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Dernières Infos - Liban

Des détenus de la prison de Roumié sont-ils morts de tuberculose ?

Deux prisonniers, dont un qui crachait du sang selon certains témoignages, sont décédés la semaine dernière dans le plus grand centre de détention du Liban. Les FSI démentent la présence d’une épidémie.

Des détenus de la prison de Roumié sont-ils morts de tuberculose ?

Un Libanais arrive à la prison de Roumié, au nord-est de Beyrouth, pour rendre visite à un détenu le 7 avril 2006. Photo RAMZI HAIDAR/AFP

Des informations circulant en ligne depuis la semaine dernière rapportent le décès de deux prisonniers dans la prison de Roumié, la plus grande du Liban, après avoir vraisemblablement contracté la tuberculose. Selon des publications sur Facebook de groupes de proches de détenus, une dizaine de cas auraient été signalés à l’intérieur du centre de détention situé au nord-est de Beyrouth et connu pour ses conditions sanitaires déplorables.

Si les Forces de sécurité intérieure (FSI) ont confirmé le décès récent des deux prisonniers, elles démentent toutefois auprès de L’Orient-Le Jour que ces morts soient liées à une épidémie de tuberculose dans la prison. « Nous essayons de déterminer la cause de ces décès. Nous cherchons à savoir si les détenus ont consommé quelque chose qui a provoqué leur mort », explique une source au sein des FSI. Selon elle, des équipes du ministère de la Santé se sont rendues sur place dernièrement et n’ont pas constaté la présence de la tuberculose.

« La situation de la prison est catastrophique »

Les prisonniers décédés, le Libanais Mahmoud Hakim et le Palestinien Hamza Balbasi, partageaient la même cellule, selon l’avocat Mohammad Sablouh qui suit de près le dossier des détenus de cette prison. « Selon certains prisonniers à Roumié, Mahmoud Hakim était en train de cracher du sang avant sa mort. Hamza Balbasi est, lui, mort quelques jours plus tard. Soit ils étaient vraiment malades, soit ils ont succombé à une overdose, ce qui est un scandale dans les deux cas », s’indigne l’avocat. Selon lui, trois prisonniers qui présentaient des symptômes similaires auraient été isolés dans une chambre en sous-sol. « La situation de la prison est catastrophique », rappelle Me Sablouh, dénonçant la « saleté et la surpopulation » des lieux.

Le père Nagib Baaklini, président de l’Association justice et miséricorde (AJEM), explique pour sa part à L’OLJ que ses équipes qui travaillent auprès des prisonniers de Roumié « n’ont pas eu vent d’une telle épidémie ».

Parallèlement, le mufti de la République Abdellatif Deriane, plus haute autorité sunnite, a annoncé mardi la création d’un comité dédié à l’accompagnement des prisonniers et de leurs familles, « sur les plans religieux, scientifique, sanitaire et social ». Ce comité vise à « œuvrer à la réinsertion des prisonniers et au soutien de leurs familles par le biais d’aides matérielles, éducatives et sanitaires », rapporte l’Agence nationale d’information (ANI, officielle).

Les détenus dans les prisons libanaises endurent souvent des conditions déplorables résultant d’une surpopulation chronique et de l’absence de satisfaction de leurs besoins élémentaires ou d’accès aux soins de santé. Nombre d’entre eux restent des années derrière les barreaux, en attente de jugement. La prison de Roumié a été conçue pour accueillir 1 200 détenus. Un rapport sur les droits de l’homme publié en 2023 indiquait qu’elle hébergeait alors quelque 4 000 prisonniers, dans des conditions précaires souvent décriées par les proches des détenus.

Fin octobre, un prisonnier s’était pendu dans sa cellule à Roumié. En septembre dernier, un mineur avait mis fin à ses jours dans un centre de réhabilitation pour jeunes délinquants à Ouarouar, dans la région de Baabda. Deux mois plus tôt, un ressortissant syrien âgé de 40 ans, qui était détenu depuis environ deux ans et demi sans procès, s’était également donné la mort.

Des informations circulant en ligne depuis la semaine dernière rapportent le décès de deux prisonniers dans la prison de Roumié, la plus grande du Liban, après avoir vraisemblablement contracté la tuberculose. Selon des publications sur Facebook de groupes de proches de détenus, une dizaine de cas auraient été signalés à l’intérieur du centre de détention situé au nord-est de Beyrouth et connu pour ses conditions sanitaires déplorables.Si les Forces de sécurité intérieure (FSI) ont confirmé le décès récent des deux prisonniers, elles démentent toutefois auprès de L’Orient-Le Jour que ces morts soient liées à une épidémie de tuberculose dans la prison. « Nous essayons de déterminer la cause de ces décès. Nous cherchons à savoir si les détenus ont consommé quelque chose qui a provoqué leur mort »,...