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Points de vue - Grand Entretien

Gilbert Achcar : Nous sommes dans la même impasse historique que lors des printemps arabes

Professeur émérite à l’École des études orientales et africaines (SOAS) de l’Université de Londres, Gilbert Achcar analyse pour « L’Orient-Le Jour » la situation de blocage politique et socio-économique qui domine dans la région.

Gilbert Achcar : Nous sommes dans la même impasse historique que lors des printemps arabes

Une semaine après le départ de Hosni Moubarak, des milliers de manifestants sont revenus, vendredi 18 février 2011, place Tahrir au Caire, dans la capitale égyptienne, pour fêter la chute de son régime. Photo Patrick Baz/Archives AFP

C’était il y a quinze ans. Une onde de choc révolutionnaire prenait de court le monde arabe, propulsant sur le devant de la scène une jeunesse aspirant à davantage de justice sociale et de liberté. Mais dans une région où l’espace politique avait été trop longtemps confisqué, les premières victoires furent de courte durée. En Égypte, le coup d’État de 2013 porte le maréchal Abdel Fattah el-Sissi au pouvoir, mettant un terme aux illusions démocratiques déjà malmenées par la parenthèse islamiste. En Tunisie, le verrouillage progressif des institutions par le président Kaïs Saïed à partir de 2021 scelle la fin de la transition. Plusieurs pays ont sombré dans la guerre civile, comme en témoignent les cas de la Libye, du Yémen et de la Syrie. Et si, à partir de 2018-2019, une deuxième vague de contestation touche le Soudan, l’Irak, l’Algérie...
C’était il y a quinze ans. Une onde de choc révolutionnaire prenait de court le monde arabe, propulsant sur le devant de la scène une jeunesse aspirant à davantage de justice sociale et de liberté. Mais dans une région où l’espace politique avait été trop longtemps confisqué, les premières victoires furent de courte durée. En Égypte, le coup d’État de 2013 porte le maréchal Abdel Fattah el-Sissi au pouvoir, mettant un terme aux illusions démocratiques déjà malmenées par la parenthèse islamiste. En Tunisie, le verrouillage progressif des institutions par le président Kaïs Saïed à partir de 2021 scelle la fin de la transition. Plusieurs pays ont sombré dans la guerre civile, comme en témoignent les cas de la Libye, du Yémen et de la Syrie. Et si, à partir de 2018-2019, une deuxième vague de contestation...
commentaires (8)

on parle du genocide de Gaza, mais on oublie 500,000 syriens tues sous les bombes.

M.J. Kojack

01 h 55, le 14 février 2026

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Commentaires (8)

  • on parle du genocide de Gaza, mais on oublie 500,000 syriens tues sous les bombes.

    M.J. Kojack

    01 h 55, le 14 février 2026

  • Pas un mot sur l IRAN qui a pourtant perpétré le pire massacre de l histoire contre sa population….

    HABIBI FRANCAIS

    12 h 16, le 08 février 2026

  • Et les Kurdes dans tout ça ?

    R C

    18 h 33, le 07 février 2026

  • Excellente analyse . Merci à l'OLJ pour l'interview de ce grand Monsieur que je lis parfois dans le monde diplomatique .

    nabil samir

    17 h 35, le 07 février 2026

  • ""…soutenir toutes les luttes qui vont dans le sens de ces valeurs si l’on veut qu’elles puissent triompher chez nous"". Mais "chez nous" il fallait abréger la souffrance des populations et non pas se contenter de déclarations dans le style : "neutralité positive" (bon, je sais bien que la neutralité est constitutionnelle et parfois synonyme de fuite en avant). Parler de neutralité au Liban, après des décennies de guerre(s), c’est comme dit l’interviewé M. Achkar, de la démagogie. Il se permet lever le trophée du seul triomphe de la gauche, que le Liban et la Palestine ont des destins communs.

    nabil

    01 h 47, le 07 février 2026

  • Pour être bref, le printemps arabe initié par le couple Hussein Obama-Hilary Clinton a pris fin avec la fuite du président syrien. Obama déclarait que "" Assad finira par partir"", sans doute pour justifier sa non intervention pour accélérer son départ, et que l’alaouite au pouvoir déclarait devant les émissaires américains que la réplique sera violente pour toute menace contre le régime. Il a résisté avec un tel degré de violence, et finalement il s’est sauvé avec quelques meubles. Un adage circule à Damas, ""qui tue ses frères, tue ses voisins"", et les Libanais en savent quelque chose.

    nabil

    01 h 28, le 07 février 2026

  • "" La démocratie, la liberté, l’égalité sont des valeurs universelles qui ont du mal à survivre étouffées dans un seul pays, plus encore lorsque l’on parle d’un petit pays"". C’est le raisonnement par le bon sens idéologique.D’aucuns disent non sans humour, que la démocratie de la petite Suisse étouffe ses habitants autant que la démocratie de Trump. Parler de valeurs universelles dans des pays où l’on ne voit que les religieux prendre la parole, (avec tout le respect pour les hommes d’église, de mosquée ou de synagogue) relève aussi de la démagogie des intervenants quel que soit leur statut.

    nabil

    01 h 10, le 07 février 2026

  • À la longue question qui termine par :"" … DANS QUELLE MESURE EST-IL, SELON VOUS, POSSIBLE DE PENSER SÉPARÉMENT LES DESTINS DU LIBAN, DE LA SYRIE ET DE LA PALESTINE ?"" et la réponse de Achkar, est claire ! Pour lui, l’engagement du Hezbollah dans sa guerre de soutien au Hamas était dans l’ordre des choses. Arrimer le Liban à ce qu’on appelait jadis la cause palestinienne, nous ramène aux années 60, bien avant les Accords du Caire. Seulement voilà, la violence intellectuelle qui a trop duré, veut que le Liban soit plus engagé contre Israël que les Arabes de ce pays au détriment des Libanais.

    nabil

    00 h 55, le 07 février 2026

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