La camionnette touchée par une frappe israélienne à Doueir (Nabatiyé), le 1er février 2026. Photo relayée par notre correspondant Mountasser Abdallah
L’armée israélienne a poursuivi dimanche ses frappes contre le territoire libanais, tuant un homme et faisant plusieurs blessés, dont un adolescent, dans les cazas de Nabatiyé et de Saïda au Liban-Sud.
Ailleurs au Liban, dans la localité d’el-Qasr, dans la région de Hermel (Békaa-Nord) à la frontière libano-syrienne, l'armée libanaise a effectué une descente visant un individu recherché de la famille Jaafar, rapporte notre correspondante dans la région Sarah Abdallah. L’homme se trouvait dans une maison appartenant à des personnes affiliées au Hezbollah. Lorsque l’armée est intervenue pour procéder à la perquisition, des habitants se sont rassemblés pour s’y opposer, provoquant une vive tension. Un renfort militaire est rapidement intervenu et la situation a été aussitôt réglée pacifiquement, mais l’individu recherché avait entre-temps réussi à prendre la fuite.
Aux alentours de 14 heures, un drone de l'armée israélienne a abattu un homme, Ali Daoud Omais, alors qu'il circulait à bord d'une camionnette sur la route reliant les villages de Doueir et Ebba (caza de Nabatiyé), a rapporté notre correspondant dans la région Mountasser Abdallah. Le porte-parole arabophone de l’armée israélienne Avichay Adraee a affirmé que la victime était affiliée au Hezbollah. Le parti chiite n’avait pas encore réagi à l’opération en début de soirée. Cette frappe a aussi fait six blessés, dont une fillette de six ans ainsi que deux adolescents, a précisé le ministère de la Santé.
Plus tôt dans la journée, un jeune originaire du camp de réfugiés palestiniens de Aïn el-Héloué et habitant la localité de Ghaziyé, Wissam Badr, a été blessé dans une attaque de drone ayant touché deux pelleteuses à Qennarit (Saïda). Les engins procédaient au déblaiement des décombres laissés par une récente attaque israélienne survenue deux semaines plus tôt. Les engins de chantier sont régulièrement pris pour cible par l'armée israélienne depuis le début du cessez-le-feu le 27 novembre 2024, entravant les tentatives de reconstruction menées par les habitants dans les différentes régions du Liban-Sud. D'autres engins volants ont par ailleurs atteint la région de Jabbour (Jezzine), puis largué des grenades assourdissantes au-dessus des villages frontaliers de Yaroun (Bint Jbeil) et de Blida (Marjeyoun).
Tracts au-dessus de Bint Jbeil et survols aériens
Peu après, l’armée israélienne a largué des tracts au-dessus de Bint Jbeil à l’intention des habitants de la localité. Ces tracts prétendaient qu'un hôpital (sans préciser lequel) est utilisé par des « éléments terroristes » du Hezbollah, et appelaient la population à « ne pas s’en approcher ». Les messages adressés aussi aux combattants du parti chiite disaient : « Membres du Hezbollah, nous vous surveillons. Cessez les efforts de construction d’infrastructures terroristes. » Les tracts étaient accompagnés d’affiches présentant plusieurs combattants présumés du Hezbollah qualifiés de « martyrs », un terme employé par le parti pour désigner ses membres tués par l’armée israélienne.
L’hôpital du martyr Salah Ghandour, situé à Bint Jbeil, a rapidement réagi en dénonçant des accusations qu’il qualifie de « mensongères ». Dans un communiqué, la direction de l’établissement a condamné et rejeté ces allégations, y voyant « une menace directe visant son personnel et sa mission humanitaire ». Elle a estimé que les tracts largués « profèrent des menaces explicites à l’encontre de l’hôpital, sur la base d’allégations infondées et dénuées de toute crédibilité ». La direction a en outre rejeté catégoriquement toute tentative de ternir l’image de l’hôpital, soulignant que celui-ci s’acquitte de sa mission humanitaire en dehors de toute considération ou agenda militaire. De son côté, le ministère de la Santé a aussi condamné « les menaces israéliennes contre les hôpitaux du Sud », qu’il considère comme « une agression grave et une violation flagrante des lois et conventions internationales, en particulier du droit international humanitaire, qui garantit la protection des hôpitaux, des établissements de santé et des équipes médicales en toutes circonstances ». Le ministère a rappelé que « les hôpitaux sont des institutions strictement humanitaires, chargées de soigner les blessés et les malades sans aucune discrimination », ajoutant que « tout ciblage ou toute menace à leur encontre met en danger la vie des patients et du personnel médical et constitue un crime caractérisé, injustifiable sous quelque prétexte que ce soit ».
Des avions de chasse israéliens ont par ailleurs survolé à basse altitude plusieurs régions du Liban-Sud et de la Békaa, avant d’être entendus au-dessus de Beyrouth et ses banlieues, ainsi que dans plusieurs localités du Mont-Liban.
Deux maisons dynamitées à Rab el-Thalathine
À l'aube de dimanche, une force de l’armée israélienne s’était infiltrée sur plusieurs kilomètres depuis la frontière jusqu’à la localité de Rab el-Thalathine (Marjeyoun), où elle a dynamité deux maisons les réduisant en ruines. Des habitations voisines ont subi d’importants dégâts, selon notre correspondant. C’est dans cette même localité qu’une frappe de drone israélien a tué Ahmad Faqih, un activiste du Hezbollah, dont le parti a reconnu la mort dans la soirée. Ses obsèques ont eu lieu dans la journée.
Au même moment, un drone israélien a tiré sur une pelleteuse qui avait déjà été touchée lors d’une précédente attaque dans la localité de Aïta el-Chaab (Bint Jbeil). La municipalité a dénoncé cet acte dans un communiqué, précisant que deux avions israéliens ont pulvérisé « avec des substances suspectées d’être toxiques des arbres et des terrains agricoles », suscitant une vive inquiétude parmi les habitants. La municipalité a reporté ces développements aux autorités compétentes et appelé à un suivi urgent du dossier, ainsi qu’à la prise des mesures nécessaires pour protéger la sécurité des citoyens, leurs biens et leurs ressources agricoles.
Malgré le cessez-le feu, Israël occupe toujours au moins cinq positions en territoire libanais et poursuit ses attaques contre le Liban-Sud, prenant pour cible des combattants affiliés au parti chiite, mais aussi des civils, des habitations et des entreprises de construction. Samedi soir, un obus de mortier israélien était tombé à proximité de la ferme Chanouh, sur les hauteurs de la localité de Halta (Hasbaya).



Il serait intéressant pour certains de lire le livre de Marc Twain : " The innocents abroad. *Il parle très bien de la Palestine
19 h 16, le 02 février 2026