Une épaisse fumée se dégage de la banlieue sud de Beyrouth, à la suite des bombardements israéliens ayant tué l'ancien chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, le 27 septembre 2024. Photo d'archives Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Pour assassiner Hassan Nasrallah, chef emblématique du Hezbollah tué le 27 septembre 2024 dans une série de frappes massives sur la banlieue sud de Beyrouth, le renseignement israélien a effectué un « travail de fourmi pendant des années », révèle Ynet, média en ligne du quotidien israélien Yediot Aharonoth, dans un article publié mercredi, qui se base sur les témoignages d'agents impliqués dans l'opération. Dans son article, le média rapporte également l'étendue des préparatifs en prévision d'une nouvelle escalade militaire israélienne au Liban, affirmant que « les services de renseignement, le commandement Nord et l’armée de l’air avancent les yeux grands ouverts vers un nouvel affrontement avec le Hezbollah. »
Parmi les informations obtenues par le journal concernant l'élimination de Hassan Nasrallah, le fait que des agents étaient chargés de surveiller les différents recoins des réseaux supposés de tunnels du parti chiite. « Le Hezbollah dispose de dizaines de bunkers et de sites sensibles à travers Beyrouth, et nous avons suivi la situation pour comprendre dans lequel Nasrallah se trouvait cette fois-ci. C’est un travail de fourmi qui a duré des années », narre le lieutenant-colonel S., chef de la section des cibles au sein de la division Recherche du renseignement militaire israélien. « C’est un véritable labyrinthe, car les bunkers sont reliés par des tunnels et des couloirs sous des immeubles résidentiels, avec des connexions qu’il faut connaître dans les moindres détails » poursuit-t-il. La sergente N., « chargée du suivi permanent de l’un des bunkers de Nasrallah » dans lequel il sera finalement assassiné, a « analysé pendant plusieurs semaines l’installation située à une profondeur de 20 à 30 mètres sous terre », dans l'objectif de « fournir à l’armée de l’air la plus grande précision possible sur les 'portes d’entrée'. »
L'armée israélienne ne s'est pas « contentée de bombardements ciblés sur les pièces où nous pensions que Nasrallah se trouverait, nous avons également frappé les carrefours de tunnels adjacents pour empêcher toute fuite », souligne le lieutenant-colonel S.
Selon l'armée israélienne, citée par Ynet, 70 personnes ont été tuées lors de l'opération, « 40 civils non impliqués et 30 combattants – dont des commandants de haut rang du Hezbollah. » Les estimations préliminaires israéliennes, parues le jour même de l'attaque, ont fait état de 300 morts. De son côté, le ministère de la Santé libanais avait fait état dans un bilan provisoire, publié dans la soirée, d'au moins « six morts et quatre-vingt-onze blessés, dont quatorze qui ont dû être hospitalisés », sans jamais publier de nouveau bilan depuis.
Concernant une éventuelle nouvelle escalade, si celle-ci se précise, Israël « ne lancera pas cette opération sans l’accord du président américain Donald Trump », estiment toutefois des responsables sécuritaires dans le média israélien. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, doit rencontrer le président américain, Donald Trump, le 29 décembre aux États-Unis. Par ailleurs, le même article fait état d'un « dilemme » au sein des « décideurs » de l'armée israélienne : « un nouveau cycle d’affaiblissement du Hezbollah vaut-il la peine au prix d’une paralysie renouvelée de la Galilée, de chutes de roquettes à Haïfa et de sirènes à Tel-Aviv (...) ? »
« Traque des commandants de second rang » du Hezbollah
Selon Ynet, le « défi (de la nouvelle opération militaire au Liban) ne résidera pas seulement dans la destruction des usines d’armement (du Hezbollah), mais aussi dans la traque des commandants de niveau intermédiaire qui dirigent les opérations. » Le lieutenant-colonel A., cheffe de la section « politico-stratégique » au sein du renseignement militaire israélien, estime qu' « il ne reste (au Hezbollah) essentiellement que des cadres de second rang et en dessous, après que nous avons éliminé la majorité de l’état-major général de l’organisation ». Israël a largement décapité l'aile militaire du Hezbollah lors des treize mois d'un conflit entre l'État hébreu et le parti chiite pro-iranien, débuté au lendemain de l'attaque du Hamas le 7 octobre 2023.
L'armée israélienne prévoit néanmoins que, lors de l'opération, le Hezbollah lancera des « centaines de missiles, roquettes, drones et drones explosifs pendant plusieurs jours », malgré la « politique de retenue » qui prévaut dans les rangs du parti chiite depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu entre le Hezbollah et Israël, fin novembre 2024. Le Hezbollah n'a mené qu'une seule attaque vers Israël depuis lors, le 2 décembre 2024. L'Etat hébreu n'a en revanche pas cessé ses frappes quotidiennes sur le Sud-Liban et plus occasionnellement sur la Békaa et occupe toujours au moins cinq points de la zone frontalière.
« Des chiites préfèrent se tourner vers Amal »
Le média israélien fait par ailleurs part d'un affaiblissement « au cours de l'année écoulée » du Hezbollah en tant que « mouvement politico-civil », notant que le parti chiite « éprouve des difficultés à payer les loyers de dizaines de milliers de Libanais toujours déplacés à l’intérieur du pays. »
« Nous voyons de plus en plus de chiites préférer se tourner vers (le mouvement) Amal », parti du président de la Chambre, Nabih Berry, face à l'incapacité du Hezbollah à soutenir les familles des victimes de l'offensive israélienne et les blessés, décrivent des sources du renseignement israélien. Elles notent que ce « basculement » serait également dû au manque de charisme du nouveau leader du Hezbollah, Naïm Kassem. L'armée israélienne estime en outre que Naïm Kassem est davantage préoccupé par les élections législatives, prévues en mai 2026, que par un « nouvel affrontement sanglant avec Israël », estimant essentiel pour lui « le rétablissement de la légitimité de son organisation au sein de l’État. »




L’élimination de HN a nécessité un travail de plusieurs années par un pays voisin alors que le notre de pays n’a jamais pris la peine d’infiltrer ni de surveiller de près cette organisation vendue alors qu’elle détruisait notre pays depuis plus de trente ans. Et ils ne cessent de vanter les prouesses de nos renseignements qui sont toujours passés à côté de tous les attentants réussis et les guerres minutieusement préparées par ces vendus en se limitant à dénombrer les morts et évaluer les dégâts subis.
11 h 26, le 19 décembre 2025