Un Libanais arrive à la prison de Roumié, au nord-est de Beyrouth, pour rendre visite à un détenu le 7 avril 2006. Photo RAMZI HAIDAR/AFP
Les Forces de sécurité intérieure (FSI) ont démenti mardi toute propagation de la tuberculose, du choléra ou de toute autre épidémie à la prison de Roumié, après la circulation depuis fin décembre d’informations faisant état du décès de deux détenus à une semaine d'intervalle. Ces décès avaient été présentés en ligne comme étant vraisemblablement liés à une contamination par la tuberculose dans le plus grand centre de détention du pays, situé au nord-est de Beyrouth. La police assure que les examens médicaux approfondis se sont révélés négatifs, mais souligne néanmoins « des pratiques dangereuses ».
La direction générale des FSI a indiqué que l’un des détenus décédés, H.B., de nationalité palestinienne né en 1986, avait été examiné le 27 décembre 2025 par le médecin de garde avant d’être transféré à l’hôpital en raison d’un « affaiblissement général et de vomissements répétés ». Il est décédé peu après des suites d’une « crise cardiaque aiguë et soudaine ». Le texte du communiqué précise que « l’autopsie a conclu à un arrêt cardiaque brutal, tandis que les analyses de laboratoire se sont révélées négatives quant à toute consommation de substances illicites ou à une infection par la tuberculose ou le choléra ». Les investigations menées par les FSI ont également établi que « H. B. se livrait à des pratiques dangereuses consistant à se réinjecter son propre sang mélangé à des médicaments broyés, entraînant des complications cardiaques et pulmonaires ». Deux autres détenus ayant recours « à la même pratique se sont présentés à l’administration de la prison après le décès », craignant pour « leur santé », ajoute la même source.
Les FSI ont par ailleurs fait savoir que des équipes spécialisées du ministère de la Santé avaient procédé fin décembre à l’examen des dossiers médicaux des détenus transférés à l’hôpital souffrant de toux ou de tout autre symptôme, ainsi qu’à des radiographies et tests de dépistage pour toute personne présentant des symptômes, sans détecter de foyer épidémique. Elles ont aussi souligné qu’aucune propagation de la tuberculose, du choléra ou de toute autre maladie contagieuse n’a été constatée à la prison de Roumié, précisant que l’enquête se poursuit sous la supervision de la justice compétente.
Les FSI n'ont pas fait mention toutefois du second détenu décédé, le Libanais M.H., qui partageait la même cellule que H.B., selon l’avocat Mohammad Sablouh, qui suit le dossier des détenus de cette prison. « Selon certains détenus à Roumié, M.H. était en train de cracher du sang avant sa mort. H.B. est décédé quant à lui quelques jours plus tard. Soit ils étaient réellement malades, soit ils ont succombé à une overdose — ce qui constitue, dans les deux cas, un scandale », avait dénoncé l’avocat.
Les détenus dans les prisons libanaises endurent souvent des conditions déplorables résultant d’une surpopulation chronique et d'un manque de leurs besoins élémentaires ou d’accès aux soins de santé. Nombre d’entre eux restent des années derrière les barreaux, en attente de jugement. La prison de Roumié a été conçue pour accueillir 1 200 détenus. Un rapport sur les droits de l’homme publié en 2023 indiquait qu’elle hébergeait alors quelque 4 000 prisonniers, dans des conditions précaires souvent décriées par les proches des détenus.


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