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Dernières Infos - Justice

Canal de Panama: CK Hutchison voit sa concession annulée, sa filiale conteste


Un navire traverse le canal de Panama près du port de Balboa. Photo REUTERS/Enea Lebrun

La Cour suprême du Panama a annulé la concession du Hongkongais CK Hutchison pour exploiter deux ports du canal, une décision contestée vendredi par une filiale du groupe, alors que les États-Unis cherchent à limiter la présence chinoise dans cette voie stratégique. L’assemblée plénière de la Cour a jugé jeudi « inconstitutionnelles » les lois en vertu desquelles CK Hutchison exploite les ports situés aux deux entrées du canal, selon un communiqué de l’institution consulté par l’AFP.

La nullité des contrats concernant les ports de Cristobal, côté Atlantique, et de Balboa, côté Pacifique, avait été demandée par la Cour des comptes panaméenne. Celle-ci avait déposé deux plaintes l’an dernier, estimant que ces contrats avaient donné lieu à des irrégularités. Ces plaintes avaient été introduites dans un contexte de fortes pressions de Donald Trump, qui avait menacé l’an dernier de reprendre le contrôle du canal, affirmant qu’il se trouvait sous l’influence de Pékin.

Vendredi, Panama Ports Company (PPC), filiale de CK Hutchison, a contesté le fondement juridique de la décision de la Cour suprême dans un communiqué. « La nouvelle décision (…) manque de fondement juridique et met en péril non seulement PPC et son contrat, mais aussi le bien-être et la stabilité de milliers de familles panaméennes qui dépendent directement ou indirectement de l’activité portuaire », a déclaré Panama Ports Company.

Le président panaméen, José Raúl Mulino, avait quant à lui qualifié à plusieurs reprises ces contrats de « léonins » et « contraires aux intérêts nationaux ». De son côté, le président américain exige désormais du Panama des conditions préférentielles pour l’utilisation du canal par les navires américains.

États-Unis et Chine principaux utilisateurs

Fondé par le milliardaire Li Ka-shing, CK Hutchison est l’un des plus grands conglomérats de Hong Kong, présent notamment dans la finance, le commerce de détail, les infrastructures, les télécommunications et la logistique. La filiale PPC gère les ports de Cristobal et de Balboa depuis 1997. Elle avait obtenu une première concession de 25 ans, prolongée pour une durée équivalente en 2021.

En janvier 2025, la filiale avait indiqué avoir versé 59 millions de dollars à l’État panaméen au cours des trois années précédentes et précisé que son personnel était presque entièrement panaméen.

Vendredi vers 05h40 GMT, le titre de CK Hutchison cédait 5,28 % à la Bourse de Hong Kong, à 62,80 dollars hongkongais.

En mars 2025, le groupe avait accepté de céder le contrôle des deux ports à un consortium mené par le fonds américain BlackRock. Toutefois, la transaction, regardée avec suspicion par la Chine, n’a toujours pas été finalisée. Construit par les États-Unis et inauguré en 1914, le canal est passé sous contrôle panaméen en 1999 dans le cadre de traités bilatéraux négociés sous la présidence du démocrate américain Jimmy Carter (1977-1981).

Les États-Unis et la Chine sont aujourd’hui les deux principaux utilisateurs de cette voie de 80 kilomètres reliant les océans Pacifique et Atlantique, par laquelle transite environ 5 % du commerce maritime mondial.

L’administration du canal de Panama a par ailleurs indiqué en novembre que plusieurs groupes chinois étaient intéressés par un appel d’offres visant à construire deux nouveaux ports le long de la voie.

La Cour suprême du Panama a annulé la concession du Hongkongais CK Hutchison pour exploiter deux ports du canal, une décision contestée vendredi par une filiale du groupe, alors que les États-Unis cherchent à limiter la présence chinoise dans cette voie stratégique. L’assemblée plénière de la Cour a jugé jeudi « inconstitutionnelles » les lois en vertu desquelles CK Hutchison exploite les ports situés aux deux entrées du canal, selon un communiqué de l’institution consulté par l’AFP.La nullité des contrats concernant les ports de Cristobal, côté Atlantique, et de Balboa, côté Pacifique, avait été demandée par la Cour des comptes panaméenne. Celle-ci avait déposé deux plaintes l’an dernier, estimant que ces contrats avaient donné lieu à des irrégularités. Ces plaintes avaient été introduites dans...