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Politique - Décryptage

Araghchi à Beyrouth, l’économie plutôt que la guerre ?


Au moment où un vent (violent) de contestation souffle sur la République islamique, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi mène une visite officielle à Beyrouth, en tant que première étape d’une tournée dans plusieurs États de la région. Comme à chaque fois qu’un responsable iranien se rend au Liban, la visite est porteuse de nombreux messages, mais celle-ci l’est encore plus que les précédentes. Elle intervient d’abord à un timing particulièrement délicat, pour l’Iran, pour le Liban, pour la région et peut-être même pour le monde entier, où on a le sentiment que de grands changements se préparent. Concernant le Liban, la visite de Araghchi intervient dans un climat de division interne et sur fond d’intensification des attaques israéliennes contre le Sud et la Békaa. Ce qui montre bien, d’une façon indirecte, que les Israéliens auraient préféré que cette visite n’ait pas lieu, indépendamment de son contenu, d’autant que l’un des objectifs des développements de cette dernière année était justement d’isoler la République islamique et de détruire l’« axe de la résistance ».

L’un des principaux messages de cette visite est donc celui du refus iranien de reconnaître que « l’axe de la résistance » est fini et que le Liban, après la Syrie, n’est plus dans sa « zone d’influence ». Certes, selon les informations qui ont filtré sur le contenu des entretiens entre le ministre iranien et les responsables libanais, les échanges ont été axés sur la nécessité de maintenir les relations dans un cadre diplomatique, basé sur le respect de la souveraineté de chaque pays et sur le refus de toute intervention dans les affaires internes. Mais cela ne remet pas en question l’impact de la tenue de cette visite qui montre d’abord la présence iranienne sur la scène libanaise, en dépit des derniers développements. D’ailleurs, le ministre iranien avait bien compris que ces sujets seraient évoqués. Il a donc insisté dans ses déclarations sur la volonté de son pays d’établir de bonnes relations avec toutes les composantes libanaises – pas seulement avec la communauté chiite, ou même avec une partie de cette dernière.

Mais l’élément le plus important dans cette visite c’est que Araghchi a tenu à se faire accompagner par une délégation économique. Selon l’avis de nombreux observateurs, cela indique, d’une part, la concrétisation de la volonté des autorités iraniennes d’élargir le champ de leurs relations au Liban, pour proposer des projets économiques dans plusieurs régions du pays. Ensuite, l’Iran veut faire des propositions concrètes pour la reconstruction du Sud et des autres régions détruites par les bombardements israéliens, dans un message de soutien clair à la communauté chiite et à l’environnement populaire du Hezbollah. Enfin, il s’agit d’une certaine manière de montrer que le soutien iranien au Liban ne se limite pas à l’aspect militaire, en particulier à l’appui au Hezbollah. Il faut préciser que lors de précédentes visites au Liban, les responsables iraniens avaient à plusieurs reprises proposé leur aide dans le dossier de l’électricité, pour la construction notamment de nouvelles centrales électriques qui contribueraient à combler les lacunes dans ce domaine. En 2022, alors que le Liban manquait dramatiquement de fuel pour faire fonctionner ses centrales électriques, l’Iran avait même envoyé des bateaux de fuel qui avaient débarqué leurs cargaisons au port syrien de Banias avant que celles-ci soient transportées au Liban. Cette démarche avait suscité la colère de l’ambassadrice des États-Unis à Beyrouth Dorothy Shea qui avait alors proposé aux autorités libanaises de leur donner une autorisation spéciale en dépit de la loi César, pour transporter du gaz égyptien et de l’électricité jordanienne vers le Liban via la Syrie. Finalement, cette autorisation n’est jamais arrivée et l’Iran n’a plus envoyé de nouvelles cargaisons. Aujourd’hui, le sujet de la production d’électricité a été de nouveau évoqué, avec en plus des projets économiques plus vastes. Selon des sources libanaises proches de l’Iran, le ministre et la délégation qui l’accompagne ne se font pas trop d’illusions sur la possibilité pour les autorités libanaises d’accepter ces propositions, d’autant que même si la loi César a été abrogée, la République islamique reste soumise à des sanctions américaines.

La démarche iranienne est donc plus symbolique qu’effective et il s’agit clairement d’un message adressé aux États hostiles au régime des mollahs dans le monde, et en particulier aux Américains et aux Israéliens, pour montrer que celui-ci tient bon et peut, en dépit de la grave crise économique qu’il traverse et qui est à l’origine de la contestation populaire, aider d’autres pays. Mais pour certains analystes, cette insistance iranienne sur le volet économique est peut-être annonciatrice d’une approche moins militaire dans le soutien au Hezbollah. À tous ceux qui l’ont sollicité sur cette question, le ministre a assuré que le Hezbollah est « maître de ses décisions et l’Iran n’intervient pas » à ce niveau. Araghchi n’a pas non plus été précis sur la possibilité d’une nouvelle guerre israélo-américaine contre son pays et contre le Liban. Mais la présence de la délégation économique donne une impression contradictoire avec les pronostics sur l’élargissement des attaques israéliennes.

Au moment où un vent (violent) de contestation souffle sur la République islamique, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi mène une visite officielle à Beyrouth, en tant que première étape d’une tournée dans plusieurs États de la région. Comme à chaque fois qu’un responsable iranien se rend au Liban, la visite est porteuse de nombreux messages, mais celle-ci l’est encore plus que les précédentes. Elle intervient d’abord à un timing particulièrement délicat, pour l’Iran, pour le Liban, pour la région et peut-être même pour le monde entier, où on a le sentiment que de grands changements se préparent. Concernant le Liban, la visite de Araghchi intervient dans un climat de division interne et sur fond d’intensification des attaques israéliennes contre le Sud et la Békaa. Ce qui montre...
commentaires (8)

Bas ils sont tombés sous le haut patronage du beau pere

Zampano

03 h 04, le 12 janvier 2026

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Commentaires (8)

  • Bas ils sont tombés sous le haut patronage du beau pere

    Zampano

    03 h 04, le 12 janvier 2026

  • … avait suscité la colère de l’ambassadrice des États-Unis à Beyrouth Dorothy Shea qui avait alors proposé aux autorités libanaises de leur “donner une autorisation spéciale”… Jamais les autorités libanaises ne sont tombées aussi bas.

    Hitti arlette

    20 h 25, le 10 janvier 2026

  • Lala land comme d'habitude.....quelle theorie rocambolesque pour trouver une issue a ce regime assassin et en voie de disparition!

    Cadmos

    13 h 56, le 10 janvier 2026

  • Décryptage à classer dans la catégorie farfelue

    Ras le bol

    12 h 54, le 10 janvier 2026

  • Seuls les adeptes des régimes totalitaires n’admettent pas la critique. Les « modérateurs »de l’OLJ semblent en faire partie

    Ras le bol

    10 h 45, le 10 janvier 2026

  • SERIEUX CE DECRYPTAGE ?

    L’acidulé

    10 h 17, le 10 janvier 2026

  • Araghchi est venu se mettre à l'abri au Liban où il pense qu'il sera protégé par le hezballah et le deep state.

    Moi

    10 h 12, le 10 janvier 2026

  • Un pays à genoux et sans ressources qui veut tisser des liens économiques avec un pays en faillite. C’est un peu ridicule. Le motif de la visite ne peut être que différent. Mais on ne sait pas encore ce que tout ce beau monde vient faire chez nous. Peut-être tout simplement mettre de l’ordre dans sa milice locale qui paraît-il part dans tous les sens. Ou bien faire à partir du Liban , son mea culpa pour plaire au terrible roi Trump.

    NG

    06 h 31, le 10 janvier 2026

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