Rechercher
Rechercher

Campus - Lingua Arabica

80 ans du CREA : un hommage vibrant à la langue arabe

Lors d’une soirée empreinte de poésie, de culture, de beauté, de savoir et de mémoire, le Centre, affilié à la faculté de langues et de traduction de l’USJ, a célébré son anniversaire.

80 ans du CREA : un hommage vibrant à la langue arabe

Au premier rang, de gauche à droite : la Pr Gina Abou Fadel Saad, le recteur, le RP François Boëdec, s.j., l’ancien recteur, le RP Salim Daccache, s.j., l’ancien ambassadeur du Liban auprès de l’Unesco, Khalil Karam, Carole Nehmé, Tom Young et son épouse. Photo DR

« L’arabe n’est pas un objet d’étude mais un lieu de relation, de rencontre, une idée qui a traversé des crises, des guerres, des exils et qui poursuit sa route », lance Carole Nehmé, directrice du Centre de recherches et d’études arabes (CREA), lors de l’ouverture de la cérémonie de célébration des 80 ans du CREA, le 20 novembre dernier, à la Bibliothèque orientale de l’Université Saint-Joseph. « Aujourd’hui, nous ne célébrons pas seulement un anniversaire, nous célébrons un souffle, une fidélité qui ne s’est jamais éteinte », souligne-t-elle encore, rappelant la vision du père André d’Alverny, s.j, fondateur du CREA, qui considérait la langue arabe comme « lieu de rencontre ».

C’est donc dans une ambiance conviviale et chaleureuse, comme le titre de la soirée l’indique – « CREA.80 : symphonie de mots et de lumières » – et sous le haut patronage du ministre de la Culture, Ghassan Salamé, en présence des révérends pères recteurs, le Pr Salim Daccache, s.j., et le Pr François Boëdec, s.j., de plusieurs personnalités, doyens, directeurs, enseignants, que ce 80e anniversaire a été célébré. Hommage vibrant à la langue arabe, l’événement a associé la recherche à l’art visuel, à la musique et à la poésie. Des toiles exposées du peintre britannique Tom Young, invité d’honneur – qui s’est exprimé sur son lien intime avec le Liban, qu’il décrit comme un pays « qui vous reconnaît avant que vous ne le reconnaissiez vous-même »–, ont montré « que la langue et la culture arabes touchent au-delà de la zone géographique où elles sont utilisées ». Un interlude musical a été proposé par deux jeunes étudiants, Jana Tarhini, au oud, et Romen Ayoub, à la derbaké. Ils ont parcouru les grands courants de la musique libanaise pour le plus grand bonheur de l’assistance, avant de terminer par un hommage à Ziad Rahbani. Cette rencontre a été également ponctuée par l’allégorie écrite par Carole Nehmé, « Quand la langue se souvient de son cœur » – interprétée en voix off par le Pr May Haddad, directrice du Certtal, Mme Nehmé et Adham

Dimashki –, qui a donné vie à un dialogue poétique entre la langue arabe et le centre. Elle a permis de retracer 80 ans d’histoire de ce centre de recherche à travers des photos issues du fonds de la Bibliothèque orientale, lieu emblématique.

« En préparant cet anniversaire, et grâce à l’aide du P. Francis Berkmeijer, s.j., j’ai eu l’occasion de me plonger dans les archives jésuites qui recèlent de petits bijoux », confie Carole Nehmé. « Pour bien avancer, il faut connaître son passé. C’était d’ailleurs le sens du slogan pour les 150 ans de l’USJ : ’’Nos racines, notre avenir’’. Cet événement a ravivé l’envie de reconstituer les archives du CREA à la faculté de langues et de traduction. »

Cette cérémonie a été également l’occasion de célébrer la jeunesse, à travers la remise des certificats du DALE (Diplôme arabe langue étrangère), à sept lauréats du collège Wellspring Learning Community, « les tout premiers à nous faire confiance et à participer à ce programme que nous avons conçu et lancé, et qui est basé sur les critères et les exigences du Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL). Cette certification unique atteste de la maîtrise approfondie de l’arabe dans sa forme standard moderne en tant que langue étrangère. », précise Mme Nehmé.

Former des jeunes qui croient au potentiel de la langue arabe

Tout au long de son existence, et depuis sa création en 1945, à Bickfaya, par le père André d’Alverny, s.j., ce centre religieux d’études arabes – qui était exclusivement destiné aux jésuites avant de s’ouvrir aux autres congrégations, puis aux laïcs pour devenir finalement, à Beyrouth, le Centre de recherches et d’études arabes – a toujours considéré la langue arabe comme un espace de dialogue, de pensée et de culture.

« Malheureusement, de nombreux étudiants libanais ne sont pas à l’aise avec la langue arabe, notamment sur le marché du travail. Or aujourd’hui, c’est une langue qui est fortement demandée. Ne pas la maîtriser est un handicap », souligne Mme Nehmé.

« Dans la crise économique que traverse le Liban, et étant donné les enjeux auxquels notre jeunesse est confrontée, l’USJ a l’ambition, à travers le CREA, de maintenir l’arabe au cœur de la formation universitaire, de faire aimer cette langue et de convaincre les étudiants qu’elle constitue un atout pour leur avenir, ajoute-t-elle. Notre mission, donc, aujourd’hui, est de former des jeunes qui croient au potentiel de cette langue arabe, en la montrant telle qu’elle est : riche, moderne, capable d’évoluer. Au CREA, nous enseignons donc l’arabe standard moderne non pas comme une langue figée, mais comme une langue vivante du quotidien et une langue qui avance. » Carole Nehmé conclut : « Résolument tourné vers l’avenir et fidèle à son héritage, le CREA continuera d’être un espace de transmission, de recherche et de création pour les générations à venir, confirmant que la langue arabe est toujours l’un des piliers de l’identité de l’USJ. »

C’est d’ailleurs en substance ce que la directrice du CREA a eu l’occasion de répéter au ministre, Ghassan Salamé, qui l’a reçue, à Sanayeh, le 17 décembre. Une rencontre, à la suite de « CREA.80 » et à la veille de la Journée mondiale de la langue arabe, qui a permis également d’évoquer, de manière plus approfondie, le rôle du centre dans l’enseignement de la langue arabe standard moderne, ainsi que du dialecte libanais. Point d’orgue de l’entrevue : le test de certification DALE (Diplôme arabe langue étrangère), élaboré et proposé par le centre qu’il faudrait promouvoir auprès des élèves des écoles, les défis auxquels sont confrontées les disciplines enseignées en sciences humaines et l’importance de les soutenir au sein de l’enseignement supérieur.

« L’arabe n’est pas un objet d’étude mais un lieu de relation, de rencontre, une idée qui a traversé des crises, des guerres, des exils et qui poursuit sa route », lance Carole Nehmé, directrice du Centre de recherches et d’études arabes (CREA), lors de l’ouverture de la cérémonie de célébration des 80 ans du CREA, le 20 novembre dernier, à la Bibliothèque orientale de l’Université Saint-Joseph. « Aujourd’hui, nous ne célébrons pas seulement un anniversaire, nous célébrons un souffle, une fidélité qui ne s’est jamais éteinte », souligne-t-elle encore, rappelant la vision du père André d’Alverny, s.j, fondateur du CREA, qui considérait la langue arabe comme « lieu de rencontre ».C’est donc dans une ambiance conviviale et chaleureuse, comme le titre de la soirée l’indique – « CREA.80 :...
commentaires (1)

"le test de certification DALE (Diplôme arabe langue étrangère), élaboré et proposé par le centre qu’il faudrait promouvoir auprès des élèves des écoles," Effectivement, car de nos jours, la plupart des "élèves des écoles" considèrent l'arabe comme une langue étrangère!

Georges MELKI

15 h 21, le 08 janvier 2026

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • "le test de certification DALE (Diplôme arabe langue étrangère), élaboré et proposé par le centre qu’il faudrait promouvoir auprès des élèves des écoles," Effectivement, car de nos jours, la plupart des "élèves des écoles" considèrent l'arabe comme une langue étrangère!

    Georges MELKI

    15 h 21, le 08 janvier 2026

Retour en haut