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Culture - Concert

Mayssa Karaa : C’est beau de chanter chez soi

Dans le cadre de Beirut Chants, à la cathédrale des pères capucins de Bab Idriss, la chanteuse a livré un concert de Noël aux arrangements inédits.

Mayssa Karaa :  C’est beau de chanter chez soi

Mayssa Karaa en concert de Noël à la cathédrale des pères capucins de Bab Idriss, dans le cadre de Beirut Chants. Photo Ihab Fayad/Beirut Chants

Ce n’est pas le premier concert de Mayssa Karaa au Liban, mais c’est le premier entièrement consacré à des chants traditionnels et à des arrangements inédits de Noël. « C’est beau de chanter chez soi », confie-t-elle à l’issue de son concert donné à la cathédrale Saint-Louis des pères capucins, dans le cadre de la programmation de Beirut Chants. Une émotion qu’elle résume ainsi : « Le sentiment d’être au Liban, là où j’ai appris la musique et découvert mon talent. »

Ingénieure de formation, la chanteuse a enrichi ce parcours d’un détour décisif par la Berklee College of Music, à Boston, où elle affine une identité musicale déjà nourrie de pluralité culturelle et linguistique. À cette base solide s’ajoutent de nouveaux répertoires et techniques qui marqueront la suite de son itinéraire.

La reconnaissance internationale survient rapidement. En 2013, elle interprète en arabe White Rabbit de Jefferson Airplane pour la bande originale du film American Hustle, film en lice pour dix Oscars. Sa version, saluée pour sa singularité, attire l’attention bien au-delà du cercle des amateurs de musiques du monde : le Los Angeles Times ira jusqu’à estimer qu’elle surpasse l’original.

Cette trajectoire s’affirme ensuite sur la scène internationale. Nommée aux Grammy Awards en 2015 dans la catégorie « Compilation Soundtrack », Mayssa Karaa collabore avec le compositeur indien A. R. Rahman, figure majeure des musiques de films, plusieurs fois récompensé aux Oscars et aux Golden Globes. Elle chante également lors de la cérémonie d’ouverture de l’Expo 2020 à Dubaï, en 2021, et explore le registre lyrique aux côtés du ténor Pasquale Esposito lors d’une tournée aux États-Unis.

Au cœur de cette diversité, la voix demeure l’instrument central. D’une large tessiture, la sienne lui permet d’aborder les aigus du soprano tout en conservant la profondeur et la douceur des registres graves. Cette plasticité s’est pleinement exprimée lors du concert de Noël à Beyrouth, où la chanteuse a navigué avec aisance entre les styles et les traditions.

Du chant apaisé de Talj, Talj à une version mélismatique de All I Want for Christmas Is You, d’un medley oriental (Mouranatah/Ou’min) accompagné de qanoûn et de tambourin à des duos aux accents lyriques, le programme dessinait une cartographie musicale ample et cohérente. Le jazz y côtoyait le classique (Petit Papa Noël), tandis qu’un arrangement inédit de My Favorite Things, issu de The Sound of Music, se parait de paroles arabes. Les cantiques Nabe’ al-Mahabbi et al-Majdou Laka rendaient hommage à Ziad Rahbani, avant un Ave Maria de Schubert, d’une retenue presque austère, suivi d’un Santa Baby volontairement théâtral.

Au-delà de la performance vocale, c’est une présence scénique maîtrisée qui s’est imposée, nourrie d’une relation attentive avec les musiciens, tour à tour réunis en formation orchestrale ou en configuration plus légère. Le concert s’est achevé, avec un public debout, sur Woulida el-Massih.

Après Beiteddine et Zouk Mikaël, Beyrouth constituait une étape attendue. « Je suis très heureuse de la réaction du public », confie-t-elle encore. Et de conclure, dans un sourire : « Il y a ici une fierté particulière, honnête, que je ne ressens qu’avec la diaspora libanaise. Oui, c’est vraiment beau de chanter chez soi. »

Ce n’est pas le premier concert de Mayssa Karaa au Liban, mais c’est le premier entièrement consacré à des chants traditionnels et à des arrangements inédits de Noël. « C’est beau de chanter chez soi », confie-t-elle à l’issue de son concert donné à la cathédrale Saint-Louis des pères capucins, dans le cadre de la programmation de Beirut Chants. Une émotion qu’elle résume ainsi : « Le sentiment d’être au Liban, là où j’ai appris la musique et découvert mon talent. »Ingénieure de formation, la chanteuse a enrichi ce parcours d’un détour décisif par la Berklee College of Music, à Boston, où elle affine une identité musicale déjà nourrie de pluralité culturelle et linguistique. À cette base solide s’ajoutent de nouveaux répertoires et techniques qui marqueront la suite de son itinéraire.La...
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