Le commandant en chef de l'armée libanaise, Rodolphe Haykal, à son arrivée pour une réunion avec le CENTCOM en Floride, le 2 février 2026. Photo X/US @USMARCENT
Arrivé lundi à Washington pour une visite de trois jours, le commandant en chef de l'armée libanaise, le général Rodolphe Haykal, a enchaîné mercredi de nombreux rendez-vous avec des responsables et élus américains. Au programme : l'évolution de la situation sécuritaire au Liban et dans la région, ainsi que des mises à jour opérationnelles sur les progrès accomplis par l'armée libanaise dans le cadre du plan de désarmement du Hezbollah, approuvé par le gouvernement de Nawaf Salam l'été dernier.
La chaîne locale MTV a dévoilé le programme du général Haykal de mercredi : échanges avec le député Darin LaHood, la sénatrice Elissa Slotkin, le député Abraham Hamadeh et les sénateurs Jeanne Shaheen et Jack Reed. Une réunion à huis-clos au siège de la CIA figurait également à l'agenda, de même que des entretiens avec le président de la commission des Affaires étrangères, Brian Mast, et le député Gregory Meeks.
Le député Darin LaHood, lui-même d'origine libanaise, a confié à la chaîne LBCI que « la réunion était très bonne avec le commandant de l'armée ». « Nous avons longuement parlé du désarmement, ainsi que de l'importance de l'armée libanaise et du rôle qu'elle joue au Liban », a-t-il précisé. « Nous voulons soutenir l'armée libanaise, car c'est le pilier qui a maintenu le pays uni, c'est le pilier fondamental du pays, mais elle doit accomplir un travail plus fort dans le dossier du désarmement. C'est pourquoi nous avons abordé la situation au nord du fleuve Litani et dans la Békaa et ce qui doit y être accompli. »
« À ce stade, nous sommes satisfaits de la performance de l'armée libanaise dans la confiscation des armes du Hezbollah, mais il faut réaliser davantage de progrès, a poursuivi M. LaHood. Car lorsque nous regardons à nouveau le nord du Litani et la Békaa, il faut s'assurer que les armes du Hezbollah ont été complètement retirées et qu'elles y ont été éliminées. Nous avons eu une discussion à ce sujet et sur la façon dont nous pouvons aider à leur fournir l'équipement dont ils ont besoin pour atteindre cet objectif. »
Le député s'est également dit convaincu qu'« il y aura une aide supplémentaire pour l'armée ». « Nous travaillons avec le département d'État, le département de la Défense et le Conseil de sécurité nationale pour leur fournir l'équipement nécessaire », a-t-il ajouté.
Ce déplacement du commandant en chef de l’armée intervient dans un contexte particulièrement tendu. À son retour, il devra présenter devant le Conseil des ministres sa vision pour l’exécution de la deuxième phase du plan sur le monopole des armes, à l’heure où le Hezbollah campe sur son refus de désarmer et affirme même qu’il pourrait intervenir aux côtés de l’Iran si le régime de Téhéran était attaqué. Prévue initialement en novembre, la visite du commandant de l’armée à Washington avait finalement été reportée, en raison du mécontentement américain face à l’action de la troupe et de sa volonté de ne pas entrer en confrontation armée avec le Hezbollah.
Malgré la trêve conclue en novembre 2024, censée mettre fin à plus d'un an d'hostilités avec le Hezbollah, Israël continue de mener régulièrement des frappes contre le territoire libanais, affirmant prendre pour cible le parti chiite qu'il accuse de se réarmer. Début janvier, l'armée libanaise avait annoncé avoir achevé la première phase de son plan de désarmement du Hezbollah, couvrant la zone située au sud du fleuve Litani, à environ 30 kilomètres de la frontière israélienne. L’État hébreu a cependant jugé « insuffisants » les progrès de la troupe, tandis que le parti chiite a rejeté les appels à remettre son arsenal.
Une conférence de soutien à l'armée libanaise est par ailleurs prévue le 5 mars à Paris. L’agence al-Markaziya a dans ce cadre rapporté que le chef de l’État Joseph Aoun dirigera la délégation libanaise à la conférence et que le président français Emmanuel Macron a adressé des invitations à 50 pays qui devraient assister à la conférence, en plus d'une dizaine d'organisations internationales et régionales qui ont exprimé leur disponibilité à participer et à soutenir les institutions militaires et sécuritaires libanaises.

