Le lionceau âgé d'à peine un an qui a été secouru par Animals Lebanon, le ministère de l'Agriculture et les forces de sécurité, le 13 février 2026, à Baalbeck, dans la Békaa-Nord. Photo envoyée par Animals Lebanon
L'association Animals Lebanon a secouru vendredi à Baalbeck (Békaa) un lionceau de quatre semaines, détenu illégalement par un particulier. L'enquête, démarrée début février à Cana, au Liban-Sud, a représenté un véritable défi pour l'association de défense des animaux, mobilisant également le ministère de l’Agriculture, la Justice et les forces de l’ordre. Signalée après la publication, le 30 janvier, d'une vidéo sur les réseaux sociaux, la présence de ce lionceau vu sur les images dans une voiture, gigotant dans tous les sens sur les genoux du conducteur, est due à « la contrebande de Syrie vers le Akkar (Liban-Nord), puis vers le sud, et ensuite à Baalbeck », indique l'association dans un communiqué. Si l'identité du suspect a tout de suite été connue, l'opération a révélé un « réseau de trafic de grande ampleur opérant sur plusieurs pays de la région », poursuit le texte.
De Cana à Baalbeck
Après qu'un avis de confiscation a été émis par la justice compétente – le Liban ayant signé en 2013 la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (Cites) et adopté la loi sur la protection des animaux en 2017 –, la première piste devait mener Animals Lebanon dans un zoo du village de Cana (Tyr) mais, en vain, « le lionceau s’étant volatilisé ». L'association y découvre toutefois « un autre lionceau, une femelle, en si mauvaise santé qu’elle se battait pour sa vie », poursuit le texte, précisant que « le zoo lui-même fait désormais l’objet de poursuites ». L'animal semble, depuis, tiré d’affaire selon les mises à jour de l’association sur les réseaux sociaux.
Après que le propriétaire de l'animal a finalement reconnu les faits, c'est en compagnie de « représentants du ministère de l'Agriculture, des Forces de sécurité intérieure, des enquêteurs, des services de renseignements et des forces armées », à bord de « cinq véhicules », que l'association s'est rendue à Baalbeck pour saisir l'animal sans éveiller les soupçons. « Les routes ont été dégagées, la zone sécurisée, et lorsque l'animal a été localisé, nous avons agi rapidement, le mettant en sécurité sous escorte armée. »

Vers l'Afrique du Sud
Interrogé par L’Orient-Le Jour, Élias Ibrahim, directeur des ressources animales et du bureau de suivi de la Cites au ministère de l’Agriculture, note « les progrès effectués en matière de protection animale malgré les circonstances compliquées que traverse le pays et le manque de moyens ». Quant au réseau de trafic d’animaux dénoncé par Animals Lebanon, il explique qu’il est démantelé peu à peu, à coups d’arrestations comme celle-ci. Malheureusement, « les frontières poreuses permettent à ce type de trafic de se poursuivre et, même s’il y a des dénonciations, les trafiquants sont assez malins pour couper court au fil qui peut remonter jusqu’à eux ». Il insiste sur l’importance de la sensibilisation au danger de manipuler les animaux sauvages et sur l’effet déterminant qu'ont eu l’adoption de la loi et la signature de Cites. Tout individu se rendant coupable de maltraitance ou d’acquisition illégale d’animaux appartenant à des espèces mondialement menacées est ainsi poursuivi.
Avec le sauvetage des deux lionceaux, Animals Lebanon a désormais la charge de s’en occuper de trois, puisqu’en début d’année, elle avait mis la main sur un lionceau remis suite à un message anonyme, envoyé par un propriétaire qui a apparemment réalisé son erreur après l’achat de l’animal sauvage en captivité. Tous trois attendent désormais leur transfert vers un refuge en Afrique du Sud, comme nombre de leurs congénères.



L’armée israélienne a tué au moins six personnes au Liban et ordonné l’évacuation de 12 villages