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Politique - Décryptage

La démission de Safa, indice d’un grand changement au sein du Hezbollah ?


Depuis l’annonce de l’accord de cessez-le-feu le 27 novembre 2024, le Hezbollah veut montrer qu’il a accompli de grands pas vers une reconversion vers la vie politique et la libanisation. Certes, dans les discours de son secrétaire général, Naïm Kassem, le double langage est toujours de mise. Au point que certains évoquent une simple mise en veilleuse momentanée de la branche militaire du parti, alors que d’autres parlent d’une tendance à l’abandon de celle-ci. C’est dans ce climat confus que l’annonce de la démission du chef de l’unité de liaison et de coordination au sein du parti, Wafic Safa, est intervenue. De quoi alimenter les pronostics contradictoires quant à un changement important dans l’attitude et la mission du Hezbollah.

Certains ont immédiatement présenté l’annonce comme la partie visible de l’iceberg quant aux contradictions et luttes intestines au sein du Hezbollah, alors que des sources autorisées au sein de cette formation donnent une autre version des faits. Elles précisent qu’entre Safa et Kassem, les relations n’ont jamais été étroites. Safa bénéficiait essentiellement de la confiance de l'ancien chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui lui avait accordé des prérogatives dépassant celles que devait avoir l’unité qu’il dirigeait. Mais pourquoi avoir attendu tout ce temps avant d’annoncer cette démission ? Pour les sources précitées, le Hezbollah sait lire les évolutions dans le contexte international, régional et local. Il a bien compris les messages qui lui sont régulièrement adressés, mais il a choisi d’y répondre à son propre rythme, en essayant autant que possible de tenir compte des sentiments de sa base, ainsi que des rapports politiques dans le pays. S’il annonce trop vite et brutalement un changement de cap, cela pourrait créer un choc au sein de son environnement populaire et pousser ses adversaires à enfoncer le clou. Il a donc choisi d’avancer à son propre rythme dans le sens du changement.

Notons que l’unité de liaison et de coordination n’a plus aujourd’hui l’importance qu’elle avait au moment de sa formation et jusque avant la guerre de 2024. Il a donc été décidé d’en confier la direction à une autre personne, moins connue et n’ayant pas la dimension de Safa. Comme le dit un proche du Hezbollah, désormais, il faut revoir les fonctions et les chefs à la baisse, « car nous sommes dans une période où il vaut mieux faire profil bas ». C’est pourquoi aujourd’hui, les méthodes musclées de Safa ne sont plus privilégiées au sein du Hezbollah, qui préfère établir un éventail de contacts avec toutes les parties, même si elles lui sont hostiles, et miser sur le dialogue, plutôt que sur la force voire sur les menaces. Contrairement à ce qu’ont dit certains médias, la démission de Safa n’est donc pas la conséquence d’une disgrâce ou de conflits au sein du commandement, mais plutôt le signe d’un changement de cap, de vocation et de méthodes. D’ailleurs, Wafic Safa devrait bientôt être nommé à une autre fonction, celle d’adjoint du conseil exécutif, l’un des organismes de commandement de la formation. Cette nouvelle fonction devrait lui permettre d’occuper sa place au sein du commandement, sans pour autant entrer en contact direct avec les différentes parties libanaises. Comme le précise la personnalité proche du Hezbollah, la nouvelle période exige de nouvelles figures.

Des sources du parti rappellent que, dès la mort de Hassan Nasrallah et alors qu’il n’était pas encore remis du choc de cette disparition, le Hezbollah a entamé un processus de changement en faveur d’une plus grande intégration au sein de la réalité libanaise. Il a ainsi contribué à l’élection du président de la République, Joseph Aoun, et à la désignation du Premier ministre, Nawaf Salam. Il participe aussi au gouvernement malgré les conflits et les controverses. De même, lors des élections municipales, ce sont ses voix et celles du mouvement Amal qui, selon leurs milieux, ont permis de préserver autant que possible la parité islamo-chrétienne à Beyrouth. Plus récemment encore, lors du vote de la loi du budget au Parlement, le tandem chiite a assuré son adoption. Le Hezbollah, selon les sources précitées, serait actuellement convaincu qu’il lui faut revenir à une dimension libanaise et préserver la présence de la communauté chiite en cette période de turbulences et de changements dans le monde entier. La communauté se sent menacée, et les déclarations de Naïm Kassem selon lesquelles le Hezbollah ne se taira pas si le guide suprême iranien est attaqué par les Américains sont dues au fait que Ali Khamenei est le chef religieux d'une grande partie des chiites.

Est-ce dans cette optique de « libanisation » que, dans son dernier discours, Kassem a demandé à l’État de profiter des capacités de la « résistance » ? Cette phrase laisse en effet entendre qu’il serait donc prêt à remettre ses capacités à l’État, mais elle n’a pas eu beaucoup d’échos ni suscité des commentaires. Un peu comme si, en réalité, personne ne croit vraiment à un changement de fond au sein du Hezbollah. Le grand défi pour lui, aujourd’hui, c’est donc de convaincre les Libanais qu’il est en train de changer... si c’est le cas.

Depuis l’annonce de l’accord de cessez-le-feu le 27 novembre 2024, le Hezbollah veut montrer qu’il a accompli de grands pas vers une reconversion vers la vie politique et la libanisation. Certes, dans les discours de son secrétaire général, Naïm Kassem, le double langage est toujours de mise. Au point que certains évoquent une simple mise en veilleuse momentanée de la branche militaire du parti, alors que d’autres parlent d’une tendance à l’abandon de celle-ci. C’est dans ce climat confus que l’annonce de la démission du chef de l’unité de liaison et de coordination au sein du parti, Wafic Safa, est intervenue. De quoi alimenter les pronostics contradictoires quant à un changement important dans l’attitude et la mission du Hezbollah.Certains ont immédiatement présenté l’annonce comme la partie visible...
commentaires (6)

Bref des informations connues quelques hypothèses qui n’engagent à rien. Pas beaucoup à se mettre sous la dent comme d’habitude. Faites donc un petit effort. Par exemple, combien Monsieur Wafik touche à la fin de son mois? Est-ce que ses frais de bouche son payés?

Mago1

21 h 48, le 12 février 2026

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Commentaires (6)

  • Bref des informations connues quelques hypothèses qui n’engagent à rien. Pas beaucoup à se mettre sous la dent comme d’habitude. Faites donc un petit effort. Par exemple, combien Monsieur Wafik touche à la fin de son mois? Est-ce que ses frais de bouche son payés?

    Mago1

    21 h 48, le 12 février 2026

  • L'interdiction du Baas et du PSNS doit etre fondée soit par le fait qu'ils soutiennent un Etat ennemi soit qu'ils ont contrevenu gravement à la loi: Or légalement la syrie des Assad n'a jamais été considérée comme un ennemi. Qu'est ce qui reste : Interdire le PSNS pour l'assasinat de Bachir (comme ça avait été le cas pour R. el Solh) et aussi instituer une loi qui reconnaissance les crimes des Assad au Liban, criminalise l'apologie de leur régime et la complcité avec les cadres de celui ci en fuite. Une telle loi est normale. Elle peut etre un préalable pour demander des réparations à Bachar.

    Moi

    10 h 03, le 12 février 2026

  • Le Hezbollah ne changera jamais. Ce parti est identique au PSNS ou au Baas il doit être interdit par la loi. Tout parti qui se targue idéologiquement avoir une allégeance étrangère ne peut et ne doit pas avoir la permission d'exister. Nous en avons marre des nasséristes, arafatistes, baasistes, Fakihistes et Dieu sait o combien d'autres nous aurons encore a subir et souffrir! Nous ne pouvons plus faire confiance a la classe politique musulmane héritière de ces idéologies nocives mais il nous faut voir de nouvelles personnalités s’élever apportant un vrai élan national et souverain.

    Pierre Christo Hadjigeorgiou

    09 h 12, le 12 février 2026

  • Intéressant de savoir ce qui se passe chez la milice. Wafic a toujours été l’enseigne préférée du hezbollah : montrer à tout le monde que si la manière douce ne marche pas, on lâche le bon wafic. Malgré ses discours naïm, sait bien que la roue a tourné et que les bonnes vieilles habitudes autrefois si efficaces, c’est terminé. Sauf si notre bon wafic a été jugé un peu suspect ! Comment peut-on expliquer sa parade triomphale à raouché, et ses déclarations publiques et en direct, sans trop craindre les drones de l’ennemi , pourtant si efficaces. Utopique ? Peut-être, l’avenir nous le dira !

    NG

    06 h 22, le 12 février 2026

  • Toujours tatillonne sur les détails de vos articles.

    Hitti arlette

    21 h 18, le 11 février 2026

  • Je ne veux pas rentrer dans les tenants et aboutissants. J'ai juste deux questions: Bénéficie t il toujours de " l'immunité" que les criminels de hezballah ont? Si non, qu'attend le Liban Officiel pour le traduire en justice?

    Moi

    16 h 41, le 11 février 2026

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