Le président de la République, Joseph Aoun, s'entretient avec le chef du Courant patriotique libre (CPL), Gebran Bassil, à Baabda, le mercredi 21 janvier 2026. Photo publiée sur le compte X de la présidence libanaise/ @LBpresidency
Au lendemain de ses propos sur le monopole des armes, le président libanais Joseph Aoun a reçu, mercredi, le soutien des principaux chefs de file chrétiens ainsi que d'autres personnalités de cette communauté après ses prises de positon fermes sur le monopole des armes. Samir Geagea, Michel Moawad et Gebran Bassil ont, chacun à leur manière, apporté leur appui au chef de l’État dans un contexte de pressions croissantes exercées par le parti chiite.
« Puissent l’ensemble des forces politiques se rallier au programme qu’il a présenté », a ainsi écrit le chef des Forces libanaises (FL), tandis que le chef du Mouvement de l'Indépendance dénonçait une « campagne orchestrée d’accusations de trahison » visant le président, après ses « positions claires en matière de souveraineté ». De son côté, le leader du Courant patriotique libre (CPL, aouniste), pourtant farouche opposant à l’élection de Joseph Aoun en janvier 2025, a affirmé depuis Baabda qu’« un consensus s’est dégagé » avec le président sur « la question de l’unité de l’État, des institutions et des armes ».
Dans son discours mardi devant le corps diplomatique, Joseph Aoun a réaffirmé sa volonté que, dès la deuxième année de son mandat, « l’ensemble de notre territoire revienne sous l’autorité exclusive de l’État », en dépit de l’opposition du Hezbollah à tout désarmement au nord du Litani et des menaces proférées par son secrétaire général, Naïm Kassem. Début janvier déjà, le chef de l’État avait appelé le parti chiite à se montrer «raisonnable». Depuis septembre, l’armée libanaise met en œuvre un plan en cinq phases visant à consacrer le monopole des armes. Si l’infrastructure du Hezbollah a été démantelée au sud du Litani, le parti refuse toute remise d’armes au nord tant qu’Israël poursuit ses frappes et maintient cinq positions occupées dans le Sud.
Dans un message publié mercredi sur X, Samir Geagea a salué les propos « clairs et responsables » tenus la veille par Joseph Aoun sur le désarmement du Hezbollah. « Puissent l’ensemble des forces politiques se rallier au programme qu’il a présenté, afin que nous parvenions, dans les plus brefs délais, à l’État véritablement fonctionnel auquel les Libanais ont toujours aspiré », a-t-il écrit. Ce message intervient par ailleurs quelques jours après un appel entre MM. Geagea et Aoun, au cours duquel le leader chrétien a félicité le chef de l'État pour « la véritable impulsion sur la voie du rétablissement de l’État. »
Les propos de M. Geagea contrastent avec ceux qu'il avait prononcés il y a plus d'un mois, à l'adresse du président mais aussi de Nawaf Salam, chef du gouvernement, dont les FL font partie intégrante. Le chef des FL estimait alors que « la joie que les Libanais (avaient) ressentie à votre arrivée au pouvoir (...) ne s’est malheureusement pas encore concrétisée par une stabilité et une confiance dans l’avenir ». Une prise de position interprétée alors par certains observateurs comme un calcul électoraliste, à quelques mois des législatives, prévues en mai.
À Baabda, Bassil évoque « un consensus »
Mercredi, Gebran Bassil, chef du Courant patriotique libre, a rencontré le président de la République à Baabda, et affirmé sans détours son soutien au monopole des armes aux mains de l'État, et donc au désarmement du Hezbollah, son ancien allié. Farouchement opposé à l'accession au pouvoir de Joseph Aoun, et à la tête du principal parti d'opposition au gouvernement Salam, M. Bassil a affirmé depuis Baabda qu'« un consensus s’est dégagé (avec le chef de l'État) sur l’ensemble des questions soulevées, au premier rang desquelles la question de l’unité de l’État, des institutions et des armes, au Liban comme dans les autres pays ».
Gebran Bassil a ainsi acté son soutien au principe du désarmement du Hezbollah, avec lequel les relations se sont distendues, dans le sillage de l'ouverture du « front de soutien » au Hamas en octobre 2023. « Cette question s’inscrit dans le cadre de l’exclusivité des armes et de l’autorité confiée à notre armée libanaise nationale ; c’est un sujet fondamental sur la voie de l’édification de l’État » a ainsi poursuivi M. Bassil.
Soucieux alors de ne pas rompre complètement ses liens avec le parti chiite, Gebran Bassil avait qualifié en août 2025 la décision gouvernementale prise le même mois du monopole des armes de « honte » et évoqué un «document américain», en l'absence d'une « stratégie de défense nationale » pour pallier le désarmement du parti chiite. Signe d'une volonté de retour au premier plan de son parti, en perte de vitesse depuis l'élection de Joseph Aoun et sa non participation au gouvernement formé par Nawaf Salam en février 2025, Gebran Bassil a rencontré l'émissaire saoudien Yazid ben Farhane la semaine dernière. «Il y a une importante ouverture saoudienne à notre égard et ses effets se feront sentir prochainement» avait affirmé à L'OLJ un cadre du CPL.
Évoquant les tensions régionales, M. Bassil a insisté sur la nécessité d’une cohésion interne. « L’entente entre les Libanais est essentielle face aux risques de partition que nous observons dans la région », a-t-il déclaré, affirmant qu’« il est impossible de protéger le Liban si nous ne réaffirmons pas l’unité et la solidarité ».
Le chef du CPL a aussi abordé la question des élections législatives, prévues en mai, mais susceptibles d’être reportées à l’été, sur fond de bras de fer autour du vote des expatriés. Il a réaffirmé sa « position en faveur du respect des délais constitutionnels et de la loi en vigueur », tout en dénonçant un « projet visant à priver les Libanais de l’étranger de leur droit de vote ».
La question du vote des expatriés continue de diviser la Chambre. Le parti des FL, principal opposant du CPL, plaide pour que les expatriés votent pour les 128 députés en lice au Liban, comme lors des deux précédents scrutins. À l’inverse, le CPL et le tandem chiite Amal-Hezbollah défendent l’application stricte de la loi de 2017, qui prévoit six sièges parlementaires réservés à la diaspora, une option perçue comme plus favorable à leurs intérêts.
« Une campagne d’intimidation »
Le député de Zghorta Michel Moawad a, lui aussi, pris position en faveur du président. Mercredi, il a dénoncé «une campagne d’intimidation et d'accusations de trahison» orchestrée selon lui par le Hezbollah et ses alliés, contre le chef de l’État Joseph Aoun.
« Depuis plus de deux semaines, le président de la République Joseph Aoun est la cible d'une campagne orchestrée d'accusations de trahison, d'insultes, d'intimidations et de menaces de la part du Hezbollah et de ses partenaires de la ‘moumanaa’ (proches de l’Iran). Et ce après ses positions claires en matière de défense de la souveraineté de l'État et de son monopole sur les armes et la prise de décision stratégique. Des positions conformes à la Constitution, au discours de prestation de serment, à la déclaration ministérielle et aux résolutions internationales », a souligné sur X le député de Zghorta.
M. Moawad a de plus « condamné les tentatives du Hezbollah de renouer avec la menace, le chantage et la volonté d’asservir l’État, ses symboles et ses institutions ». « Le coût humain et financier de ces politiques pour le peuple libanais, pendant plus de trois décennies, est déjà considérable : assassinats, divisions, effusion de sang, destructions, corruption, appauvrissement et humiliations », a estimé le chef du Mouvement de l'Indépendance.
Réitérant son « rejet de cette campagne abjecte et méprisable », Michel Moawad a réclamé que tous ceux qui y participent soient traduits en justice. « Nous appelons également le Hezbollah à renoncer à cette voie suicidaire et à se joindre au projet de l'État, seul capable de protéger tous les Libanais et de remettre le Liban sur le chemin du salut, de la stabilité et de la prospérité », a-t-il conclu.




Même si ça n’est qu’une astuce parmi d’autres du gendron, c’est toujours ça de pris. Des fois avec des apparences on arrive à jongler en attendant l’heure de la vérité. Elle se rapproche à grand pas et il serait inutile de renier ses antécédents pour s’en sortir indemne. Des faits sont là pour leur rappeler tout le mal qu’ils ont causé à ce pays en s’acoquinant avec les fossoyeurs de leur pays en connaissance de cause et pour des fins bassement personnelles et viles. L’histoire n’oublie personne. Les bons comme les mauvais. Leur sort est scellé quoi qu’il advienne.
11 h 24, le 22 janvier 2026