Une foule de partisans du Hezbollah écoutant le secrétaire général du Hezbollah Naïm Kassem, le 26 janvier 2026. Photo L'Orient-Le Jour/Mohammad Yassine
Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, a déclaré lundi que son parti était « concerné par la nécessité de faire face à la menace » américaine contre l'Iran et n'était « pas neutre », tout en restant vague sur ce que cela implique concrètement.
« Nous considérons (la menace) également comme dirigée contre nous et nous nous réservons toute latitude pour agir comme nous le jugerons approprié », a affirmé le leader chiite lors d'une allocution retransmise sur la chaîne du parti, Al-Manar. « Quant à la manière dont nous agirons, ce sont des détails que la bataille déterminera, selon des modalités proportionnées aux circonstances du moment, mais nous ne sommes pas neutres », a-t-il dit.
Soufflant le chaud et le froid, Naïm Kassem a ajouté que le Hezbollah pourrait « intervenir ou ne pas intervenir », en cas de confrontation impliquant son parrain iranien. « Nous ne pouvons rester silencieux face aux menaces de Trump ou de quiconque contre l’imam Khamenei, et nous sommes concernés par toutes les mesures nécessaires pour y faire face », a-t-il également déclaré.
Déjà affaibli par la guerre de juin 2025 contre Israël, à laquelle le Hezbollah n'avait pas participé, l'Iran a étouffé par une violente répression le soulèvement d'ampleur qui a gagné le pays. Le travail de décompte des morts se poursuit avec difficulté, le bilan approchant désormais les 6 000 morts selon une organisation de défense des droits humains, qui enquête sur des milliers d'autres décès possibles. Le président américain Donald Trump avait annoncé la semaine dernière qu'une « armada » navale américaine était en route pour le Golfe, maintenant la pression sur Téhéran, qu'il a menacé de frapper à plusieurs reprises.
« La guerre contre l’Iran embraserait la région »
Naïm Kassem a également déclaré que « des médiateurs ont clairement indiqué qu’Israël et les États-Unis réfléchissent à l’opportunité de frapper le Hezbollah avant l’Iran, l’Iran avant le Hezbollah, ou les deux simultanément ». « Face à ces possibilités imbriquées et similaires, et à une agression qui ne fait aucune distinction entre nous, nous sommes préoccupés par la situation, visés par une agression potentielle, et déterminés à nous défendre » a lancé le chef du Hezbollah.

« Certains pourraient dire qu’il n’existe pas de parité des forces ; (mais) qui a dit que la d éfense se limitait à la parité des forces ? », a-t-il interrogé. Le p arti chiite est sorti très affaibli militairement de la guerre à l'automne 2024 contre Israël, après avoir perdu des milliers de combattants et son commandement militaire historique.
Le numéro un du Hezbollah s'est également adressé à ses opposants en interne, devançant d'éventuelles critiques. « Ceux qui livrent le Liban à l'hégémonie américaine et mettent en œuvre le projet américano-israélien placent le pays dans une situation délicate » a-t-il tancé. Il y a deux semaines, il avait haussé le ton à l'encontre des Libanais, et notamment le ministre des Affaires étrangères, Joe Raggi (Forces Libanaises), qui prônent le monopole de l’État sur les armes, et donc le désarmement total de sa formation, qu'il qualifie de « revendication israélo-américaine. » Le parti chiite refuse de remettre ses armes au nord du fleuve Litani, à l'heure où l'armée libanaise se prépare à mettre en oeuvre un plan en ce sens.
« Au Liban, ils avancent contre nous par la pression militaire et politique, mais ils maintiennent l'épée de la guerre suspendue au-dessus de nos têtes, car leur objectif final est de nous contraindre à la capitulation et de nous arracher tout ce que nous avons », a déclaré dans ce contexte le chef du Hezbollah.
Le cheikh Kassem a aussi mis en garde contre le risque que « la guerre contre l’Iran embrase la région », tout en affirmant que « la capitulation signifie tout perdre, sans aucune limite, tandis que la défense laisse l’espoir ouvert à de nombreuses possibilités ». Il a également affirmé que « toute menace d'assassinat contre (le guide suprême de la République islamique Ali Khamenei), qu'elle provienne du président américain Donald Trump ou de quiconque, signifie menacer des millions, voire des dizaines de millions de personnes, ce qui est intolérable. » Avant de conclure : « Ne nous menacez pas de mort ; ell e n’est pas entre vos mains, mais entre celles de Dieu Tout-Puissant. En revanche, la dignité et l’honneur sont entre nos mains ; nou s n’y renoncerons pas, car ils constituent une responsabilité. »

L'Iran se félicite de la « position honorable du Liban »
Signes de la volonté de montrer que l'ensemble de la communauté chiite libanaise soutient la République islamique d'Iran, le vice-président du Conseil supérieur chiite, Ali el-Khatib, ainsi que le vice-président du bureau politique du mouvement Amal, Hassan el-Masri, ont pris la parole avant Naïm Kassem. Le premier, réputé plus proche du Hezbollah que d'Amal, a déclaré que l'Iran « représente l’obstacle idéologique opposé au « droit de la force » et porte le principe de la « force du droit » pour instaurer la justice face à la brutalité des puissances dominantes, incarnées par les États-Unis. » Le second a également affirmé que « nous nous tenons solidaires de la République islamique d’Iran, en soutenant ses positions constantes aux côtés des opprimés dans le monde. »
L'Iran a réagi dans la foulée, se félicitant de la « position honorable du Liban ». « Du fond du cœur, au Liban et à son peuple fier, merci pour votre position honorable aux côtés de la République islamique d’Iran lors de la cérémonie de solidarité organisée aujourd’hui », a écrit l'ambassade iranienne au Liban, dans un message sur son compte X. « Ce grand peuple prouve toujours que la loyauté est dans sa nature, et l’élan d’émotion débordante dont il nous a enveloppés constitue la meilleure preuve que les cœurs sont liés et que l’esprit est un », poursuit le message. « Notre relation (avec le Liban) est un lien de fraternité indissoluble », conclut-t-il.



Si vous vous dirigez vers le sud, je vous conseille de le faire de nuit, car nous avons vu les images des martyrs comme des étoiles dans le ciel, vous guidant sur le chemin du patriotisme et de la sagesse, et peut-être serez-vous guidés.
02 h 18, le 29 janvier 2026