Le fleuve al-Kabir, situé entre le Liban et la Syrie, le 1er janvier 2026. Photo relayée par notre correspondant Michel Hallak
Une section du pont frontalier de Arida, à la frontière entre le nord du Liban et la Syrie, s’est effondrée vendredi après que des pluies torrentielles avaient provoqué la veille le débordement du fleuve el-Kabir, rapporte notre correspondant dans le Nord, Michel Hallak.
Face à cette crue, la Sûreté générale avait suspendu dès jeudi toute circulation via le poste-frontière de Arida, les personnes circulant via ce poste devant systématiquement passer sur le pont qui enjambe el-Kabir, en raison de craintes liées à la stabilité de l'ouvrage et d'une défaillance structurelle. Le Liban a connu mercredi et jeudi une tempête hivernale particulièrement violente, avec des bourrasques et des précipitations importantes.
Le poste frontalier de Arida avait été réhabilité et avait rouvert pendant l'été, pour le transit des passagers et non des marchandises, après qu'il avait été frappé à plusieurs reprises par des missiles israéliens, jusqu'à décembre 2024, quelques jours après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 27 novembre. Avec sa réouverture en juin 2025, le passage de Arida était le seul point de transit via lequel les passagers pouvaient circuler légalement entre le nord du pays et la Syrie, d'autres postes du Nord, également bombardés par Israël, étant en cours de restauration.
Le pont transformé en « barrage » par un problème de drainage
Commentant l'écroulement partiel du pont, un moukhtar (élu local) du village frontalier, Issam Darwich, a estimé que cette « catastrophe n'est pas soudaine ». Selon lui, habitants et responsables locaux alertaient les autorités depuis octobre sur les risques de crue et d'effondrement, alors que la réduction des ouvertures de drainage sous le pont l'avait transformé en barrage de facto. « L’obstruction du cours d’eau et l’effondrement du pont ont entraîné l’inondation de terres agricoles et d’habitations dans plusieurs localités du côté libanais du fleuve », a affirmé le responsable local, qui a dénoncé la « négligence » des autorités et appelé à une évaluation des dégâts dans les champs de la région ainsi qu'à la « reconstruction immédiate » du pont.

Les fortes pluies de mercredi et jeudi ont causé d’importants dégâts, notamment dans le nord du Liban et la région du Akkar. Les équipes de la Défense civile avaient secouru jeudi une famille syrienne, composée de neuf personnes, qui s'était retrouvée piégée par la montée des eaux du fleuve dans son domicile de Aboudiyé, dans le Akkar.
Les intempéries ont également perturbé les services de téléphonie mobile. L’opérateur Alfa a ainsi indiqué que son réseau avait subi des pannes partielles et des interruptions de service dans de nombreuses régions, après que la foudre a frappé plusieurs stations relais durant la tempête. L’entreprise a précisé que ses équipes techniques travaillaient depuis jeudi midi pour réparer les dommages, mais que l’accès à certains sites restait difficile en raison des mauvaises conditions météorologiques.


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