Les films qui ont marqué le septième art français en 2025, tous réunis aux César 2026. Photo DR
La course aux César 2026 s’ouvre sous le signe d’un hommage au cinéma dans ce qu’il a de plus fondateur. Avec dix nominations, Nouvelle Vague de Richard Linklater prend la tête des sélections dévoilées par l’Académie et s’impose comme le film le plus cité de cette 51e édition. Tourné en noir et blanc, le long métrage revient sur la genèse mouvementée d’À bout de souffle et sur l’éclosion du jeune Jean-Luc Godard en 1960, dans une reconstitution aussi érudite que vibrante, saluée lors de sa première mondiale en compétition à Cannes. Distribué en France par ARP Selection début octobre, il a réuni 133 000 spectateurs avant d’être acquis par Netflix pour les États-Unis.
Véritable lettre d’amour à la Nouvelle Vague, le film de Linklater est en lice dans les catégories majeures : meilleur film, réalisation, scénario original, photographie, montage, son, musique, costumes, ainsi que révélation masculine pour Guillaume Marbeck, troublant sosie du cinéaste suisse-français. Une reconnaissance massive qui confirme l’enthousiasme critique déjà manifesté lors des Prix Lumières.
Léa Drucker parmi les favorites
Derrière ce favori, plusieurs œuvres se disputent la place de challengers. L’Attachement de Carine Tardieu, Dossier 137 de Dominik Moll et L’Inconnu de la Grande Arche de Stéphane Demoustier totalisent chacun huit nominations. Le film de Demoustier, porté par Claes Bang dans la peau de l’architecte danois Otto von Spreckelsen, retrace la naissance de la Grande Arche de La Défense voulue par François Mitterrand et distingue également Swan Arlaud, Michel Fau et Xavier Dolan en seconds rôles. Le thriller politique de Moll, ancré dans le contexte des Gilets jaunes, place notamment Léa Drucker parmi les favorites pour le prix d’interprétation féminine.
Hafsia Herzi poursuit son ascension avec La Petite Dernière, chronique d’apprentissage récompensée à Cannes pour Nadia Melliti et auréolée du prix Louis-Delluc, qui cumule sept citations, dont celles de la mise en scène et du meilleur film. Thierry Klifa suit avec six nominations pour La Femme la plus riche du monde, librement inspiré de l’affaire Bettencourt, où Isabelle Huppert livre une composition déjà très commentée.
L'animation n'est pas en reste
La catégorie de la réalisation met en lumière deux voix féminines, Tardieu et Herzi, face à Linklater, Moll et Demoustier, dessinant un panorama plus équilibré que par le passé. Côté interprétation, la compétition s’annonce particulièrement dense : Huppert affrontera Leïla Bekhti (Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan), Valeria Bruni Tedeschi (L’Attachement), Léa Drucker (Dossier 137) et Mélanie Thierry (La chambre de Mariana).
À noter également la présence de Un simple accident de Jafar Panahi, tourné en persan mais produit en France, nommé pour le meilleur film et le scénario original, s’inscrivant dans la lignée des œuvres non francophones déjà distinguées par l’Académie, de Mustang à Emilia Pérez. L’animation n’est pas en reste avec Arco d’Ugo Bienvenu, raconté et produit par Natalie Portman, tandis que L’Étranger de François Ozon, pourtant sacré aux Lumières, ne récolte que quatre citations et reste absent des catégories reines.
Sur le plan international, les César du meilleur film étranger verront s’affronter des signatures majeures : Paul Thomas Anderson, Joachim Trier, Oliver Laxe, Kleber Mendonça Filho et Guan Hu.
La cérémonie, qui se tiendra exceptionnellement un jeudi, le 26 février, à l’Olympia et sera diffusée sur Canal+, sera présidée par Camille Cottin, avec Benjamin Lavernhe en maître de cérémonie. L’Académie a également annoncé qu’un César d’honneur serait remis à Jim Carrey, icône de la comédie américaine des années 1990, de The Mask à Dumb and Dumber.
Les nominations principales
César de la meilleure réalisation
Carine Tardieu pour « L’attachement »
Dominik Moll pour « Dossier 137 »
Stéphane Demoustier pour « L’inconnu de la Grande Arche »
Richard Linklater pour « Nouvelle Vague »
Hafsia Herzi pour « La petite dernière »
César de la meilleure actrice
Leïla Bekhti dans « Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan »
Valeria Bruni Tedeschi dans « L’attachement »
Léa Drucker dans « Dossier 137 »
Isabelle Huppert dans « La femme la plus riche du monde »
Mélanie Thierry dans « La chambre de Mariana »
César du meilleur acteur
Claes Bang dans « L’inconnu de la Grande Arche »
Bastien Bouillon dans « Partir un jour »
Laurent Lafitte dans « La femme la plus riche du monde »
Pio Marmaï dans « L’attachement »
Benjamin Voisin dans « L’Étranger »
César de la meilleure actrice dans un second rôle
Jeanne Balibar dans « Nino »
Dominique Blanc dans « Partir un jour »
Marina Foïs dans « La femme la plus riche du monde »
Ji-Min Park dans « La petite dernière »
Vimala Pons dans « L’attachement »
César du meilleur acteur dans un second rôle
Swann Arlaud dans « L’inconnu de la Grande Arche »
Xavier Dolan dans « L’inconnu de la Grande Arche »
Michel Fau dans « L’inconnu de la Grande Arche »
Pierre Lottin dans « L’Étranger »
Raphaël Personnaz dans « La femme la plus riche du monde »


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