Le président américain Donald Trump à l’aéroport international de Palm Beach, à West Palm Beach, en Floride, le 9 janvier 2026. Photo Nathan HOWARD/Reuters
Le président Donald Trump a été récemment informé de nouvelles options en vue de frappes militaires contre l’Iran, y compris sur des sites non militaires à Téhéran, alors qu’il envisage de mettre à exécution sa menace d’attaquer la République islamique sur fond d’intensification du mouvement de contestation contre le pouvoir et de craintes d'une répression brutale, indique le New York Times dans un article paru samedi, citant plusieurs responsables américains au fait du dossier.
« Aucune décision finale n’a toutefois encore été prise », indiquent ces sources au quotidien américain, qui précisent que le président des États-Unis « étudie sérieusement la possibilité d’autoriser une frappe » en réponse aux efforts du régime iranien visant à étouffer des protestations nourries par de profondes revendications économiques. Au moins 192 manifestants ont été tués en deux semaines de mouvement de contestation, a affirmé dimanche Iran Human Rights une organisation basée en Norvège, avertissant que le bilan pourrait être bien plus élevé, la coupure d'internet pendant plusieurs jours ayant rendu difficile le décompte.
« Divers scénarios ont été présentés au président, dont des frappes visant des sites non militaires à Téhéran », ont précisé des responsables au NYT, s’exprimant sous couvert d’anonymat.
Washington craint un « effet inverse » d’éventuelles frappes
Toujours selon le NYT, citant de hauts responsables américains, « au moins certaines des options présentées à Donald Trump concernant l’Iran cibleraient directement des composantes des forces de sécurité impliquées dans la répression violente des manifestations en cours ». Dans le même temps, ont-ils souligné, Washington doit veiller à ce que d’éventuelles frappes militaires n’aient pas « l’effet inverse », en « resserrant les rangs de la population iranienne autour du pouvoir », ou « ne déclenchent des représailles susceptibles de menacer le personnel militaire et diplomatique américain dans la région ».
Un haut responsable militaire américain a également indiqué au journal que «les commandants déployés dans la région souhaiteraient disposer de davantage de temps avant toute attaque éventuelle, afin de consolider les positions militaires américaines et de préparer les défenses face à d’éventuelles frappes de représailles iraniennes» . Selon des responsables américains, « toute action militaire devrait trouver un équilibre entre la volonté de Donald Trump de sanctionner le pouvoir à Téhéran en cas de répression des manifestants et la nécessité de ne pas aggraver la situation ».
Interrogée par le journal sur la planification de frappes potentielles, la Maison Blanche a renvoyé aux déclarations publiques et aux messages sur les réseaux sociaux de M. Trump ces derniers jours. « Il me semble que le peuple est en train de prendre le contrôle de certaines villes, ce que personne n'aurait cru possible il y a encore quelques semaines », a lancé vendredi le président, estimant que l'Iran avait « de gros problèmes ». La veille, il avait réitéré ses menaces de « frapper très fort » en cas de vague de répression meurtrière, saluant «l'enthousiasme» des Iraniens « pour renverser ce régime ». « Les États-Unis soutiennent le courageux peuple iranien », a écrit samedi sur X le secrétaire d'État américain, Marco Rubio.
Alors que le mouvement de contestation, déclenché à Téhéran le 28 décembre par des commerçants dénonçant la cherté de la vie et la dépréciation de la monnaie, s’est étendu à de nombreuses villes et a pris de l’ampleur ces derniers jours, le président américain a répété samedi que Washington se tenait « prêt à aider ». Ces manifestations sont les plus importantes en Iran depuis celles survenues après la mort en 2022 de Mahsa Amini, arrêtée pour avoir enfreint le strict code vestimentaire féminin. Elles éclatent au moment où le pays est affaibli après la guerre avec Israël et les coups portés à plusieurs de ses alliés régionaux, tandis que l'ONU a rétabli en septembre des sanctions liées au programme nucléaire iranien. Les menaces du président américain interviennent, un peu plus de six mois après avoir ordonné, en juin dernier, des frappes contre trois sites nucléaires iraniens.




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