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Société - Liban-Sud

Concert de condamnations de responsables politiques au Liban après les frappes israéliennes

Le chef du Législatif en appelle à « l’unité nationale », le ministre Paul Morcos rappelle que « cibler des journalistes est strictement interdit. »

Concert de condamnations de responsables politiques au Liban après les frappes israéliennes

Un homme se tient au milieu des décombres à Qennarit, au Liban-Sud, au lendemain des raids israéliens ayant visé plusieurs villages, le 22 janvier 2025. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour

Face à l'ampleur des destructions causées par les frappes israéliennes au Liban-Sud mercredi soir, dans les cazas de Saïda et Nabatiyé, qui ont fait une vingtaine de blessés dont des journalistes, un concert de condamnations se fait entendre de la part de responsables politiques au Liban. En écho à la vive condamnation du président de la République, Joseph Aoun, le président du Parlement et chef du mouvement Amal, Nabih Berry, a appelé à « l'unité nationale » face aux attaques israéliennes. M. Berry a estimé que « les communiqués de condamnation et de dénonciation ne suffisent plus et ne sont plus efficaces pour protéger le Liban et les Libanais », soulignant que « ce qui sauve la patrie, libère son territoire et la protège face à l’agressivité israélienne, c’est l’unité nationale, puis encore l’unité nationale ».

Une position qu’a soutenu jeudi l’ancien ministre Wadih el-Khazen, doyen du Conseil central maronite. « Nous réaffirmons notre position, qui concorde pleinement avec celle du président du Parlement, Nabih Berry, lequel résume la réalité de l’étape actuelle et la gravité du défi, lorsqu’il a souligné que les communiqués de condamnation et de dénonciation ne sont plus efficaces, et que ce qui protège le Liban, préserve sa dignité et libère son territoire, c’est l’unité nationale » a-t-il écrit.

M. Berry a par ailleurs donné des instructions aux services de la Défense civile relevant des Scouts de la Mission islamique, au Bureau des services sociaux du mouvement Amal ainsi qu’aux municipalités concernées afin de « mettre l’ensemble de leurs moyens à la disposition des familles dont les maisons ont été détruites et qui se retrouvent sans abri », afin de leur assurer « une aide immédiate ». Il a enfin souhaité « un prompt rétablissement aux blessés », en particulier aux journalistes, appelant de nouveau à « la conjugaison des efforts nationaux pour faire face aux défis actuels ».

Plus de 50 familles auraient perdu leurs maisons dans les bombardements israéliens mercredi soir, selon notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah, qui cite des habitants et des sources municipales. Au moins quatre journalistes ont par ailleurs été légèrement blessés par des éclats de pierre lors des frappes israéliennes à Qennarit (caza de Saïda), alors qu’ils s’étaient pourtant postés à 300 mètres des zones mentionnées dans un ordre d’évacuation, rapporte notre correspondant.

Morcos fustige le ciblage de journalistes

Les ministres des Affaires sociales, Hanine el-Sayyed, et de l’Information, Paul Morcos, ont également fustigé les attaques israéliennes. « Nous condamnons avec la plus grande fermeté les agressions israéliennes qui ont visé aujourd’hui le Sud, ainsi que les lourdes tragédies qu’elles ont infligées aux civils. Au ministère des Affaires sociales, nous nous tenons aux côtés de nos concitoyens du Sud et de l’ensemble des Libanais touchés, en signe de solidarité et de soutien en ces moments difficiles », a écrit dans la soirée de mercredi Mme el-Sayyed sur son compte X.

De son côté, Paul Morcos a rappelé que « cibler des journalistes est strictement interdit », leur protection en temps de guerre étant encadrée par le droit international humanitaire. « Ces journalistes accomplissaient leur mission professionnelle au-delà de tout avertissement préalable, dans des zones résidentielles densément peuplées, éloignées des sites des frappes », a-t-il souligné. Il a contacté plusieurs directeurs d’institutions médiatiques, ainsi que des journalistes et des photojournalistes, afin de s’enquérir de leurs nouvelles après les bombardements israéliens. Il a également tenté de joindre d’autres journalistes présents sur le terrain, à la suite du bombardement israélien qui a visé la localité de Qennarit, dans le sud du Liban.

Le ministre s’est déclaré « solidaire du corps médiatique », condamnant l’exposition des journalistes aux dangers alors qu’ils accomplissaient leur devoir professionnel. Il a insisté sur « la nécessité de les protéger conformément aux lois et aux normes internationales, en particulier les quatre Conventions de Genève de 1949 et leurs protocoles additionnels de 1977, qui garantissent la liberté du travail médiatique et la protection des professionnels de ce secteur, et n’autorisent en aucun cas leur ciblage sous quelque prétexte que ce soit ».

Des responsables de Saïda condamnent

Par ailleurs, plusieurs députés des zones touchées ont réagi. C’est le cas notamment de Abderrahmane Bizri, député indépendant de Saïda. Il a averti sur les « graves répercussions humanitaires, sécuritaires et socio-économiques » de la « poursuite de ces agressions (israéliennes), notamment dans des zones civiles densément peuplées », appelant à « protéger les journalistes ». La députée de Saïda, Bahia Hariri, a fustigé de son côté dans un communiqué le fait qu’Israël « ne respecte aucun accord », après avoir visé « des populations civiles dans leurs villages et localités, causant des blessés parmi les civils et des journalistes », et provoqué « des destructions et des dégâts aux infrastructures civiles. »

L'ancien ministre des Affaires sociales, Hector Hajjar, a condamné également condamné pour sa part « la machine de mort et de destruction israélienne ». La Jamaa islamiya au Liban, parti représenté au Parlement par le député Imad Hout, et la Commission de défense des droits des réfugiés palestiniens au Liban ont tous deux dénoncé les attaques israéliennes, et plus particulièrement celle ayant ayant blessé des journalistes. L’association caritative islamique el-Makassed à Saïda a également critiqué Israël pour avoir blessé des journalistes lors de la frappe de Qennarit, dans un communiqué relayé par notre correspondant au Liban-Sud.

L'ancien Premier ministre Fouad Siniora, originaire de Saïda, a exprimé quant à lui « sa vive indignation et sa ferme condamnation » dans un communiqué. Il a également mis en garde contre « les intentions malveillantes qu’Israël nourrit en intensifiant son agression au moment de l’annonce par le gouvernement du lancement de la deuxième phase du rétablissement du monopole de l’État sur les armes, qui implique notamment de désarmer le Hezbollah au nord du Litani ».

L'État libanais pointé du doigt par des proches du Hezbollah

Sur un autre ton, le mufti jaafarite Ahmad Kabalan, proche du Hezbollah, tout en critiquant la force « brutale et perfide » israélienne, a également pointé du doigt le gouvernement libanais qui ne traiterait pas « le Sud comme s’il s'agissait de Beyrouth et de Baabda. » Avant d'appeler dans son message à ce que les autorités « assument pleinement leurs responsabilités » au Liban-Sud.

Le Parti socialiste nationaliste syrien, allié du Hezbollah, a également jugé que l'État libanais était « responsable » de cette situation du fait de sa passivité face aux frappes israéliennes et de son « incapacité à protéger » la population.

Alors que le comité de supervision du cessez-le-feu au Liban (dit le « mécanisme ») est temporairement à l’arrêt, et que deux rencontres prévues en janvier ont été reportées, l’armée israélienne, en dépit de la trêve conclue le 27 novembre 2024, occupe toujours au moins cinq positions en territoire libanais, et poursuit ses bombardements quotidiens au Liban-Sud et dans la Békaa.

Face à l'ampleur des destructions causées par les frappes israéliennes au Liban-Sud mercredi soir, dans les cazas de Saïda et Nabatiyé, qui ont fait une vingtaine de blessés dont des journalistes, un concert de condamnations se fait entendre de la part de responsables politiques au Liban. En écho à la vive condamnation du président de la République, Joseph Aoun, le président du Parlement et chef du mouvement Amal, Nabih Berry, a appelé à « l'unité nationale » face aux attaques israéliennes. M. Berry a estimé que « les communiqués de condamnation et de dénonciation ne suffisent plus et ne sont plus efficaces pour protéger le Liban et les Libanais », soulignant que « ce qui sauve la patrie, libère son territoire et la protège face à l’agressivité israélienne, c’est l’unité nationale, puis encore...
commentaires (6)

No condemnation from the right wing Christian Parties such as Lebanese Forces, Kataeb etc. These parties continue to justify Israeli aggression against fellow citizens.

Mireille Kang

19 h 10, le 22 janvier 2026

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Commentaires (6)

  • No condemnation from the right wing Christian Parties such as Lebanese Forces, Kataeb etc. These parties continue to justify Israeli aggression against fellow citizens.

    Mireille Kang

    19 h 10, le 22 janvier 2026

  • Tant que du côté libanais on continue à tergiverse les israéliens continueront, avec plaisir, de bombarder et détruire le Liban... symphonie funèbre...

    Wlek Sanferlou

    18 h 16, le 22 janvier 2026

  • Israël dit se défendre parce qu’il a tjrs existé au sud des organisations miliciennes depuis fatehland à ce jour. Qui envoient roquettes, missiles à partir de notre pays. Actuellement c une milice Iranienne de création qui prône la disparition de l’état israélien. Ok ils se défendent. MAIS les iraniens et leur bras armé : QU’EST-CE QU’IL FICHE ? Libérer JERUSALEM ? Mais au, liban, on s’en tape.. que d’autres le fassent à partir de leurs terresLe Hezbollah , actuellement, est la cause des misères de nos compatriotes du Liban sud. Si qq1 veut libérer quoique ce soit? Qu’il le fasse de chez lui.

    LE FRANCOPHONE

    18 h 15, le 22 janvier 2026

  • IL faut que Naim Kassem et Ahmad Kabalan commencent par aller eux meme au sud et defendent le sud-liban d'israel au lieu d'abreuver tout le monde d'ineptie et de foutaises

    Tawil aelta

    13 h 36, le 22 janvier 2026

  • Yaani quelqu'un devrait avertir mr morcos de cesser ses sorties futiles .

    L’acidulé

    13 h 20, le 22 janvier 2026

  • Les actes d'Israël sont inacceptables, certes, mais pour y mettre fin, il n'y a qu'un seul moyen: que Naïm Qassem cesse ses fanfaronnades et accepte de remettre ses armes à l'Etat. Sinon, cela va continuer, et les politiciens pourront condamner autant qu'ils veulent...

    Georges MELKI

    12 h 35, le 22 janvier 2026

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