Des militants palestiniens montant la garde lors d'une libération d'otages détenus à Gaza dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu, à Khan Younàs, dans le sud de la bande de Gaza, le 13 octobre 2025. Photo Ramadan Abed/Reuters
Un chef de milice hostile au Hamas opérant dans la bande de Gaza a déclaré sur une chaîne israélienne que son groupe est financé et soutenu par Israël, alors que l'État hébreu poursuit ses efforts pour renforcer son contrôle sur l’enclave assiégée.
S’exprimant sur la chaîne israélienne de droite Channel 14, Choucri Abou Nassira a affirmé que sa milice, connue sous le nom de « Forces de l’armée populaire de la patrie libre », reçoit un soutien direct d’Israël en «armes, nourriture, boissons et vêtements». « Nous avons une coordination sécuritaire au plus haut niveau », a-t-il dit.
Cette milice a été créée en novembre dernier, selon une vidéo où l'on voit le même Abou Nassira parler à des hommes armés criant « mort au Hamas ». Le reportage de Channel 14, ainsi que des observateurs de la guerre à Gaza sur les réseaux sociaux, rapportent que les hommes d’Abou Nassira opèrent près de Khan Younès, dans le sud de l'enclave, dans des secteurs placés sous contrôle israélien, à l’est de ce qui est désormais appelé la « Ligne jaune ».
Liens avec Abou Chabab
Ancien membre des services de sécurité de l'Autorité palestinienne, Abou Nassira a auparavant servi dans les services de sécurité de l’Autorité palestinienne et a été condamné à cinq peines de prison à perpétuité après son arrestation par Israël en 1984.
Son nom a déjà été associé au réseau de Yasser Abou Chabab, chef d'une autre milice soutenue par Israël, tué le mois dernier dans des circonstances troubles près de Rafah, dans le sud de l'enclave. Il aurait également des liens avec un mercenaire du nom d'Achraf al-Mansi, leader de « L 'armée populaire - force du nord », l'une des six milices indépendantes du Hamas qui bénéficieraient de l'appui d'Israël.
Après avoir tacitement soutenu pendant de longues années le financement du Hamas, le gouvernement israélien a créé des liens avec diverses factions armées hostiles au mouvement islamiste depuis le début de son offensive à Gaza. Ces mêmes groupes sont accusés par plusieurs observateurs internationaux, par l'ONU et la population locale de contribuer au pillage de l’aide humanitaire, dont l'entrée est contrôlée par l'armée israélienne.
Cette politique a déjà provoqué des controverses au sein même d’Israël. En juin dernier, plusieurs responsables ont accusé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d’avoir autorisé l’armement de tels groupes sans feu vert officiel.
Malgré un cessez-le-feu, Israël a poursuivi ses frappes sur Gaza et étendu sa zone de contrôle, qui couvre désormais plus de la moitié de l’enclave. La majorité de la population de Gaza demeure toutefois dans des zones toujours contrôlées par le Hamas, lequel a rejeté les exigences d’Israël et des États-Unis appelant à son désarmement.
Malgré l'accord de trêve entré en vigueur le 10 octobre, au moins 394 Palestiniens ont été tués par des attaques israéliennes. De plus, le blocus persistant sur l'aide humanitaire empêche l'entrée de matériel essentiel pour l'hiver, alors que l'enclave dévastée a été touchée par des intempéries ayant fait plusieurs morts, dont des enfants morts de froid.



