Le responsable sécuritaire du Hezbollah, Wafic Safa (c), le 25 septembre 2025 à Raouché. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Le Hezbollah a accepté vendredi la démission du haut responsable de la sécurité du parti, Wafic Safa, une première pour un responsable de ce rang, ont déclaré à Reuters des sources proches du groupe. Contacté par L'Orient-Le Jour, un porte-parole du parti chiite n'a pas répondu à notre demande de commentaire.
Cette annonce intervient alors que la direction du parti chiite avait récemment décidé de retirer à Wafic Safa, figure de proue de l'aile sécuritaire, le poste de chef de l’Unité de liaison et de coordination du parti, chargée de la coordination interne, des relations avec les forces politiques, de la communication avec les autorités et les appareils sécuritaires. Selon la chaîne Al-Jadeed, Hussein al-Abdallah a été nommé en remplacement de Wafic Safa à la tête de l’unité.
Selon nos informations, M. Safa entretient des relations troubles avec le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem. Egalement selon nos informations, depuis le « front de soutien » au Hamas et ses lourdes conséquences, le Hezbollah avait lancé, il y a plus de sept mois, un vaste chantier interne de réévaluation et d’ajustement, tant au niveau de sa hiérarchie qu’aux plans politique, sécuritaire et militaire. Les changements les plus notables concernaient notamment l'unité que dirigeait M. Safa. « Wafic Safa a été muté à un autre poste au sein du parti. Ses priorités et son attitude ne correspondent plus à celles du Hezbollah, notamment sa tendance radicale et peu flexible », avait confié à L’OLJ un haut responsable de la formation chiite.
Wafic Safa était réputé pour son caractère provocateur. Son nom reste surtout associé à un incident survenu au palais de justice de Beyrouth en 2021, lorsqu’il avait proféré des menaces à l’encontre de hauts magistrats dans le cadre de l’enquête sur la double explosion au port en 2020. Il est également considéré comme une figure de proue de l’aile sécuritaire radicale au sein du Hezbollah. Or, le secrétaire général du parti, Naïm Kassem, est perçu comme plus proche de l’aile politique, plus apte au compromis.
Lors de sa dernière guerre ouverte avec le Hezbollah en 2024, l'armée israélienne avait tenté d'assassiner « l'homme des missions spéciales » du Hezbollah à au moins une reprise, menant deux frappes sur des bâtiments de Basta el-Faouqa et du quartier voisin de Noueiri, le 10 octobre de cette année-là. Une attaque qui avait fait une vingtaine de morts.




Cessez-le-feu : entre le non de Tel-Aviv et l’insistance de Beyrouth, Washington pour un retour à l’avant mars 2026