Le secrétaire d'État américain Marco Rubio s'exprimant lors de la réunion du « Conseil de paix » pendant la réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF) à Davos, le 22 janvier 2026. Photo Fabrice COFFRINI / AFP
Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, devrait avertir mercredi que les Etats-Unis pourraient de nouveau avoir recours à la force si le Venezuela ne se plie pas aux souhaits de Washington, quelques semaines après la capture spectaculaire de Nicolas Maduro.
« Ne vous y trompez pas, comme l'a déclaré le président (Donald Trump), nous sommes prêts à recourir à la force pour garantir une coopération maximale si les autres méthodes échouent », indique le texte du discours qu'il doit prononcer devant une commission parlementaire, qui a été distribué à l'avance mardi.
Parlant de la dirigeante par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, avec laquelle l'administration Trump s'est très vite accommodée, Marco Rubio souligne qu'elle « est bien consciente du sort réservé à Maduro ».
« Nous pensons que son intérêt personnel correspond à la réalisation de nos principaux objectifs », doit encore dire le secrétaire d'Etat devant la commission des Affaires étrangères du Sénat dans une menace à peine voilée, alors que Mme Rodriguez est toujours sous le coup de sanctions américaines.
Après son discours devant une commission du Sénat, le ministre américain des Affaires étrangères doit rencontrer à huis clos l'opposante et lauréate du Nobel de la Paix Maria, Corina Machado, a indiqué le Département d'Etat.
Le président socialiste Nicolas Maduro a été capturé le 3 janvier, ainsi que son épouse, lors d'une opération militaire spectaculaire à Caracas, puis emmené et emprisonné aux Etats-Unis où il est inculpé pour narcotrafic.
L'opposition démocrate a accusé l'administration Trump d'avoir outrepassé ses prérogatives, sans autorisation du Congrès.
L'ex-vice-présidente de M. Maduro a été investie cheffe de l'Etat par intérim le 5 janvier mais Donald Trump a clairement annoncé que Washington entendait « dicter » les décisions du Venezuela jusqu'à nouvel ordre.
« Les ordres de Washington aux politiques vénézuéliens, ça suffit », a affirmé dimanche Delcy Rodriguez.
Sous pression américaine, Mme Rodriguez a signé des accords pétroliers avec les Etats-Unis, engagé une réforme législative comprenant notamment une loi sur les hydrocarbures, libéré des prisonniers politiques et appelé à trouver des accords avec l'opposition.
La semaine dernière, la Maison Blanche a annoncé vouloir inviter Delcy Rodríguez aux Etats-Unis, sans fixer de date. Cela a suivi un entretien téléphonique entre Donald Trump et elle, et après plusieurs déclarations élogieuses du président américain à son égard.
Défendant l'opération militaire, M. Rubio relève qu' « il n'y a pas de guerre contre le Venezuela et nous n'avons pas envahi le pays ».
« L'histoire offre peu d'exemples où autant a été accompli à si peu de frais », a-t-il dit. « Tout cela a été accompli sans la perte d'une seule vie américaine », se félicite-t-il.
Une centaine de gardes vénézuéliens et cubains ont été tués dans l'opération américaine.


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