Cette année, la commémoration de l’assassinat de Rafic Hariri s’annonce différente. Déjà, autour de la Maison du Centre, les mesures de sécurité, largement relâchées ces dernières années, ont été renforcées. Depuis jeudi, une foule s’est formée autour de cette résidence, la plupart des visiteurs étant, en plus des diplomates, des responsables anciens ou actuels du courant du Futur venus s’entretenir avec Saad Hariri. Tous considèrent que, cette fois-ci, l’ancien Premier ministre et fils de Rafic devrait faire « une annonce positive » samedi, autrement dit, déclarer officiellement que le Futur devrait participer aux prochaines législatives prévues en mai.
Saad Hariri et ses proches restent discrets, maintenant le flou sur la décision qui sera prise. Mais la tendance générale est à croire que le Futur devrait participer aux élections. Pour deux raisons évidentes, estiment les proches de ce milieu. D’abord, le prolongement de son retrait pourrait lui faire perdre ses partisans. S’il est vrai que personne n’a réussi, au cours des quatre dernières années, à prendre la place du Futur sur la scène sunnite, la nature ne peut pas accepter un vide qui dure.
La seconde raison, c’est que l’absence du courant du Futur a laissé la communauté sunnite sans chef de file, au point de ne plus avoir de poids réel sur la scène politique interne. Les sunnites sont ainsi tiraillés entre plusieurs influences, au Nord la Turquie et la Syrie, à Beyrouth l’Arabie saoudite, et dans la Békaa, il y a des influences contradictoires, celle de la Syrie d’une part, mais d’autre part, celle de courants proches de « l’axe de la résistance ». Or l’absence de la communauté sunnite dans l’équilibre interne libanais a eu un effet néfaste sur l’ensemble du pays et sur ses différentes composantes, sachant que ce qu’on appelle « le système libanais » repose sur un équilibre délicat des forces.
C’est d’ailleurs en ce sens que le retour du courant du Futur à la politique peut servir les intérêts de nombreuses parties locales et régionales qui seraient satisfaites de voir l’influence chiite réduite. Mais l’information diffusée par la chaîne saoudienne al-Hadath sur une alliance potentielle entre le courant du Futur et le Hezbollah, rapidement démentie d’ailleurs par le premier, a créé une véritable surprise chez ceux qui croyaient que le retour de Saad Hariri bénéficiait d’un feu vert de Riyad. Toutefois, les sources proches du Futur affirment que cette information constitue un avertissement. Elles précisent qu’aucune décision n’a encore été prise au sujet des alliances, d’autant plus qu’il n’est même pas sûr que le Futur puisse participer aux élections dans toutes les circonscriptions où il y a des sièges sunnites.
La prise de parole de Saad Hariri est attendue à un moment particulièrement délicat dans les relations entre les États du Golfe, puisque le conflit entre les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite n’a jamais été aussi profond et évident, surtout au sujet du dossier yéménite. Dans ce contexte, Saad Hariri, qui depuis son départ du Liban s’est installé aux Émirats, doit agir avec une grande prudence, pour ne pas susciter de nouveau la colère des Saoudiens, même – et surtout – s’il bénéficie des encouragements des Émirats. Toutefois, des sources proches du courant du Futur estiment au contraire que, d’une part, le conflit entre les Émirats et les Saoudiens ne porte pas sur le Liban, et les Émirats ne veulent certainement pas ouvrir un nouveau sujet de conflit avec les Saoudiens. D’autre part, ce conflit pourrait être une opportunité pour Saad Hariri de revenir sur la scène politique en affichant clairement sa position en faveur du monopole des armes par l’État et en entraînant ainsi la communauté sunnite dans son sillage. Ce qui devrait être considéré comme un développement positif pour ces deux États du Golfe. Il reste toutefois à déterminer l’ampleur de ce retour et sa véritable portée. Le retour du courant du Futur sur la scène politique, s’il se confirme, devrait en tout cas permettre un rééquilibrage des rapports de force internes, ce qui est dans l’intérêt des sunnites et de toutes les parties en général. Mais le vide et le déséquilibre causés par son retrait montrent aussi la difficulté à mener un véritable changement politique dans le pays.


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Je ne comprends toujours pas pourquoi un politique musulmans Libanais doit toujours prendre en considération ce qu’un état étranger pense ou peut penser de lui pour la gérance de son pays. Le problème n’est pas le système confessionnel en soit mais la manière de l’appliquer. Si certains se nos dirigeants locaux ne s’étaient pas vendus à Nasser, Arafat, Assad ou le Fakih nous nous serons très bien entendu sur la meilleure manière de vivre ensemble. Nous en avons la possibilité et l’opportunité aujourd’hui j’espère que ces énergumènes ne la gâcherons pas. À suivre!
08 h 40, le 15 février 2026