Rima. L’art, le chat, et cette façon unique de tenir debout. Photo tirée du site web de l'artiste
Rima, il y avait dans ta voix et dans ton rire un bruit saisissant de grande souffrance surmontée par la joie. Une rugosité tempérée par la tendresse d’une enfance increvable. Ce mélange unique se retrouvait dans tes yeux où cohabitaient l’émerveillement et la terreur. Comment faisais-tu ? Je ne sais pas. C’est peu dire qu’il m’est impossible de te dire adieu ici. Je te dis simplement merci. Merci d’avoir existé et d’avoir tenu contre vents et marées. Merci d’avoir su créer de la beauté aux abords de l’horreur. Tu nous laisses une œuvre d’une authenticité rare où ta main ne recule jamais devant ce que tu vois. Et ce que tu vois n’est jamais déjà vu par d’autres. C’est une vison, ta vision. Elle va rester dans l’histoire. Les incendies, la maladie, les morts précoces et les guerres ont connu sous ton pinceau des enterrements flamboyants. Tu as confié à la nature le soin de réparer la part malade de notre humanité. Tes arums, tes cyclamens, tes tulipes, tes champs de jonquilles sont le paysage inoubliable d’un paradis perdu. Et puisqu’il est inoubliable, comme toi, je me dis que « perdu » n’est pas le mot puisque tu nous l’a laissé avant de nous quitter.

