Des personnes en deuil se rassemblent à Baalbeck lors des funérailles de membres du parti chiite Hezbollah, tués dans une frappe israélienne, dans la vallée de la Békaa, le 21 février 2026. Photo AFP
« Suspension des réunions du mécanisme », « pas d'autre option que la résistance », « les condamnations ne suffisent plus », « décisions politiques serviles » : plusieurs responsables du Hezbollah ont haussé le ton samedi contre les autorités et les négociations avec Israël, au lendemain de frappes meurtrières sur la Békaa qui ont coûté la vie à huit de ses combattants.
Alors que l'armée israélienne a affirmé avoir éliminé des membres de « l'unité des missiles » du parti chiite, qui a « intensifié ses manœuvres » dernièrement et préparait des attaques contre l’État hébreu, le Hezbollah a de son côté confirmé la mort de huit de ses responsables. Il s'agit de Hussein Yaghi, Mohammad Moussaoui, Ali Moussaoui, Hussein Alaëddine, Ahmad Hajj Hassan, Hachem Mahdi, Ahmad Zeaïter et Hussein Siblani, qui sont « tombés en martyr, se sacrifiant pour le Liban et son peuple, dans l'attaque israélienne perfide contre la Békaa. »
Hussein Yaghi était le fils de Mohammad Hassan Yaghi, connu sous le nom de « Abou Salim », l'un des fondateurs du Hezbollah en 1982 et l'assistant exécutif de Hassan Nasrallah, l’ancien chef du parti, tué en septembre 2024. Pendant les funérailles de ce dernier et de Hussein Siblani à Baalbeck, la prière funèbre a été récitée par le mufti jaafarite, le cheikh Ahmad Kabalan, qui a dénoncé les « décisions politiques serviles » des autorités face aux attaques israéliennes, qui constituent « le principal danger » pour le pays. Il a cependant souligné que la capacité de la résistance demeure « la force qui protège le Liban ».
Même appel à la « résistance » du côté du vice-président du bureau politique du Hezbollah, Mahmoud Comati. « Quelle autre option avons-nous pour nous défendre (...) pour défendre notre terre, pour défendre notre patrie ? Quelle autre option avons-nous à part la résistance ? Nous n'en avons pas d'autre », a déclaré M. Comati, dans un discours prononcé au cours d'un sit-in à Beyrouth. « Nos prisonniers ne resteront pas en prison et l'occupation de nos terres ne se poursuivra pas », a-t-il ajouté, en allusion à la vingtaine de Libanais toujours détenus en Israël et l'occupation de six positions en territoire libanais par l'armée israélienne. « L’État est-il désormais convaincu que la diplomatie et les relations internationales n'ont aucun intérêt ? », a-t-il encore fustigé.
Pendant que le président de la République Joseph Aoun condamnait dans la matinée ces attaques israéliennes meurtrières, estimant qu’elles témoignent d'une volonté de l’État hébreu de saboter les efforts diplomatiques, le député du Hezbollah Rami Abou Hamdane est allé jusqu'à réclamer la suspension des réunions du « Mécanisme », nom donné au comité de supervision de l’application du cessez-le-feu, auquel participent les États-Unis, la France, le Liban, Israël et les Nations unies. M. Abou Hamdane a réclamé l'arrêt des discussions « jusqu’à ce que l’ennemi mette fin à ses attaques ». Le « Mécanisme », qui s'est réuni à plusieurs reprises en présence de représentants civils libanais et israéliens, doit normalement tenir sa prochaine séance à Naqoura le 25 février. Le parlementaire chiite a fait savoir que le parti chiite « n’acceptera pas que les autorités se comportent en simples analystes politiques », dénonçant une attitude consistant à « banaliser » les attaques israéliennes. Il a estimé que « les condamnations et les dénonciations ne suffisent plus », appelant les gouvernants à adopter « un changement radical » dans leur manière de défendre le pays. Le vice-président du Conseil supérieur chiite (CSC), le cheikh Ali el-Khatib a quant à lui dénoncé « la poursuite d’une politique d’extermination menée par l’entité sioniste contre notre peuple résilient ». Il a estimé que « l’unité nationale constitue la réponse la plus appropriée ».
Concernant le type de frappes menées sur la Békaa, et alors que des médias israéliens avaient évoqué vendredi soir des tirs depuis des navires, ni l'armée libanaise ni des sources au sein des renseignements n'ont pu confirmer à L'Orient-Le Jour l'utilisation de missiles mer-sol. Si ces tirs ne sont pas inédits dans la guerre entre le Hezbollah et l'État hébreu, leur utilisation potentielle vendredi constitue pour le général Khalil Gemayel « une façon pour Israël de signaler qu'il ne se contente pas de sa force aérienne. » « Si les avions de chasse sont mobilisés en nombre dans un autre conflit, les navires peuvent combler le vide », estime l'expert, dans un contexte d'escalade potentielle sur plusieurs fronts et de tensions entre Washington et Téhéran. La presse israélienne soulignait, elle, que l’armée de l’État hébreu voulait démontrer qu'elle est « capable de frapper dans tout le Moyen-Orient. »
Deux membres du Hamas enterrés à Aïn el-Héloué
Vendredi, l'aviation israélienne n'avait pas épargné le camp palestinien de Aïn el-Héloué à Saïda, qui a enterré en début d'après-midi deux membres du Hamas, Bilal el-Khatib et Mohammad el-Saoui. Des centaines d’habitants du camp ainsi que des membres du mouvement islamiste ont rendu hommage aux deux victimes de la frappe israélienne. Les participants aux obsèques ont transporté les deux cercueils drapés du drapeau palestinien à travers les rues du camp, criant leur colère et appelant à la vengeance. Des femmes se sont rassemblées le long des routes, jetant du riz et des fleurs sur les cercueils, tandis que certains habitants ont tiré en l’air, malgré les appels à éviter ce genre de manifestation. Le cortège s’est ensuite dirigé vers le cimetière du camp, où des prières ont été récitées avant l’inhumation.
Pour sa part, la Jamaa Islamiya, proche du Hamas, a condamné la frappe sur Aïn el-Héloué et dénoncé « le ciblage de civils dans leurs habitations et dans des zones densément peuplées, qui constitue une escalade dangereuse ». Elle a appelé le gouvernement à « faire pression » sur l’État hébreu, pour qu'il « respecte l'accord » et réclamé de l'exécutif qu'il « assure la protection des citoyens libanais et des réfugiés palestiniens au Liban ».
Au cours de la journée relativement calme de samedi, l'armée israélienne a poursuivi son harcèlement quotidien en violation de l'accord de cessez-le-feu, en larguant une bombe sonore sur le quartier de « Kouroum el-Charki », dans l'est de Meis el-Jabal (caza de Marjeyoun), sans faire de victime.



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02 h 10, le 14 mars 2026