Le ministre de l'Énergie et de l'Eau, Joe Saddi (2e à droite) signant le contrat de l’attribution de l’accord d’exploration et d’exploitation dans le bloc 8 de la zone économique exclusive libanaise au consortium formé par le français TotalEnergies, l’italien Eni et Qatar Energy, aux côtés des représentants de ces sociétés, le 9 janvier 2026. Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Deux mois et demi après la ratification en Conseil des ministres de l’attribution de l’accord d’exploration et d’exploitation dans le bloc 8 de la zone économique exclusive libanaise (ZEE) au consortium formé par le français TotalEnergies, l’italien ENI et Qatar Energy, ce texte a été officiellement signé vendredi par toutes les parties concernées.
À peine approuvée en octobre dernier, cette décision avait immédiatement fait polémique dans les médias locaux, qui ont évoqué les conditions moins favorables imposées par le consortium et acceptées par le gouvernement. Cela, dans un contexte de bataille politique entre le Courant patriotique libre, qui avait mainmise sur le ministère de l’Énergie et de l’Eau pendant plus de quinze ans, et son rival chrétien des Forces libanaises, de qui relève désormais ce ministère, et alors que ce même consortium avait déjà mené deux forages dans la ZEE libanaise, dans les blocs 4 et 9, sans y trouver des quantités commercialement exploitables.
« Dans les plus brefs délais »
L’une des interrogations principales portait sur le remplacement de la société TGS, supposée réaliser l’étude sismique 3D sur les 1 200 m2 du bloc 8 gratuitement et dans un délai relativement court (récupérant ses frais en revendant les données collectées et leur analyse à des sociétés pétrolières tierces), par ce consortium qui dispose, lui, d’un délai de trois ans pour finaliser cette étude. Une fois ce délai de trois ans passé, le consortium disposera de deux années supplémentaires pour y forer un puits. Un point qui justifie le changement de sociétés, malgré le délai plus long, et sur lequel mise le ministre de l’Énergie et de l’Eau, Joe Saddi, afin d’augmenter l’attractivité de la ZEE libanaise. « Le Liban a tout intérêt à mener des activités d’exploration pétrolière dans ses eaux territoriales plutôt que de laisser nos blocs en état d’inactivité. C’est dans cet objectif que nous avons agi » en faveur d’un accord incluant ces deux phases avec le consortium, justifiait Joe Saddi en octobre à L’Orient-Le Jour.
Suite à la signature de ce contrat vendredi, le ministre a souligné que « cette étape confirme une nouvelle fois l’engagement du consortium à poursuivre les activités d’exploration au Liban malgré tous les défis, et reflète la confiance continue dans le potentiel pétrolier des eaux maritimes libanaises ». Quant au lancement de l’étude sismique, étape nécessaire pour désigner les endroits les plus favorables pour des forages, Joe Saddi a exprimé l'espoir que le consortium la préparera et la mettra en œuvre « dans les plus brefs délais ».
En plus de sa licence pour le bloc 8, le consortium détient également le droit d’exploration et d’exploitation pour le bloc 9. S’il y avait foré un puits en 2023 – sans pour autant y trouver du gaz en quantité commercialement exploitable – il n’avait toujours pas remis au ministère de l’Énergie son rapport officiel comme cela était prévu dans le contrat. Or, selon Joe Saddi, cela est désormais chose faite, avec pas mal de retard. « Un rapport officiel nous est parvenu et se trouve au ministère et à l'Autorité de l'énergie (LPA) », précisait-il au cours de cette conférence.
Outre l’officialisation du contrat pour l’exploration et l’exploitation du bloc 8, le ministre a également saisi l’occasion pour annoncer « la préparation du dossier de lancement du quatrième round d’octroi de licences », alors que huit des dix blocs libanais (à l’exception des blocs 8 et 9) ne sont pas attribués. « Nous œuvrons à l’élaboration du cahier des charges afin d’attirer les compagnies internationales à investir dans ces blocs (…) et de renforcer les activités d’exploration et d’exploitation au Liban », a-t-il poursuivi.
Installation d'une FSRU
Plus tôt dans la journée, le chef de l’État Joseph Aoun avait reçu une délégation de représentants de TotalEnergies en marge de la signature de ce contrat. Il a renouvelé devant ses visiteurs « la volonté de l’État libanais de fournir tout le soutien nécessaire pour faciliter le déroulement des travaux », selon un communiqué publié pour l’occasion.
Cette réunion a également abordé le sujet de l’installation d’une unité flottante de stockage et de regazéification (FSRU) dans les eaux territoriales, qui devrait probablement se situer à Deir Ammar (Nord), selon Joe Saddi, et dont l’objectif est d’assurer l’approvisionnement en gaz naturel des centrales électriques. Au cours de cette réunion, la délégation de TotalEnergies a fait savoir que « les travaux se poursuivent actuellement en coordination avec la partie qatarie afin de finaliser les aspects techniques liés au projet, avant de passer à la deuxième phase relative aux mécanismes de financement ». Dans ce cadre, la Société financière internationale (SFI, affiliée à la Banque mondiale) avait annoncé mi-novembre 2025 le lancement de « nouveaux investissements et engagements » au Liban pour une enveloppe d’au moins 80 millions de dollars, parmi lesquels est compris le développement d’une FSRU.




Espérons que le président aoun sera plus sérieux que son prédécesseur qui nous annonçait monts et merveilles grâce à lui. Un fait important à signaler, l’absence des grandes sociétés américaines toujours friandes de gaz et de pétrole ! Il serait intéressant d’avoir l’avis des spécialistes sur lanquestion. En tout cas un bon point pour le ministre. Prions saint charbel , car le gaz , si gaz il y a, pourrait éviter à nos enfants et petits-enfants de mendier comme nous le faisons.
07 h 06, le 10 janvier 2026