Une cinquantaine de participants, qui, pour certains, ont depuis longtemps quitté les bancs de l’école, se sont réunis à la CESAO pour participer à une compétition de dictée en langue arabe. Photo DR
Jeunes et moins jeunes qui, pour certains, ont depuis longtemps quitté les bancs de l’école, se sont réunis pour participer à une compétition de dictée. Leur but ? Rendre hommage à la langue arabe célébrée chaque année le 18 décembre. Sous le thème de « Mastery is no mystery » (la maîtrise, ce n’est pas sorcier), les participants ont pu évaluer leurs compétences en arabe littéraire. Le texte, extrait des travaux d’Ibn Khaldoun, a été truffé de pièges par l’équipe en charge de la compétition afin de tester les connaissances des participants. Rimes, paronymes et homonymes étaient au rendez-vous afin de garantir les fous rires et les mines ahuries.
Abordant le passage d’une société active à l’oisiveté et la dégradation progressive des valeurs morales, le texte, qui date du XIVe siècle, retranscrit le cycle perpétuel de l’humanité. Beaucoup en écrivant les phrases se sont rendu compte que ce texte était en fait le reflet de notre société actuelle.
Des liens qui dépassent les hiérarchies
Les étudiants de l’École des traducteurs et interprètes de Beyrouth (ETIB) de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth (USJ) ont pu à travers cette expérience se mesurer à leurs enseignants et apprendre de nouveaux mots qui enrichiront leur vocabulaire. Mais cette compétition n’était pas uniquement le moyen de se mesurer aux autres. Certains employés de la CESAO en ont également profité pour relever un défi personnel.
À la fin de la compétition, tout le monde a été invité à participer à la correction afin d’étoffer ses connaissances. Pendant longtemps, surtout à l’école, l’erreur a été perçue comme une chose honteuse qu’il fallait à tout prix dissimuler. Mais cette fois-ci était différente : l’erreur s’est transformée en un apprentissage continu et ludique qui prouve que la différence entre la réussite et l’échec est la persévérance et l’emploi des erreurs afin d’évoluer et de devenir la meilleure version de soi-même. En outre, cette dictée a été le moyen de renouer avec certains moments de l’enfance que beaucoup ne portent pas dans leurs cœurs. Quoi de mieux que de transformer un moment désagréable en un souvenir mémorable grâce à un moment de complicité général ?
L’IA est là pour rester certes, mais l’humain n’est pas près d’aller aux oubliettes
Tout au long de cet événement une chose s’est imposée comme une certitude : l’intelligence artificielle (IA) accomplit de grandes choses mais ne produit pas de miracles. Elle ne peut donc pas remplacer les spécialistes qu’importent leurs domaines de spécialisation. Le raisonnement de l’intelligence artificielle manque et manquera toujours de discernement et de sensibilité, ces qualités humaines très recherchées. Alors oui, l’IA changera la nature du travail des traducteurs, des correcteurs, et même de tous les autres métiers, mais cette dictée a permis de rappeler que l’humain reste un élément-clé de cette équation.


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