Le patriarche maronite Bécharra Raï au cours de son homélie dominicale à Bkerké, le 14 décembre 2025. Photo ANI
Le chef de l'Église maronite Bechara Raï a espéré mercredi, dans son homélie prononcée à l'occasion de la fête de Noël, le succès des négociations avec Israël et l'éloignement du spectre de la guerre du Liban, qui continue de subir des frappes israéliennes en dépit de la trêve conclue en novembre 2024.
Mgr Raï a remercié le pape « pour le message de paix qu’il a porté aux Libanais », rappelant qu'au lendemain de sa visite fin novembre, « l’approbation américaine et israélienne est intervenue pour le lancement des négociations sécuritaires et l’application de la résolution 1701 et de ce qui s’y rattache, par le biais du mécanisme présidé par l’ambassadeur Simon Karam ». « Nous prions pour le succès de ces négociations, pour éloigner le spectre de la guerre et pour permettre à l’armée libanaise de rassembler les armes illégales et de les placer exclusivement entre les mains de l'État, afin qu’il étende sa souveraineté sur l’ensemble du territoire libanais », a espéré le prélat.
Début décembre, le président Aoun avait nommé Simon Karam, ancien ambassadeur du Liban à Washington, comme représentant civil et diplomatique lors des réunions du comité de surveillance du cessez-le-feu de novembre 2024. Jusqu'alors, le « mécanisme » était exclusivement composé de membres militaires. Cette décision visait à adresser un message clair à la communauté internationale, en particulier aux États-Unis, concernant la volonté du Liban de mener des négociations avec Israël, qui a menacé d’une escalade rapide si le Hezbollah n’était pas désarmé. Parallèlement, l'armée libanaise exécute un plan de désarmement du Hezbollah en cinq phases, dont la première arrive bientôt à terme au sud du Litani.
Réforme économique et financière
Mgr Raï a dans ce cadre appelé les responsables politiques « à faire de la réforme une priorité et non un slogan, de la transparence une ligne de conduite et non une exception, et de la justice un principe fondamental et non une concession ». Il a aussi souligné que « la réforme économique et financière n’est plus un choix, mais une nécessité existentielle, qui commence par le rétablissement de la confiance, l’organisation des finances publiques, la protection de l’argent des citoyens, la garantie de leurs droits et l’assurance d’un minimum de stabilité digne des conditions de vie ». Ses propos interviennent alors que le gouvernement de Nawaf Salam examine un projet de loi sur la restitution des dépôts bloqués dans les banques libanaises depuis la crise économique de 2019.
Le patriarche a enfin appelé « à choisir la réconciliation plutôt que la division, le dialogue plutôt que le blocage, et l’intérêt public plutôt que les intérêts étroits », rappelant que « la patrie ne se construit pas par la domination, ni ne se gouverne par des querelles permanentes, mais par la rencontre, le travail commun et la capacité à consentir des concessions réciproques pour le Liban ».



Le patriarche ne peut parler que de paix, notamment après la visite du pape. Mais il ne faut oublier que si certains ont la voix haute et des armes illégales, le patriarche a aussi une armée, celle des prêtres qui chaque dimanche font des prêches dans les nombreuses églises disséminées dans toutes les régions. Pas étonnant que le patriarche Sfeir ait sauvé le Liban des griffes syriennes. Certains ont critiqué fortement Raï. Ils devront cependant se souvenir que Bkerké a joué un rôle déterminant dans l’histoire du pays et qu’aux moments cruciaux elle a toujours été là pour les Libanais.
12 h 21, le 28 décembre 2025