un pays, de treize langues, de tous les continents ! Au point que l’éditeur n’a pas reculé pour placer ce nombre impressionnant en sous-titre sur la couverture.
Parce qu’il s’agit autant d’un geste politique que poétique, une peau universelle !
« Quand tu bombardes ma maison
Épargne juste un doigt à ma mère
Un seul doigt
Est tout ce dont elle a besoin pour
Ranger mes jouets dispersés
Avec les morceaux de mes jambes et chercher
Frénétiquement les poumons de son mari »
Face au génocide qui se déroule au nez et à la barbe de notre conscience humaine, une mobilisation planétaire, des mots qui ne tuent pas mais libèrent ; résistance de trois poètes, Michel Cassir, Meting Cengiz et Emmanuelle Malhappe dont il faut saluer l’initiative courageuse et l’engagement sans faille d’aller fouiller notre terre jusqu’à ses confins, à la recherche de toutes les tonalités de notre humanité.
D’ailleurs, dans ces poèmes, la dérision et parfois même l’humour côtoient la colère, le dégoût, la révolte et le désespoir…
Empruntons à Malhappe ce stupéfiant raccourci de l’histoire du XXe au XXIe siècle, que condense l’inconscient du mot Gaza lui-même, pour en faire un symptôme sur lequel se jettent les rescapé·e·s des chambres à gaz !
On pourrait également emprunter au pape François, dans sa fameuse lettre, son invitation à lire les romans et les poèmes des cultures du monde pour connaître les mots des peuples du monde.