L’affiche du film qui vient de sortir. Photo rognée/Creative Commons
En pleine tempête politique internationale, le film Greenland 2 The Migration vient de sortir sur les écrans américains, avec Gerard Butler, Morena Baccarin et Roman Griffin Davis.
Un titre qui, surtout au pays de l’Oncle Sam, titille encore plus la curiosité, depuis qu’il est dans le collimateur de son président, désireux de s’approprier « un peu de glace » de la plus froide des contrées. Ce long-métrage hollywoodien signé Ric Roman Waugh est la suite d’un précédent (paru en 2020) au titre éponyme. Complètement indifférent à l’actuel sort géopolitique de cet immense espace de l’Arctique, son réalisateur a déjà en tête une troisième édition dans la même veine d’action et de film-catastrophe.
Ric Roman Waugh est un ancien cascadeur nullement étranger aux périls qui s’est converti en cinéaste spécialisé dans le genre. Il a fait du Groenland lointain, peu connu, apparemment inaccessible et inhospitalier, son dernier focus, car propice à toutes sortes de désastres naturels ou imaginaires. De son côté, le site Goodreads propose sur la Toile plus d’une dizaine de livres sur le Groenland, la plus grande île non continentale du monde, et ses 56 000 habitants. Tout le monde, craignant son passage sous la bannière étoilée, se dépêche d’aller la découvrir dans les livres et au cinéma.
Le reflet glacial et angoissant de la planète
Dans son premier film, Waugh raconte l’effroi et la panique provoqués par une comète sur le point de s’écraser sur la terre et de provoquer un cataclysme sans précédent. Un couple et leur fils décident de se lancer dans un périlleux voyage pour rejoindre le dernier refuge à l’abri du désastre : un bunker au Groenland. Néanmoins, à la fin du tournage, le réalisateur a eu affaire lui-même à un autre genre de cataclysme, le Covid, qui a empêché la projection de son film en salle. Le film est alors sorti en VOD en décembre 2020, puis a décroché un contrat de 30 millions de dollars avec HBO et HBO Max. Aujourd’hui, retour sur grand écran avec toujours en vedette un Groenland rattrapé à son tour par un cataclysme, obligeant le couple qu’il abritait à prendre le chemin de l’émigration. Le cinéaste trace ainsi un périple pour leur survie et l’avenir de l’humanité à travers un monde dévasté, où ils sont à la recherche d’un nouveau foyer. Ici, le décor glacial et menaçant se fait un peu miroir de l’angoisse et de la déstabilisation prévalant en ce moment sous différentes latitudes de la planète.

L’iconique Ralph Nader de sang libanais à la rescousse
Outre l’actualité, la curiosité ou le cinéma, il existe un public désireux d’en savoir plus sur le Groenland tel qu’en lui-même et sa modernité. Un environnement unique au monde, entièrement recouvert de glaciers, envoûtant, presque impénétrable sauf pour ses habitants, les Inuits. On retrouve cet aspect chez d’innombrables écrivains qui l’ont exploré à l’aide de leurs plumes. À présent qu’il fait la une de l’actualité par les desiderata de Donald Trump, le Groenland s’étale sur les rayons des librairies et sur la Toile, donnant à voir des titres historiques aussi bien qu’une multitude de fictions.
De cette immersion dans la plus grande des îles, soudain envahie par les vents de l’actualité, a surgi la voix tonitruante du plus iconique des écolos américains aux origines libanaises, Ralph Nader. À 91 ans, il garde toute sa force combative pour les grandes causes de l’environnement et la protection des consommateurs. Il vient d’écrire sur son compte X : « Si le Parti démocrate était doué en anticipation, il présenterait une résolution prévoyant que, si Trump s’emparait du Groenland, les États-Unis le restitueraient au Danemark immédiatement après qu’il aura quitté ses fonctions – que ce soit par le biais d’une destitution, d’une démission ou de la fin d’un second mandat. »
Avocat de carrière et activiste, Ralph Nader avait connu la célébrité face à l’industrie automobile américaine, en publiant en 1965 un ouvrage intitulé Unsafe at Any Speed et en critiquant en particulier la firme General Motors pour son bilan en matière de sécurité. Il avait ainsi contribué à l’adoption l’année suivante d’une loi nationale sur la sécurité routière et les véhicules à moteur. Inscrit au Parti démocrate, il a été à cinq reprises candidat (malheureux) à la Maison-Blanche. Pour financer l’une de ses campagnes électorales menée en indépendant, il avait mis en vente des exemplaires du livre de cuisine de sa mère, Rose Bouziane, originaire de Zahlé.
En écho à sa voix, celle, douce, d’une chanteuse venue du froid, Björk, murmurant sur Instagram : « Que mes compatriotes groenlandais passent d’un colonisateur cruel à un autre est trop brutal pour être imaginé... Chers Groenlandais, clamez votre liberté. Chaleureuse sympathie de vos voisins. »



Faut voir la série Borgen. Je suis sûr que D. Trump ou un de ses proches l'a vue.
13 h 58, le 04 février 2026