Une photo prise depuis le village de Maroun el-Ras, dans le sud du Liban, montre un mur de béton que l'armée israélienne a commencé à construire au sud de la Ligne bleue, qui sépare le Liban et Israël, le 12 novembre 2025. Photo d'archives RABIH DAHER/AFP
Les médiations et pressions diplomatiques se poursuivent autour du dossier libanais. Lundi, les ambassades américaines au Liban et en Israël ont annoncé œuvrer pour une « une paix durable » entre les deux pays, dans un message publié par l'ambassade américaine à Beyrouth sur son compte X.
« Les ambassades des États-Unis à Beyrouth et en Israël sont engagées à accompagner le Liban et Israël vers une paix durable et efficace par la diplomatie et le dialogue », écrit l'ambassade. Dans ce cadre, elle précise que des représentants des ambassades américaines au Liban et en Israël se sont réunies ce week-end à l’ambassade des États-Unis en Jordanie et « ont discuté des étapes nécessaires à l’avènement d’une région plus pacifique et plus prospère ».
Ce message inédit intervient à l'heure où les réunions du « mécanisme » de cessez-le-feu au Liban, auquel participent des représentants libanais et israéliens militaires et civils, sont temporairement à l'arrêt. C'est au sein de ce comité que des pourparlers entre officiels civils israéliens et libanais ont eu lieu en décembre, les premiers depuis plus de 40 ans entre les deux pays. Cette annonce survient également dans un contexte de crainte persistante d’une offensive israélienne d’envergure au Liban.
Retour des habitants du Sud
Lundi, le représentant civil libanais au sein du « mécanisme », l'ancien diplomate Simon Karam, a déclaré à la chaîne saoudienne al-Hadath avoir « proposé le retour des habitants du Sud comme base de notre position (libanaise) dans les négociations » avec Israël, au sein du comité. « Nous nous attachons au mécanisme de la commission de cessez-le-feu et demandons qu’elle se réunisse prochainement », a-t-il souligné. Deux rencontres prévues en janvier ont été reportées.
La destruction de nombreux villages frontaliers par Israël, suite à l’ouverture du « front de soutien » à Gaza par le Hezbollah, le 8 octobre 2023, empêche toujours le retour de milliers d’habitants du Liban-Sud à leurs foyers. Malgré l’accord de cessez-le-feu entré en vigueur fin novembre 2024, la reconstruction des zones lourdement bombardées par Israël, notamment au Liban-Sud et la Békaa, n’a pas encore commencé. Le Hezbollah remet la responsabilité de la reconstruction sur l’État libanais. Estimée à plusieurs milliards de dollars, elle nécessite l’aide de la communauté internationale, qui demande au préalable le désarmement du Hezbollah pour débloquer des fonds.
M. Karam a aussi déclaré l’armée libanaise « est la seule à démanteler la structure militaire du Hezbollah ». « Le Hezbollah n’a fourni aucune information à l’armée sur ses armes et ses installations », a-t-il ajouté. Le parti chiite pro-iranien a dit coopérer avec l’État libanais pour son désarmement au sud du Litani et la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) aide la troupe à localiser les installations militaires. M. Karam s'est aussi entretenu lundi en journée avec le Premier ministre libanais Nawaf Salam.
Le Hezbollah refuse de remettre ses armes au nord du Litani. Il se dit être prêt à discuter d'une « stratégie de défense nationale » après le retrait israélien des cinq points encore occupés au Liban-Sud, et la fin des bombardements presque quotidiens sur le territoire libanais. Il est par ailleurs opposé à toute négociation politique avec Israël.


