Des réfugiés syriens au milieu de camions dans la région de Ersal, en mai 2024. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour
Alors que le Liban poursuit ses programmes de « retour volontaire » des réfugiés et migrants syriens dans leur pays, organisés en coopération avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), la nouvelle directrice de cet organisme onusien a révélé jeudi que le HCR est prêt à continuer à soutenir ce processus en 2026. Karolina Lindholm Billing, qui s’exprimait lors d’une rencontre avec des médias libanais à Beyrouth, a par ailleurs appelé la communauté internationale à accorder plus de moyens aux Syriens qui rentrent dans leur pays.
« Notre programme pour les rapatriements continue l’année prochaine avec les autorités libanaises », indique la cheffe du HCR au Liban, qui a déjà occupé le poste de directrice adjointe entre 2017 et 2021. « Nos programmes ne visent pas à maintenir les réfugiés syriens ici plus longtemps que nécessaire. Nous répondons à toute personne qui nous contacte pour obtenir de l’aide pour rentrer », assure-t-elle, tout en mettant en garde contre « la gravité de la situation en Syrie et le manque de mesures durables » pour assurer « une vie digne » pour les candidats au retour. Quant à ceux qui sont rentrés en Syrie par les canaux officiels et qui étaient connus de l’agence, ils ont été « définitivement rayés » des listes du HCR, affirme Karolina Lindholm Billing.
La plupart des candidats au départ, eux, reçoivent chacun une aide de 100 dollars de la part du HCR, « quel que soit leur âge ». Cette aide est octroyée en fonction des « critères de vulnérabilité » mis en place par l’agence onusienne et concerne aussi bien ceux qui rentrent par le biais des convois de « retour volontaire » de la Sûreté générale libanaise que ceux qui décident de rentrer par leurs propres moyens. Par ailleurs, le HCR a mis en place un système pour vérifier que les personnes qui sont encore sur ses listes se trouvent bien au Liban. « Nous appelons ces personnes et procédons à une vérification biométrique via l’application Facetime. Les personnes doivent également cliquer sur un lien qui permet de les géolocaliser », explique Mme Lindholm Billing.
Près de 380 000 Syriens ont quitté le Liban pour la Syrie depuis le début de l’année et ce chiffre pourrait atteindre 400 000 personnes fin décembre, selon le HCR. Selon une estimation de l’agence onusienne datant du 31 mars 2025, le nombre de réfugiés syriens officiellement enregistrés au Liban s’élève à 722 173 personnes. Cependant, le nombre réel de Syriens résidant au Liban était estimé à 1,4 million avant la chute du régime Assad, le HCR ayant cessé d’enregistrer de nouveaux réfugiés en mai 2015, à la demande des autorités libanaises. Le HCR a été longtemps accusé, par plusieurs responsables politiques hostiles à la présence des réfugiés syriens au Liban, de ne pas être assez coopératif au sujet du retour des Syriens dans leur pays.
600 dollars par famille en Syrie
Karolina Lindholm Billing, qui s’est récemment rendue en Syrie, où elle a rencontré des familles rentrées du Liban, met en garde contre la précarité dans laquelle ces personnes se retrouvent dans leur pays. « Il y a des endroits qui ont été complètement rasés. Les besoins sont énormes en Syrie », lance-t-elle. « Le message qu’on aimerait faire passer, c’est qu’il faut augmenter le soutien en Syrie, pour que les gens sentent qu’ils peuvent rentrer et construire leurs vies là-bas. Sinon, ils risquent de revenir au Liban par les canaux non officiels », poursuit-elle. Quant à ceux qui ont choisi de renter en Syrie, le HCR leur offre à l’arrivée une aide de 600 dollars par famille, fournie selon des critères de vulnérabilité. Le HCR leur offre également une assistance légale gratuite, pour inscrire leurs enfants nés au Liban par exemple. Quelques formations professionnelles sont prodiguées, en plus d’« aides légères à moyennes » pour réparer certaines habitations détruites. « Le HCR tente de venir en aide, malgré les coupes budgétaires, à ceux qui ont regagné leurs villages », indique la directrice de l’agence.
Outre les réfugiés arrivés au Liban au début de la guerre en Syrie, le pays du Cèdre a accueilli de nouvelles vagues de réfugiés après la chute du régime Assad, notamment en mars dernier, après les massacre des alaouites sur la côte syrienne, ou encore après les événements de Soueïda, en juillet. De nouvelles arrivées, qui n’ont pas toutes été documentées par les autorités libanaises, avertit le HCR. « Nous demandons aujourd’hui au gouvernement libanais de nous guider sur la manière de gérer ces nouvelles arrivées, ainsi que leurs données et leur présence. Le HCR est prêt à soutenir les autorités libanaises », indique Karolina Lindholm Billing. Et d’ajouter : « Nous ne savons pas exactement combien de Syriens sont arrivés au Liban depuis décembre 2024 », date du renversement de Bachar el-Assad par une coalition islamiste.



Non ça suffit ! Ils rentrent chez eux, sinon Mme Karolina vous les invitez chez vous en Suède.
23 h 20, le 19 décembre 2025