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Société - Liban

Francesca Albanese ne parlera pas à l'AUB : une décision « légale » et non politique, se défend l'université

L'Université américaine a été tenue de prendre cette décision, sous peine de s'exposer à des « « risques institutionnels majeurs. » L'experte, sanctionnée par Washington, dit avoir du reporter une visite dans la région « pour des raisons personnelles ».

Francesca Albanese ne parlera pas à l'AUB : une décision « légale » et non politique, se défend l'université

La Rapporteuse spéciale de l'ONU Francesca Albanese. Photo d'archives AFP / Fabrice COFFRINI

Après un « outrage » en ligne concernant une décision qu'aurait prise l'Université américaine de Beyrouth (AUB) d'empêcher à la rapporteuse spéciale des Nations unies Francesca Albanese de s’exprimer sur le campus, l'établissement universitaire s'est défendu dimanche, affirmant être tenu de se conformer à la loi américaine et évoquant une décision légale et non politique.

Depuis deux jours, des internautes ont dénoncé une telle décision qui aurait été prise par l'AUB, et critiqué une atteinte à la liberté d'expression voire des « pressions américaines » ayant empêché la participation à une conférence de Mme Albanese. Cette dernière, qui travaille principalement sur les questions de droits de l'homme dans les territoires palestiniens, est depuis juillet 2025 sous le coup de sanctions de l'administration américaine, pour ses critiques et accusations régulières contre Israël. Elle fait partie notamment des experts qui accusent l’État hébreu de commettre depuis 2023 un génocide à Gaza.


Liste des sanctions américaines

Dans un communiqué publié dimanche après-midi, l'Université américaine de Beyrouth affirme qu'aucun événement n'avait été planifié, qui aurait inclus la participation de la rapporteuse spéciale, puis annulé. « Comme toute personne invitée à intervenir à l’AUB, Mme Albanese est soumise à des procédures habituelles de vérification », précise le texte, qui rappelle que l'AUB fonctionne dans le cadre d'une « charte délivrée par le département de l’Éducation de l’État de New York ». Dans ce cadre, l'université doit respecter autant la législation libanaise qu'américaine. Or, « en vertu du droit américain, toutes les personnes et entités avec lesquelles l’université interagit doivent être contrôlées au regard de la liste des personnes spécialement désignées et des personnes bloquées (Specially Designated Nationals and Blocked Persons – SDN). » Liste sur laquelle se trouve donc le nom de l'experte.

L'AUB a ajouté que ses décisions concernant les événements sur le campus sont donc guidées « par des impératifs de conformité légale, et non par l’adhésion ou l’opposition aux opinions de qui que ce soit », et qu'elle ne pouvait donc pas « légalement inviter » Francesca Albanese. Sous peine de quoi, l'université se serait vue exposée à des « risques institutionnels majeurs, des conséquences juridiques potentielles pour son personnel » ou encore des risques pour le « soutien aux étudiants et la recherche des enseignants-chercheurs au bénéfice de l’ensemble de la région. » Malgré ces risques et impératifs juridiques et légaux, l'université a encore rappelé être « profondément attachée à la liberté d’expression et à l’échange intellectuel ouvert. »

Dans un message posté sur son compte sur X à l'attention de ses « amis au Liban », la rapporteuse spéciale a regretté ne pas pouvoir venir à Beyrouth, précisant que l'AUB n'a pas « annulé » sa venue. « J'ai dû reporter ma visite dans la région pour des raisons personnelles », a-t-elle ajouté, sans plus de détails. « Je serai bientôt là et suis reconnaissante aux collègues de l'AUB pour leur soutien dans l'organisation des événements à Beyrouth », a-t-elle dit.

Une conférence en février 2025

En février 2025, plusieurs mois avant d'être sanctionnée par Washington, la rapporteuse spéciale avait donné une conférence organisée par le « Palestine Land Studies Center » (PLSC) de l'AUB. Aucun événement avec le nom de Mme Albanese n'est en revanche annoncé par l'université pour le mois de janvier. Le PLSC se définit sur ses réseaux sociaux comme le « premier centre universitaire dédié à l'étude critique de la terre et des droits palestiniens à travers la recherche, l'enseignement et la défense de ces droits. »

Dans le communiqué du secrétaire d’État américain Marco Rubio annonçant les sanctions à l'encontre de Francesca Albanese, il l'accusait de mener des « activités biaisées et malveillantes », d'être antisémite et d'avoir « « exprimé son soutien au terrorisme et affiché un mépris manifeste pour les États-Unis, Israël et l’Occident. » Les sanctions avaient été prononcées dans le cadre de celles imposées également à la Cour pénale internationale, qui avait émis des mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant. Les autorités israéliennes demandent régulièrement que l'experte soit démise de ses fonctions.

Après un « outrage » en ligne concernant une décision qu'aurait prise l'Université américaine de Beyrouth (AUB) d'empêcher à la rapporteuse spéciale des Nations unies Francesca Albanese de s’exprimer sur le campus, l'établissement universitaire s'est défendu dimanche, affirmant être tenu de se conformer à la loi américaine et évoquant une décision légale et non politique.Depuis deux jours, des internautes ont dénoncé une telle décision qui aurait été prise par l'AUB, et critiqué une atteinte à la liberté d'expression voire des « pressions américaines » ayant empêché la participation à une conférence de Mme Albanese. Cette dernière, qui travaille principalement sur les questions de droits de l'homme dans les territoires palestiniens, est depuis juillet 2025 sous le coup de...
commentaires (11)

EH BIEN, QU'ELLE AILLE FAIRE SA CONFÉRENCE À L'USJ DANS CE CAS !

Chucri Abboud

16 h 09, le 27 janvier 2026

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Commentaires (11)

  • EH BIEN, QU'ELLE AILLE FAIRE SA CONFÉRENCE À L'USJ DANS CE CAS !

    Chucri Abboud

    16 h 09, le 27 janvier 2026

  • Eh bien qu'elle parle donc à L'USJ !

    Chucri Abboud

    14 h 10, le 27 janvier 2026

  • Sanctionnee pour avoir clairement dit la verite ( avoir appele le Genocide contre les Palestiniens par son NOM ! ) Quant aux pays occidentaux dits democratiques, L,HYPOCRISIE et L,INIQUITE sont leur pain de tous les jours.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    11 h 23, le 26 janvier 2026

  • il n'est pas surprenant du tout d'entendre, de lire tant de recriminations, d'accusations lancees contre les etats unis d'amerique d'occuper le liban, etc..... rarement pointer du doigt le liban lui-meme-je dis ses dirigeants - qui hypothèquent le pays a qui mieux... pour leurs interets personnels . mais s'agissant de D Trump(les usa) wowwww le diable en personne .

    L’acidulé

    10 h 35, le 26 janvier 2026

  • Le Liban est un departement américain ?

    nabil samir

    09 h 55, le 26 janvier 2026

  • Pour revenir au cœur du sujet sur la liberté d’expression au sein des institutions universitaires, surtout dans des domaines qui n’ont rien de science exacte, tels les Sciences politiques, etc. Pourquoi les débats hystérisés entre profs d’unifs, et pas qu’eux, dès qu’on aborde le conflit Palestine/Israël, et dès que les morts relèvent de la statistique? Je me cette pose cette question en ayant le "cœur lourd" ! J’attends voir si un(e) abordera de nouveau la vulnérabilité de la liberté académique après l’épisode de l’annulation à Sciences Po-Paris. Le terrorisme intellectuel est de quel côté ?

    nabil

    04 h 37, le 26 janvier 2026

  • Une chose est sûre, madame Albanese, comme madame Ortagus ont des amis au Liban ! L’expression "amis au Liban", me sautait aux yeux dans les années 80 du siècle dernier quand une journaliste de la presse écrite (connue et reconnue pour son professionnalisme) abordait dans ses reportages sur le Liban par une interrogation : "que sont devenus nos amis ?". Je n'invente rien, on peut lire ses archives. Ses amis furent les arafatistes, les Palestiniens et leurs pros. Que Dieu protège les amis Libanais, denrée tellement rare qu’elle est très chère, pour ne pas dire hors prix.

    nabil

    04 h 00, le 26 janvier 2026

  • Où est le problème ? Francesca Albanese, qui "a des amis au Liban", précise dans son message que l’AUB n’a pas annulé sa venue, et que le voyage n’aura pas lieu pour des raisons personnelles. Du haut de son poste, dira-t-elle autre chose que lors de sa venue au Liban encore en guerre ; (entre deux cessez le feu) sans tenir compte de la censure et de l’autocensure. ""Les risques institutionnels majeurs"" seront réels et toucheront le projet AUB Mediterraneo à Paphos-Chypre, et à son financement ? Alors la fiction devient réalité le jour du transfert de tout le campus vers Chypre ?

    nabil

    03 h 44, le 26 janvier 2026

  • Lebanon is under US occupation.

    Mireille Kang

    23 h 43, le 25 janvier 2026

  • D É S O L A A A N T Même au Liban, le spectre contrôlant de Trump exerce sa tutelle… Mélanger culture et négation de l’histoire est abject… et quoi que feront ces puissances destructrices, le peuple palestinien demeurera présent et la tête bien bien haute!

    Christian Samman

    21 h 13, le 25 janvier 2026

  • Et la conformité "légale" avec Trump est le muselage de toute vérité qui le dérange, cela va même au delà des états unis, aujourd'hui il n'est pas question de se positionner contre les massacres qui se déroulent à Gaza au risque de se faire traiter d'antisémite etc ... il en est de même quand on accuse les barbus jaunes on est qualifié de traitre à la solde d'israël etc ... donc le monde ne tourne pas rond, il est en faillite morale et humaine.

    Zeidan

    20 h 04, le 25 janvier 2026

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